"Toute découverte changeant la nature, la destination, d'un objet ou d'un phénomène constitue un fait surréaliste" André Breton

Dentifrite

Petra Mrzyk et Jean-François Moriceau, plus car affinités

- temps de lecture approximatif de 3 minutes 3 min - Modifié le 24/02/2022 par Dalli

Un duo = 4 cerveaux (deux gauches + deux droits), 20 doigts agiles, rapides tout autant que les pensées labiles libérées sur le papier. Le dessin est « initié » en parallèle puis « terminé » conjointement dépassant le précepte de Robert Fillou « un poème par jour » à raison d’un dessin par heure, par minute, dans une dynamique et un débit qui ne laissent aucune place à la vacuité et la pesanteur. Le duo pense, respire, vit « dessin ».

© Dentifrite, Petra Mrzyk et Jean-François Moriceau, Galerie Des Multiples

Ils s’aiment, créent, eurent beaucoup de dessins…

Mrzyk & Moriceau : Petra Mrzyk, née en 1973 à Nuremberg, et Jean-François Moriceau, né en 1974 à Saint-Nazaire.

Couple et collaborateurs graphiques, formés en 1999 aux Beaux-arts de Quimper.

Tombés (simultanément ?) en amour et en art.

 

L’ improbable en tube

Dentifrite, à une lettre près, pourrait introduire un cycle de l’absurde (absurdus « dissonant »), un point de départ disait Camus, là, légèrement abrasif et antiseptique couplé à la frite que  Roland Barthes, dans Mythologies , érige en symbole national. Parce que « le dur est l’Autre du mou » et parce que “le mou porte en soi son AutreJean-Baptiste Botul , Dentifrite philosophe aussi…

L’œuvre n’est pas qu’un objet créé les doigts dans le nez. Arracheur d’inertie, activateur d’intelligence, comme le dessin qui investit des pages à pinces, à poils, à roulettes…il prend d’assaut l’espace.

© Dentifrite, Petra Mrzyk et Jean-François Moriceau

Si pour le dessin ça gratte sèchement dans le noir et blanc (pas de compromis possible en couleur), Dentifrite, l’objet, joue sur le code de l’ultra bright et du jaune”pop-isé”.

Dans ce monde,  il y a du son :  Philippe KaterineSebastien Tellier , The Avalanches, Justice,…un chapelet d’expositions où James Bond est systématiquement invité, un ticket de tram, une application pour Iphone, un générique de film…des livres pour enfants.

« Amour, beauté et crottes de nez »

Sous cet étendard, le duo sirote des cerveaux, taquine Éros à la cadence de déhanchements langoureux. Il dérange le monde convenu, la statique des conditionnements, la conjonction, les conjonctures. On s’égare dans la géographie buccale: l’avalé, le recraché, le contenant dur et l’intérieur mou à l’image “des défenses, protections dures autour de la psyché molle, vulnérable et souple” (Freud) .

La proposition se gargarise de surréaliste, son approche non normative, ses représentations déformées, combinaisons aléatoires,  l’infra-léger avec le passage dans un « bel espace qui glisse » nous rapprochant de Marcel Duchamp et d’André Breton dans LE REFUGE DE L’ABSURDE.

Synapses :

Les potentialités de l’objet :  fonder une « physique de la poésie » Paul Éluard

Bientôt, des objets à l’Artothèque…

Bientôt, Dentifrite…En attendant :

une estampe empruntable à l’Artothèque :

© Petra Mrzyk et Jean-François Moriceau

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