La démocratie : histoire d'une ambivalence

- temps de lecture approximatif de 7 minutes 7 min - Modifié le 16/06/2016 par FGrignoux

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L’élection présidentielle française manifeste une préoccupation majeure : moraliser la vie publique. D’où le retour à des valeurs considérées comme fondamentales (travail, famille) et l’accent mis sur la sincérité de l’engagement (ce ne sont pas des promesses, ni du marketing). Mais la démocratie n’a-t-elle pas toujours dû composer avec sa propre caricature ? Rempart contre les totalitarismes, apparence d’une idée toujours à venir, elle vacille avec ses symptômes : individualisme et égalitarisme. Dès l’origine, elle porte en elle une ambivalence : elle est un régime d’égalité et de liberté, mais ce régime implique l’obéissance à une loi, la fidélité à une constitution et une souveraineté qui exclut tout despotisme. Conflit de l’idéal et du réel, face à la désaffection qui semble aujourd’hui la frapper, il lui faut regagner la puissance subversive sans laquelle il n’est pas de gouvernement de la communauté.

[actu]Aux origines[actu]

Le terme démocratie mis à l’honneur par les Athéniens au Ve siècle avant J.C. désigne le régime politique selon lequel le peuple exerce sa souveraineté directement ou en élisant des représentants (démocratie représentative).
De nos jours, le sens commun idéalise la démocratie athénienne à l’époque classique par souci de mettre en évidence les origines des régimes politiques contemporains. Or, la cité d’Athènes peut également servir de modèle par ses dérives, ses défaillances et ses crises pour mieux comprendre la politique aujourd’hui, et la crise qu’elle traverse.

Les critiques ne sont d’ailleurs pas récentes. On dénonçait déjà les dérives du système au Ve siècle avant J.C. à Athènes.

En quoi la démocratie athénienne nous concerne-t-elle aujourd’hui ? Comment apprécier la démocratie grecque par rapport aux démocraties modernes ? Quelques pistes de réflexion sur le système politique auquel adhère aujourd’hui une partie du monde.

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Moses Finley
Ed. Payot

Démocratie antique et démocratie moderne, par Moses I. FINLEY, Payot
- M. I. Finley étudie la pensée et la pratique démocratiques en Grèce face aux conceptions exposées par certains représentants de la science politique moderne : il montre que le discours démocratique moderne se révèle finalement aux antipodes de la notion grecque de la démocratie.

Participation directe et démocratie grecque : une histoire exemplaire ?, par José Antonio DABDAB TRABULSI, Presse universitaires de Franche-Comté
- Cette étude, fondée sur les textes, de la culture politique de la participation directe propose une plongée dans le vécu de la démocratie grecque, ses grandeurs, ses limites. Pour l’auteur, l’examen de la tradition politique athénienne est un des moyens de garantir les démocraties modernes du détournement du vocabulaire et des valeurs qu’elles ont trop tendance à pratiquer.

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J. de Romilly
Ed. Hermann

Problèmes de la démocratie grecque, par Jacqueline de ROMILLY, Hermann
- Inventée par les Grecs dans l’Antiquité, la démocratie a vite suscité chez les Athéniens, toujours épris de discussion, des débats où s’affrontaient sa beauté et ses difficultés. Ce livre s’efforce de retracer l’histoire de ces réflexions, en choisissant quelques problèmes sans cesse repris par les auteurs. Qu’il s’agisse de l’aveuglement populaire, de l’anarchie démocratique ou des querelles de parti qui transforment le gouvernement de tous en dictature de la foule, l’expérience concrète de la petite cité athénienne se reflète, au cinquième et au quatrième siècle avant J.-C., en des textes littéraires divers, avant de se transposer en doctrines et d’aboutir aux grandes analyses de Platon et d’Aristote. D’un texte à l’autre, d’un siècle à l’autre, les arguments se répondent et se précisent, définissant les étapes d’une véritable aventure intellectuelle. Cette aventure reste liée à une forme de démocratie très différente de celle que connaît le monde moderne, mais la réflexion grecque cherche toujours à cerner l’essentiel. Ainsi s’explique que, bien souvent, l’analyse rejoigne des préoccupations qui restent encore les nôtres dans le monde d’aujourd’hui.

Aux origines de la corruption : démocratie et délation en Grèce ancienne, par Carine DOGANIS Presses universitaires de France
- Etude sur une particularité de la démocratie grecque antique, l’accusation publique volontaire ou sycophantie. Analyse son fonctionnement, sa transformation potentielle en délation, son rôle dans la société démocratique antique, etc.

Les Grecs ont « inventé » la politique, le terme et le concept :
le dossier la citoyenneté à Athènes présente l’organisation politique et administrative de la cité, la naissance, la vie et la mort de la démocratie (réalisé par le Ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, Service des technologies et des systèmes d’information)

Les Grecs inventent la politique, par Claude MOSSÉ Complexe
- Evoque l’évolution des idées politiques depuis les réflexions sur la gestion de la polis jusqu’aux débats sur l’organisation politique dans un monde dominé par Rome. Accorde une place essentielle aux débats qui se développent au sein des écoles philosophiques au IVe siècle.

[actu]…philosophiques[actu]

Qu’est-ce que la démocratie ?, par Anne Baudart, VRIN
- Qu’est-ce que la démocratie ? En quoi nos démocraties modernes sont-elles redevables à la fondation antique ? Le “peuple” est-il toujours à la hauteur de ses exigences ? Liberté et égalité sont-elles des valeurs incompatibles ? Quelles menaces pèsent aujourd’hui sur nos démocraties ? .

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Ed. A. Colin

Qu’est-ce que la démocratie ?, par Simone Goyard-Fabre, ARMAND COLIN
- La Grèce antique a été le berceau de la démocratie, qui a ensuite acquis une dimension planétaire. Comprendre pourquoi la démocratie est à la fois si désirable et si redoutable, tel est l’enjeu de ce livre : toujours imparfaite, toujours à refaire, la démocratie est une aventure lourde à assumer.

La démocratie, par Franck Cosson, VRIN
- « Réalité englobante qui commande représentations, modes de pensée et relation à soi et aux autres, la démocratie reste difficile à saisir comme phénomène et comme problème philosophique.

Dans le cadre d’une sacralisation et d’une auto-célébration indissociables de sa mise en place historique, elle est confrontée au risque d’une banalisation qui en occulte la complexité. Puisant aux sources de la philosophie politique moderne et contemporaine, il s’agit donc de mettre la démocratie en perspective pour réfléchir aux valeurs qui la fondent et aux grands mécanismes qui en rendent l’exercice légitime pour dégager, ensuite, le type de société et d’humanité qu’elle implique. »

L’avènement de la démocratie, par Robert Legros, GRASSET
- « S’il est vrai que l’avènement de la démocratie témoigne d’une invention collective, d’une élaboration en commun d’une forme profondément nouvelle de société, et s’il est vrai aussi que la démocratie est une société fondée sur un principe d’égalité des conditions, sur un principe d’autonomie humaine, et sur un principe d’indépendance individuelle, alors il est vrai également que toutes les sociétés pré-démocratiques, toutes les sociétés qui précèdent la naissance de la démocratie moderne, si différentes qu’elles soient les unes des autres, sont régies fondamentalement par un principe d’inégalité des conditions, par un principe d’hétéronomie humaine, et par un principe de dépendance des uns à l’égard des autres… »

La démocratie, participative cette fois ci, est aussi évoquée dans ce “Point sur l’actualité” : De l’Agora au Web : faire exister la démocratie participative

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