Girls wanna have sound

Bands de meufs

- temps de lecture approximatif de 5 minutes 5 min - Modifié le 14/12/2021 par Alfons Col

Pour compléter la collection d’interviews « Girls wanna have sound » qui met en avant des actrices de la scène musicale lyonnaise, nous vous proposons de découvrir cinq groupes rock féminins qui s'inscrivent avec fierté dans le paysage musical lyonnais.

Couverture v1 noir
Couverture v1 noir

Depuis l’avènement du punk et des mouvements féministes des années 1970 le rock féminin se développe petit à petit soit par l’inclusion d’une chanteuse/musicienne dans un groupe masculin (voir notre article Girl in a band) soit par la formation de groupes exclusivement féminins. Mais former un groupe de filles n’est-ce pas déjà un acte féministe ? Qu’elles se revendiquent du mouvement Riot Grrrl ou qu’elles assument leur féminité dans quelques titres, ces bandes de filles proposent de toute façon un message alternatif sur la scène lyonnaise.

Sur la scène lyonnaise c’est inévitablement le groupe Straight Royeur (voir ici ) qui sera le précurseur de cette tendance. Le combo de Virginie Despentes, allie dès 1992, rap, hardcore et féminisme dans “Fear of a female planet“. Une biographie du groupe vient de sortir chez Nada éditions.

 

Mais plus proche de nous ce n’est pas un mais deux groupes de filles qui prennent la relève du punk féministe entre Rhône et Saône : Litige et Decibelles.

 

LITIGE

Louise au chant, Morgan à la guitare, Camille à la batterie et Tifène à la basse sorte une première demo en 2015 (Help ! on recherche la K7).  Avec des titres qui dépassent rarement les deux minutes elles assènent un punk-rock ultra rapide chanté en anglais.

 

Pour leur premier album “Fuite en avant” (2017) la rage est toujours là mais elles assument fièrement des paroles en français qui au gré des brûlots sur leurs vies quotidiennes dénoncent aussi patriarcat et/ou capitalisme.

 

Leur deuxième album “En eaux troubles ” sorti en 2020 contient des mélodies plus pop, ce qui leur permet une plus grande visibilité dans les médias, bien que le discours soit toujours aussi radical.

 

 

DECIBELLES

 

On retrouve quelques similitudes avec Litige dans le développement du trio DECIBELLES : du punk, des filles et une bonne touche de féminisme.

Sabrina Duval (chant/ guitare) ; Fanny Bouland (batterie) ; Émilie d’Ornano (basse) se sont rencontrés au collège à Grenoble et se lancent en 2004 dans l’aventure du rock. Entre la scène du collège et la fin du groupe qui a eu lieu…en décembre 2021 (oui on vous spoile), c’est 17 ans de scène qui ont forgé un combo à tout casser, écrasant les planches dans toute la France. Entre ses deux dates leur punk rock mâtiné de noise, parfois de techno ou de pop a su s’inscrire profondément dans le paysage rock français. Installé à Lyon le groupe produit trois albums plutôt confidentiels mais à (re)découvrir vraiment.

 

Pedro Jocko (2011)

Sleep sleep (2013)

Tight (2017)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 2019 elles créent la surprise en sortant « Rock français » produit par le grand Steve Albini (tout de même) et comme son nom l’indique chanté exclusivement en français. Nous vous en parlions ici.

L’arrivée à la basse de Guillaume Carle (oui un garçon !) et la production très léchée vont propulser le power trio au-delà de leur attente. La presse rock française s’intéresse enfin à elles. Mais la situation sanitaire ne permettant pas de défendre l’opus sur scène, c’est avec tristesse qu’elle annoncent en ce début d’hiver la fin de DECIBELLES (et le début d’IRNINI MONS).

 

FROM KITTENS TO LIONS

From Kittens to Lions est un duo de filles formé en 2014 par Sarah (batterie/chœurs) et Joanna (guitare/chant). Inspirées par le rock garage autant que par leurs idoles les Runaways, elles sortent leur premier E.P. (4 titres) en mai 2018. Rock and roar, qu’elles défendent sur les scènes alternatives lyonnaises (Farmer, Bar des Capucins, Warm audio…) depuis 3 ans, met en avant leurs préoccupations : féminisme et protection animale.

 

 

Le « vous savez quoi » a un peu ralenti leur carrière mais elles s’activent à sortir leur second opus !

 

THE FOXY LADIES

 

The Foxy ladies est un quatuor féminin formé à Lyon en 2013. Gabi (chant) ; Lucianne (guitare), Emilie (batterie) et Chloé (basse) contournent un titre de Jimi Hendrix pour mieux asseoir leur « wild rock » aux influences métal, grunge et punk. Après Ignition un premier E.P. très métallique, elles produisent leur premier album Backbone en 2017 et enchaînent les  dates dans toute la France.

 

 

Si leur argument originel était bien de montrer que les filles faisaient aussi bien que les hommes, elles ne veulent pas être cantonnées à un groupe de  « rock féminin ». D’autant qu’en plus des bons papiers parus dans la presse rock sur leur album, la batteuse Emilie Mathey  est devenue la première française du concours international « Hit Like A Girl Contest 2021 » bénéficiant d’une page dans « Batterie magazine » et ça c’est d’un autre niveau !

 

Pour pallier aux annulations de concerts, le groupe a présenté cette année un LiveStream et se préparent à sortir leur 2ème album début 2022. Keep it wild !

 

TOXIC FROGS

 

Enfin les Toxic Frogs proposent une musique qui allie le punk au rock celtique. Ce genre musical né dans les pubs de Grande Bretagne connait un succès dans les années 1980 avec les Pogues , qui ouvrent la voie à une multitude de formations à travers le monde. Mais jusqu’alors nous ne connaissions pas de groupe exclusivement féminin de punk celtique. Elles se forment en 2014 à l’initiative de Ella Beccaria (violon, chant) qui officiait  depuis longtemps dans les formations nationales (Phenix Country band; Celkilt). Sa volonté de créer un combo que de filles l’amène à s’entourer de Jennifer Gouton (guitare) ;  Elvina Lynn (basse, violon, chant) ; Lucianne Wallace (banjo, Guitare électrique, chant) et Draz (batterie) :

 

Elles ont sorti cette année leur troisième album “My lucky own” avec la participation sur un titre de Finny McConnell, leader de The Mahones, leurs idoles !

Pour aller plus loin: 

  • Plusieurs documents sont consacrés au mouvement Riot Grrrl dans nos collections.
  • Je suis souterrain : la scène lyonnaise en nage, en rage et en images, 1980-2020.

Cet article fait parti du dossier GIRLS WANNA HAVE SOUND !.

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