La bigorexie

- temps de lecture approximatif de 3 minutes 3 min - Modifié le 22/05/2021 par scorroyer

Vous adorez la décharge de bien-être ressentie après le sport ...Vous organisez toute votre vie en fonction de votre sport favori... Vous êtes peut-être bigorexique. Une maladie reconnue par l'O.M.S. depuis 2011

La bigorexie vient de l’association de l’adjectif anglais big  et du suffixe grec « orexis », transformé en « orexie » et qui signifie « appétit ». C’est donc un énorme appétit … de sport !

Nous vivons dans une société de plus en plus stressante et lourde de responsabilité. Le sport apparaît donc souvent comme un exutoire bienvenu et valorisant.

Le sport intensif permettrait aussi d’anesthésier des souffrances corporelles ou psychiques, comme pourrait le faire une drogue.

L’importance des endorphines

Dans le cadre de recherches sur des addictions sans drogues, le docteur William Glasser considère l’addiction à un exercice physique comme une addiction « positive » contrairement aux addictions « négatives », comme l’alcool ou les drogues. Ce côté addictif du sport est renforcé par la libération d’endorphines (génératrices de bien être), le système de récompense dopaminergique (SRD) qui renforce l’estime de soi.

Le sportif observe les changements physiques liés à sa pratique sportive et en ressort conforté sur l’image qu’il renvoie. Ce processus est aussi lié à la dysmorphophobie : la crainte obsédante d’être laid, souvent récurrente chez les culturistes.

Le sportif « bigorexique » organise alors toute sa vie autour de sa pratique sportive, ce qu’on appelle la centration ou focalisation. Il est vite frustré par les contraintes liées au temps, à la santé ou à la vie quotidienne, privilégie une alimentation adaptée, limite sa socialisation à des cercles d’initiés, choisit sa partenaire en fonction de sa pratique sportive.

Un trouble psychologique

La bigorexie s’inscrit aussi dans un contexte culturel d’hypernarcissisme qui survalorise l’image du corps et le « culte de la performance ». Les anglo-saxons le nomme « culte d’Adonis », la volonté de sculpter son corps par l’activité physique, la recherche de la perfection, de l’harmonie, afin d’améliorer son image auprès de soi-même et des autres.

Les sports les plus concernés

Les sports les plus souvent rattachés à la bigorexie sont les sports d’endurance comme la course à pied ou le vélo, ou ceux liés à notre image corporelle comme la danse, la gymnastique ou le culturisme.

Le sentiment d’appartenance à un groupe

La pratique intensive du sport permet aux « bigorexiques » d’avoir le sentiment d’appartenir à un groupe, celui des « sportifs de haut niveau ».

Le sport est devenu un critère permettant de se valoriser soi-même mais aussi aux yeux des autres dans une société très stressante. Mais pratiqué en trop grande quantité, le sport peut être risque de blessures. Il devient aussi une drogue, à l’instar de l’alcool ou des stupéfiants. Un seul mot d’ordre : la modération !

Le seuil d’alerte

Si vous pratiquez votre activité physique préférée plus de 10 heures chaque semaine, vous êtes susceptible d’avoir des tendances « bigorexiques ».

Certaines questions permettent d’ailleurs de savoir si vous êtes concerné(e) :

Avez-vous des tendances bigorexiques ?

Avez-vous déjà ressenti le besoin de diminuer votre pratique d’exercices physiques car vous pensez trop en faire ?

Votre entourage vous a-t-il déjà fait des remarques au sujet de votre pratique excessive ?

Avez-vous déjà eu l’impression que vous vous entraîniez trop ?

Avez-vous déjà eu besoin de la pratique sportive dès le matin pour vous sentir en forme ?

A partir de 2 réponses positives ou plus, une dépendance est à craindre !

Un exemple en vidéo

Pour être plus précis, découvrez la pratique sportive quotidienne d’un triathlète amateur qui souffre de bigorexie :

Comment se faire aider

Pour sortir de cette dépendance, les addicts au sport peuvent consulter un médecin du sport, un addictologue ou un psychologue, afin de savoir si leur pratique sportive relève ou non du domaine de l’addiction.

En France, le CHU de Bordeaux a d’ailleurs développé un service spécialisé lié au sport et à la santé qui traite notamment la bigorexie : le centre d’accompagnement et de prévention pour les sportifs.

Pour plus d’informations, vous pouvez parcourir un article de Dan Véléa, psychiatre addictologue, auteur de Toxicomanie et conduites addictives.

Vous pouvez également lire le livre « Bigorexie : le sport, ma prison sans barreaux : témoignage d’une sport-addict » disponible à la Bibliothèque Municipale de Lyon.

 

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