2020, année confinée … et la rentrée ?

- temps de lecture approximatif de 10 minutes 10 min - Modifié le 15/10/2020 par Pam

Rester sur son canapé ou retourner au musée ?

coronartvirus-Pixabay
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Le confinement, composante enfermante de la pandémie, aura marqué cette année et aura profondément bouleversé nos vies. Le monde de l’art en a été bouleversé. Les artistes contemporains en ont été bouleversés.

 

La «période de confinement a su inciter les artistes à explorer leurs ressources créatives sous des formes parfois inattendues »

 

Datant du mois de mai, l’article (d’où est issu la citation ci-dessus) David Hockney, Cindy Sherman… comment les artistes réagissent au confinement revient sur ces bouleversements :

David Hockney continue la peinture de la Normandie, sa région d’adoption dans laquelle il est confiné, sur iPad. Takashi Murakami se replonge dans la calligraphie. Cindy Sherman produit les selfies de l’ennui sur son compte instagram. Jon Rafman relance le projet 9 eyes (compilation sur un blog en ligne de situations capturées sur Google Street View).

Harley Weir met aux enchères ses céramiques pour lever des fonds pour les maisons de repos accueillant des personnes âgées souffrant du Covid-19. Petra Cortright crée des natures mortes puzzle. Et Doug Aitken interroge le FUTURE.

 

Puis vint le temps de la rentrée …

 

Le jour où la scène de la création contemporaine s’est déconfinée : insistant sur les capacités « d’adaptation aux conditions actuelles » et de réponse « grâce à la richesse de leur offre » aux « attentes d’un public impatient de renouer avec l’expérience singulière que constitue la rencontre avec l’œuvre d’art », le 15 juin, le ministère de la culture fait un focus sur la réouverture de 4 lieux.

La galerie Anne Barrault  avec Jochen Gerner

Neïla Czermak Ichti

Ramuntcho Matta

Manuela Marques

David Renaud

et Stéphanie Saadé

dans l’exposition Be my guest

« Une exposition directement issue du confinement : « Ce moment de repli, alors que toutes les foires, de même que de nombreuses expositions, sont annulées, est pour nous l’occasion de rassembler un certain nombre d’œuvres que nous n’avions pas eu la chance de montrer à Paris », explique Anne Barrault. « Par ailleurs, j’aimais cette idée de souligner l’interdépendance entre les musées, les centres d’art, et les galeries. On ne peut pas vivre les uns sans les autres. Un musée peut inviter un artiste à réaliser une œuvre qui ensuite sera présentée dans une galerie. Inversement, nous pouvons aider un artiste à produire une œuvre qui sera ensuite prêtée à un musée ». »

 

Le Frac Normandie Au Frac Normandie, nous avons été rapides puisque nous recevons de nouveau du public depuis le 3 juin, mais le FRAC Auvergne, qui a rouvert ses portes, dès le 12 mai, l’a été encore plus ! », souligne Véronique Souben. » … « La dynamique collective a en effet joué à plein pendant le confinement. « Le partage de connaissances a été rapide, encore accru du fait de l’efficacité de notre outil de communication partagé, qui permet aux différents réseaux dans chaque Frac – communication, équipes pédagogiques, administrateurs – de communiquer entre eux et d’échanger directement sur les questions communes. Cela a très bien fonctionné. Nous avons été rapidement informés sur les mesures à prendre » …

« Coté programmation, il n’y a pas eu d’hésitation, la décision a été immédiatement prise de prolonger l’exposition monographique, la première en France, consacrée à l’artiste portugais Diogo Pimentao commencée en janvier, avec notamment le soutien de la Fondation Gulbenkian. »

 

Le Centre d’art et du paysage de Vassivière : « Comment déconfiner un centre d’art aussi atypique que celui de Vassivière, qui se trouve sur une île située dans un écrin de verdure de près de 80 hectares, aux confins de la Creuse et de la Haute-Vienne ? Pour résoudre cette équation, Marianne Lanavère, directrice du centre international d’art et du paysage de Vassivière a une réponse : présenter une approche globale. »

« A la veille de l’ouverture, l’équipe du centre d’art a poussé le professionnalisme jusqu’à faire une simulation sur place. « Une partie jouait les guides d’accueil, une autre les visiteurs » poursuit Marianne Lanavère. Des visiteurs qui, en l’occurrence, se répartissent entre « grand public les samedis et dimanches, et petits groupes de moins de dix personnes sur rendez-vous les autres jours de la semaine ». Et qui sont au maximum quatre par salles, portent obligatoirement un masque et trouvent du gel hydroalcoolique dès qu’ils franchissent une porte. Bilan au bout d’une dizaine de jours : « Le premier week-end, nous avons eu du monde en continu et nous nous attendons à une fréquentation importante cet été », se réjouit Marianne Lanavère, en ajoutant : « Les petits centres d’art ont en commun d’avoir cette qualité d’accueil. Dans cette période de déconfinement, nous sommes au cœur de nos missions : accueillir peu de visiteurs, mais de façon la plus optimale possible ». »

En matière de découverte de l’œuvre d’art, l‘exposition « Formule du Temps » d’Angelika Markul, une réflexion, en vidéos, sculptures et capsules sonores, sur la nature et le temps qui passe, ayant eu très peu de visibilité en raison de la fermeture, est prolongée jusqu’en novembre.

 

Le Jeu de paume – Château de Tours : « Depuis le 3 juin, le site a accueilli environ une centaine de visiteurs par semaine. La reprise se fait donc en douceur, ce qui correspond aux prévisions de la directrice et de ses équipes. « En rouvrant en même temps que les cafés et les restaurants, nous participons à une normalisation progressive de la vie publique », fait valoir Hélène Jagot, pour qui l’étape décisive demeure le début de la saison estivale. « C’est à ce moment-là que l’on saura réellement si le public revient. Il sera sans doute composé davantage de locaux qu’à l’ordinaire, faute de visiteurs étrangers en Touraine », analyse-t-elle. » « Le déconfinement très attendu de ce lieu consacré au patrimoine photographique a permis de poursuivre une exposition dédiée à l’un des fleurons de la photographie humaniste d’après-guerre : René-Jacques , connu notamment pour ses clichés iconiques des plus grandes stars de cinéma ».

 

 

Aujourd’hui, qu’en est-il ?

La situation sanitaire évoluant chaque jour, après une 1ère rentrée qui a semblé donner un nouveau souffle fait d’adaptation et de projets mesurés, le présent et l’avenir restent très incertains …

 

La Fiac 2020 annulée à cause du coronavirus :  

« La Foire internationale d’art contemporain (FIAC), principal rendez-vous annuel du monde de l’art à Paris, a annoncé ce lundi 14 septembre l’annulation de son édition 2020, initialement prévue du 22 au 25 octobre à Paris, en raison de l’épidémie de Covid-19. » … « La FIAC est la troisième foire d’art contemporain après Art Basel, à Bâle (Suisse), et la Frieze à Londres. » … « La 47e édition, en octobre 2021, se déroulera au Grand Palais Éphémère, sur le Champ-de-Mars, en raison des travaux de rénovation du Grand Palais.»

Pour souvenir, la Fiac 2019

 

> voir aussi l’article La Fiac n’aura pas lieu (L’oeil n°737 octobre 2020) (Revue disponible à la BM de Lyon)

 

Même si Les galeries parisiennes veulent y croire (Le journal des arts n°552 du 2 au 15 octobre, consultable à la BM de Lyon),

Avec le Covid-19, les galeries d’art ont perdu 36 % de leur chiffre d’affaires au niveau mondial 

L’article du Monde portant le sous-titre assez préoccupant : Selon les organisations syndicales, un tiers des galeries pourraient fermer leurs portes en France.

« les galeries d’art ont subi de plein fouet la pandémie du Covid-19. Pour la première fois, le rapport Art Basel UBS, publié mercredi 9 septembre, mesure l’étendue des dégâts : au niveau mondial, les galeries accusent une perte moyenne de 36 % de leur chiffre d’affaires. » …

« Un tiers des galeries, en particulier les plus grosses, disposant de plusieurs espaces dans le monde, ont déjà taillé dans leurs effectifs. Le site ARTnews a ainsi révélé cet été que Pace et David Zwirner, des poids lourds de la profession, ont licencié respectivement 20 et 40 employés dans le monde. » …

« Pour sauver les meubles, elles ont tenté de booster leur présence numérique. Au premier semestre, les transactions en ligne ont représenté 37 % de leur chiffre d’affaires – contre 10 % en 2019. Mais Internet n’est pas encore une planche de salut. Un quart des enseignes confie n’avoir pas fait une seule vente en ligne depuis le début de l’année. »

 

Pour aller plus loin, Le journal des arts a ouvert un Dossier crise coronavirus

 

Mais à relever, une initiative qui redonne espoir :

Africa Unite ! : des artistes africains se mobilisent pour leur création contemporaine .

« Des artistes pour soutenir la création africaine. C’est le beau cadeau qu’offrent une trentaine d’artistes africains, en cédant gracieusement une ou plusieurs de leurs œuvres, qui seront mises aux enchères en ligne le 17 septembre à Drouot à Paris. Cette vente caritative, sous le titre de Africa Unite !, une chanson de Bob Marley symbole du panafricanisme, est organisée par deux fondations : la Fondation pour le développement de la culture contemporaine africaine (FDCCA) et le Fonds africain pour la culture (ACF, acronyme en anglais).

 

 

Les deux institutions ont souffert. La pandémie du Covid-19 a stoppé toutes les manifestations culturelles et artistiques sur le continent. À cela s’ajoute la crise économique qui vide les poches des entreprises et des particuliers. »…

 

Une trentaine d’artistes africains sont représentés.

Mohamed Melehi

Philippe Dodard

Mederic Turay

William Kentridge

Abdoulaye Konaté

Amahiguere Dolo

Fouad Maazouz

 

« Nous avons eu une mobilisation que je qualifierais d’extraordinaire auprès des artistes et nous avons été agréablement surpris par la mobilisation de grands noms de l’art à cette cause », confie Fihr Kettani. « C’est une très belle collection qui peut intéresser des acheteurs au-delà de la cause. C’est une action que nous ferons parmi d’autres pour sauver ces fondations et leurs actions » »

 

Et les artistes ? Que ressentent-ils ? Interviews par The Art Newspaper (présent à la BM de Lyon) :

 

Franck Scurti : « Comme beaucoup d’artistes, je vis dans un semi-confinement permanent »

 

Tatiana Trouvé : « ce virus est un puissant révélateur des dysfonctionnements de nos sociétés »

 

Hicham Berrada : « cette crise agit comme un catalyseur »

 

Laure Prouvost : « On doit réapprendre ce que l’on a accepté jusqu’ici »

 

Kader Attia : « Le pouvoir politique n’a aucune idée de ce qu’est être un artiste plasticien »

 

 

Enfin, pour terminer sur une touche qui donne envie de retourner voir de l’art :

Les plus belles expos de la rentrée !

 

 

Alors, go !

 

 

 

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