Brève

Il y a 119 ans, le décès de la Vierge rouge…

- temps de lecture approximatif de 3 minutes 3 min - Modifié le 10/01/2024 par Hélèna

Le 9 janvier 1905, il y a 119 ans, s’éteignait Louise Michel, celle que l’on a nommée la « Vierge rouge » de par son engagement anarchiste et son rôle considérable dans les combats de la Commune de Paris.

Louise Michel photographiée par Ernest-Charles Appert à la prison des Chantiers à Versailles, 1871.
Louise Michel photographiée par Ernest-Charles Appert à la prison des Chantiers à Versailles, 1871. Source : Wikimedia Commons.

Figure indispensable de l’histoire française tant par son engagement politique en tant que femme du XIXème siècle mais aussi en tant que qu’engagée révolutionnaire même, Louise Michel a su marquer les esprits.

Fille de servante, elle reçoit cependant une instruction classique complète et solide par les châtelains qui emploient sa mère. Dès lors, elle se tourne vers le métier d’enseignante qu’elle exerce pendant quinze ans à Paris. Dotée d’un talent pour l’écriture et d’un goût sûr pour la littérature et notamment, la poésie, elle entretient une correspondance avec l’écrivain le plus respecté de l’époque : Victor Hugo. A ses fréquentations littéraires s’ajoutent un cercle de républicains tels que Jules Favre, Eugène Pelletan puis progressivement, vers les milieux révolutionnaires auprès de nombreuses figures de proue comme Jules Vallès.

Pendant l’épisode de la Commune de Paris, Louise Michel s’illustre le 18 mars 1871 sur la butte de Montmartre. En effet, motivée plus que jamais, elle s’oppose à l’ordre de Thiers qui avait pour but d’y retirer les canons. Accompagnée de femmes du quartier, elle s’oppose aux soldats férocement alors que l’ordre est donné d’ouvrir le feu. C’est le début de l’insurrection et le début de son engagement sans relâche dans ce chapitre important de l’histoire française. Jusqu’à la fin de la Semaine sanglante où elle est finalement arrêtée, Louise Michel s’orne de différentes casquettes : elle est autant actrice au sein de clubs politiques, propagandiste qu’ambulancière et soldat armé dans les combats contre les troupes versaillaises.

Louise Michel en uniforme de confédéré, 1871.
Source : Wikimedia Commons.

 


Devant le tribunal, elle reconnaît tous les faits qui lui sont imputés même les plus incriminants et demande même la mort de son plein gré : « Si vous n’êtes pas des lâches, tuez-moi ».

Cette dernière lui étant refusée, elle est d’abord condamnée à la déportation à vie en Nouvelle-Calédonie, peine qui sera allégée en dix ans en 1879 puis finalement abandonnée fin 1879. Là-bas, elle continue d’écrire en apprenant notamment des langues canaques. Elle obtient également l’autorisation d’enseigner et pratique autant auprès d’enfants que d’adultes locaux.

A son retour en France, en 1880, elle est accueillie comme une véritable héroïne, acclamée par la foule au port de Dieppe. Sa pensée politique s’étant aiguisée autour de l’anarchisme dont elle se réclame jusqu’à sa mort, elle va participer à des manifestations, grèves mais aussi donner régulièrement de nombreux discours et meetings partout en France, surveillée constamment par le gouvernement. Elle meurt ainsi victime d’une pneumonie le 9 janvier 1905 à Marseille alors qu’elle donne une tournée de conférences.

Symbole révolutionnaire et anarchiste majeur, pionnière du féminisme, Louise Michel n’aura cessé de marquer son époque, notre époque et probablement celles à venir !


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