ORLAN

Liberté en écorchée pour l'Octobre rose

- temps de lecture approximatif de 3 minutes 3 min - par Dalli

Il est des seins voilés, ailés, gloires et majestés du Louvre, ceux de la Victoire de Samothrace qu’ORLAN affectionne ; ses propres SEINS, contemporains, majuscules, militants, artivistes... Il est des seins « crabes » qui hurlent : écrasement, ponction, chimio, rayon, ablation mais surtout ESPOIR, RECONSTRUCTION, RENAISSANCE et VIE.

Liberté en écorchée pour l'Octobre rose, ORLAN.©Gilles Drouault, galerie/multiples

Manifeste visuel pour seins glorieux

Octobre rose  c’était pour dire le soutien d’ORLAN aux femmes atteintes du cancer du sein, apporter de l’espoir, tendre encore et toujours ses bras à la CAUSE SORORALE…celle des victoires tumorales aussi.

L’avatar.e, l’écorché.e dans la posture de la Statue de la Liberté, crie bien plus fort et loin que le bruissement des combats de femmes extraordinaires bien qu’ordinaires et inconnues. Il/elle dit la force de frappe de l’art charnel !

ORLAN s’associe au laboratoire ROCHE en octobre 2015.  Une vidéo  sera projetée sur la façade de l’immeuble (le siège social) aux perspectives prometteuses: “Horizons”. Suit une collaboration avec Gilles Drouault, galerie/multiples et cette estampe : Liberté en écorchée pour l’Octobre rose qui intègre les collections de la BML.

« La collaboration avec Roche dans le projet Octobre rose, est une continuité naturelle de mon engagement pour les femmes et poursuit ma démarche, initiée depuis des dizaines d’années, dans l’exploration du lien entre deux pratiques : l’art et la recherche médicale. » ORLAN

La collection de son père (de beaux livres illustrés sur l’anatomie, la chimie, la philosophie et la médecine) fut inspirante pour l’artiste tout comme les planches anatomiques d’ André Vésale  et la Salomé d’Alphonse ALLAIS dont la peau retirée « apparait telle une écarlate pièce anatomique, pantelante et fumante », un Strip-tease « jusqu’à l’os »…L’omission de la peau c’est pour éviter le racisme. Le corps lourd, épais, solide pulvérise quant à lui, les stéréotypes d’une époque détestant la chair.

On découvre dans son autobiographie, Strip-tease , LE TRAUMA et « l’art pour ne pas mourir de la vérité» Nietsche

J’ai dû « m’écorcher moi-même pour faire œuvre » dit ORLAN .

Ça, le nœud intérieur

« ça a été tout mais c’est déjà beaucoup » écrit ORLAN dont le corps a été foulé, fouillé par un soi-disant médecin indigne, pépé Weil, assisté d’un père tant aimé …

« Pour être digne d’être vivante (-) il fallait inventer ma vie telle une œuvre d’art, me réinventer et être au -dessus de la mêlée en apprenant beaucoup, en fuyant l’ignorance. Il fallait être en éveil, vivre avec intensité toutes les inventions, tous les possibles de mon époque. J’avais lu que Marcel Duchamp disait « Je suis un aspirateur », et j’aspirais moi aussi à être un aspirateur…sans jamais le passer, comme le faisaient à l’époque la plupart des femmes ! »

Synapses :

ORLAN sera parmi nous pour une rencontre suivie d’une signature de son autobiographie Strip-tease : tout sur ma vie tout sur mon art, le samedi 6 novembre de 16h à 18h.

ORLAN, ses oeuvres  (prêt de l’IAC ) dans l’exposition “En corps elles” pour l’événement féministe “A corps et à cris

Galerie Ceysson et Bénétière

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