Tampons hygiéniques et coupes menstruelles : attention au risque de choc toxique

- temps de lecture approximatif de 3 minutes 3 min - Modifié le 08/07/2017 par Bib4

Le CHU de Lyon alerte sur une recrudescence du syndrome de choc toxique lié au port prolongé de protections intravaginales. Brisant les tabous, le centre lance une collecte de tampons hygiéniques usagés afin que la recherche puisse travailler sur un nombre important d’échantillons bactériens

Femmes, Hygiène
Femmes, Hygiène

 

Quelle femme penserait qu’elle peut finir intubée  en réanimation ou amputée pour avoir porté trop longtemps un tampon hygiénique ou une coupe menstruelle ?
C’est pourtant ce qu’encourent les victimes d’un syndrome de  choc toxique staphylococcique (SCT)

Qu’est-ce que le SCT ?

C’est une maladie aigue très rare mais grave, potentiellement mortelle, qui survient au cours des règles lors de l’utilisation de dispositifs vaginaux (tampons, coupes menstruelles…) chez des patientes jeunes, en bonne santé et porteuses d’une souche particulière de la bactérie staphylocoque doré : Les bactéries S. aureus.

 

Les bactéries présentes à l’état normal sur la peau ou les muqueuses de l’être humain jouent un rôle très important pour la santé par leur capacité à prévenir les infections par d’autres bactéries pathogènes.

 

Staphylococcus aureus est une bactérie qui fait partie de la flore normale humaine mais qui peut également devenir une des principales causes d’infection. La virulence de cette bactérie est liée à la production de substances telles que la toxine du choc toxique staphylococcique (TSST-1). Le choc toxique staphylococcique est une maladie aigue grave pouvant survenir au cours des règles lors d’utilisation de tampon périodique chez des patientes jeunes en bonne santé, porteuses de la bactérie S. aureus productrice de TSST-1.

consignes

 

Source : CHU de Lyon

« Les bactéries S. aureus, qui représentent un cinquième des staphylocoques dorés, sont productrices de toxines TSST-1 au niveau vaginal. Cela représente à peu près 1% des femmes. Mais elles font partie de notre flore bactérienne normale. Notre système immunitaire est donc en contact avec cette flore. La plupart des porteurs développent des anticorps dirigés contre cette toxine, ce qui les protège.

Mais dans de rares cas, les personnes qui n’ont pas développé d’anticorps peuvent connaître une réaction aigue lorsque la toxine se retrouve dans le sang. Le sang des règles, coincé en intravaginal, représente un très bon milieu de culture où la bactérie peut se multiplier. La toxine TSST-1 qu’elle produit est capable de traverser la paroi vaginale et de se diffuser dans l’organisme. Elle est active à des taux de concentration très faible et stimule de façon massive les lymphocytes, provoquant un choc toxique. Les vaisseaux sanguins se vident de leur contenu, créant une hypotension, les organes ne reçoivent pas assez de sang. Pour se défendre, l’organisme favorise les organes vitaux, comme le cœur et le cerveau, au dépend des organes périphériques et des membres. Si rien n’est fait, c’est la nécrose, et l’on risque l’amputation, ou le décès. »

Source : Interview de Gérard Lina, directeur de centre national de référence des Staphylocoques des Hospices Civils de Lyon,  dans Le Nouvel Observateur

 

Bien que rarissime, une augmentation des cas aux causes encore troubles

graphique

Ce 20 octobre Gérard Lina alerte sur une augmentation inquiétante et non expliquée du syndrome de choc toxique en France : de 5 cas déclarés en 2004, on est passé à plus de 20 en 2014 et 18 en 2016.

Plusieurs pistes pourraient expliquer la hausse des cas ces dernières années : la nature des composants, l’utilisation accrue de tampons ou une évolution de la flore vaginale due peut-être à l’alimentation.
D’où l’intérêt du projet qui vient d’être lancé par le  Centre national de référence staphylocoques de Lyon.

Participer à la collecte de tampons usagés lancée à Lyon

L’intérêt est aussi pour la participante de savoir si elle est porteuse de la bactérie l’exposant à ce risque.

A ce jour, plus de 700 femmes se sont déclarées volontaires pour participer à l’étude. L’objectif est de recueillir plus de 1000 échantillons bactériens.

Si vous souhaiter participer à l’étude, il suffit d’aller sur le site du CHU de Lyon  ou d’écrire à gerard.lina@univ-lyon1.fr pour obtenir un kit de prélèvement.

 

Pour en savoir plus sur les staphylocoques :

Assistez au SYMPOSTAPH 2016 : les 26 et 27 octobre 2016 : Conférences gratuites, grand public et ouvertes à tous

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