MEMOIRE SONORE

Musiques et sons de la Métropole (2)

2. TERRITOIRES SONORES

- temps de lecture approximatif de 4 minutes 4 min - Modifié le 26/10/2022 par GLITCH

Vieilles chansons et scène émergente, contes et témoignages, langues et accents, ambiances de rue et chants d’oiseaux… Tous ces éléments constituent le patrimoine sonore d’un territoire. Ils font entendre les voix des habitants et apparaître les lignes d’un écosystème des sons.

Paysages sonores

La richesse sonore d’un lieu se définit aussi par les bruits, les ambiances et espaces acoustiques qui font la rumeur du monde. Le paysage sonore est le domaine permanent des sons, un bain volatil et complexe, envahissant ou discret..
C’est le terrain d’étude de l’écologie sonore, discipline qui s’intéresse à la place du son et des bruits dans l’environnement. 

♦   A Lyon, l’association Acoucité tient le rôle d’observatoire de l’environnement sonore pour la Métropole. Elle produit également des relevés acoustiques de quartiers, comme ci-dessous à Saint-Jean et des cartes postales sonores de la ville.

♦    Dans le cadre de la Semaine du son de l’UNESCO, la ville de Lyon a soutenu en janvier 2022 la Semaine du son Lyonnaise. 4 jours de concerts, ateliers, conférences et expositions autour du paysage sonore, associant le CNSMD, l’ENSAL, les Archives Municipales…

L’événement accueillait aussi le Forum des paysagistes sonores , une initiative de Pepason (pour PEdagogie des PAysages SONores). Ce réseau, dont Lyon constitue une des têtes de pont, cherche à sensibiliser le public à la dimension sonore l’existence humaine. Eprouver la diversité des espèces sonores du monde, lutter contre leur disparition ou leur uniformisation, révéler l’ancrage sonore de notre condition sensorielle..
Des enjeux explicités par un des animateurs de l’association :

L’Invité de la Semaine – Arthur Enguehard, Semaine du son

Telles sont les pistes pour une écologie sonore, telle que tente de la promouvoir l’UNESCO depuis sa résolution de 2017 sur L’importance du son dans le monde actuel.

♦   Le lyonnais Gilles Malatray est un observateur passionné de la vie des sons. Son blog Desartsonnants est une référence et une mine intarissable de découvertes autour du son.
Lui pratique la marche d’écoute, une déambulation qui mène l’oreille à fouler attentivement l’espace sonore.

Comme Lyon offre des points de vue remarquable, elle recèle aussi des « points d’ouïe », que Malatray a commencé à recenser. Cet art du « promeneur écoutant », il le fait partager au cours de « parcours audio-sensibles », parfois commentés.
Une façon d’arpenter la ville à travers sa géographie sonore, entre relevé acoustique et documentaire audio…

Du collectage à la (re)création

Le paysage sonore constitue donc une trame possible d’extrapolation et d’interprétation pour le musicien. En le travaillant, en lui ajoutant d’autres sources, il peut enrichir le paysage, en souligner certains traits, le reformuler… ou le transformer complètement.

♦   Et pourquoi ne pas partir d’une banque de paysages sonores, d’une carte audio du monde comme Aporee ? Disons que c’est une sorte de Google Earth audio. Un projet collaboratif où chaque terrien peut déposer des captations d’ambiances sonores. Aporee offre une recherche par type de son/ambiance, par lieu, par date ou par heure de la journée.. La carte recense environ 200 enregistrements sur Lyon. Taper « Lyon, France » dans la barre de recherche pour les retrouver.


♦   L’Inventaire
est une association régionale de compositeurs de musique acousmatique. Ce style de composition fait appel à tous types de sources sonores (instruments, voix, électronique, sons concrets…). Ces matériaux sont travaillés en studio puis montés sur support (bande, fichier son..). L’origine des sons écoutés est ainsi troublée, ou invisible à l’audition. C’est l’écoute elle-même qui caractérise les sons qui viennent, et se propose une image de l’objet ou du processus qui lui apparaît.

C’est à partir de paysages sonores captés dans la Région que des artistes de l’Inventaire ont réalisé une dizaine d’oeuvres courtes, destinées à réfléchir l’empreinte sonore d’un lieu.. A écouter sur le site de l’association.

♦   Créé en 1975, le Groupe de Musiques vivantes de Lyon oeuvre à la diffusion de l’esthétique et des pratiques électroacoustiques. Ateliers, formations, production, édition.. et bien sûr création sonore :

Le GMVL a porté récemment le projet européen Le paysage sonore dans lequel nous vivons.
Il s’agissait notamment d’effectuer des relevés de paysages sonores. Environ 300 enregistrements dans les villes participant.es (dont Lyon) ont été réalisés et versés dans la base du projet, accompagnés d’éléments de contexte de la captation.
Les participant.es au projet pouvaient ensuite ensuite puiser dans ce matériau pour élaborer des créations sonores. Une autre façon d’écouter le monde des sons ambiants, et d’éprouver l’espace qu’ils animent.

Voir aussi : Musiques et sons de la Métropole .1 Paroles et Musique

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