40 ans du MLF

Histoire d’elles

- temps de lecture approximatif de 17 minutes 17 min - Modifié le 29/06/2016 par FGrignoux

Un site national (Re-Belles) qui recueille de multiples initiatives (universitaires, culturelles, militantes...) sur tout le territoire français tout au long de l'année 2010, des livres, des documentaires , une quinzaine , « les femmes s'entêtent », à la Bibliothèque municipale de Lyon, les 40 ans du MLF ne passent pas inaperçu ...Beaucoup de bruit pour rien, diraient certain-e-s, pour quelques hystériques, « mal baisées » disent d'autres.... Il faudrait voir ça de plus près.

MLF © DR
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Les femmes s’entêtent : 40 ans de mouvement de libération des femmes

De quand peut-on dater la naissance du Mouvement de Libération des Femmes, MLF ?
1968 ou 1970 ?
Qui l’a fondé ? Antoinette Fouque ou d’autres ?
Premières questions, premières polémiques. L’enquête débute mal. Apparemment, le sujet oppose les militantes de la première heure. Des articles de presse contradictoires, parus en octobre 2008, en témoignent :
A l’article de Ouest France du 3/10/2008 sur
Antoinette Fouque , Michelle Perrot réplique dans le Figaro du 10 octobre 2010, suivie par de nombreuses féministes. Faisons confiance à l’historienne. L’anniversaire, c’est donc 1970.

Qui l’a fondé ?

Bien des noms peuvent être associés aux premières heures du MLF : Anne Zelensky, Jacqueline Feldman, Cathy Bernheim, Christine Delphy, Monique Wittig, Antoinette Fouque…Bien des évènements ont laissé leur empreinte : la première réunion publique non mixte de femmes à l’université de expérimentale de Vincennes en mai 1970, la sortie en juillet du numéro spécial de la revue Partisans : Libération des femmes, année zéro et bien sûr l’apparition publique de ce mouvement, le 26 août 1970, avec le dépôt de gerbe à l’arc de triomphe : » il y a plus inconnu que le soldat inconnu, sa femme. »

Pour en savoir plus, on peut se reporter au livre, Libération des femmes, les années-Mouvement, de Françoise PICQ, Ed. Le Seuil ou à Mouvement de libération des femmes, textes premiers-, de Catherine BERNHEIM, Ed. Stock

Et en ce qui concerne Lyon , on pourra lire Chronique d’une passion : le Mouvement de libération des femmes à Lyont, CLEF, Ed. l’Harmattan.

De, Choisir la Cause des femmes, créé en 1971 par Gisèle Halimi au Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception, MLAC, créé en avril 1973 , mouvement mixte , à la fois cartel d’organisations et associations, comptant des adhésions individuelles, en passant par les groupes femmes de quartier, d’entreprises, puis plus tard des maisons de femmes, des librairies féministes , des maisons d’éditions…,le mouvement se diversifie, s’amplifie, même si le sigle MLF en restera le symbole.

On trouve dans le livre de la philosophe Françoise Collin, , Parcours féministe, une réponse à la fois évidente et passionnante à la question de l’origine du mouvement : personne n’a fondé le MLF.

« Le féminisme c’est un mouvement « qui n’a ni fondateur ou fondatrice, ni doctrine référentielle, ni orthodoxie, ni représentantes autorisées, ni parti, ni membres authentifiés par quelque carte, ni stratégies prédéterminées, ni territoire, ni représentation consensuelle, et qui, dans cette « indécidabilité » constitutive ne cesse de déterminer des décisions, imposant son angle d’approche et son questionnement à travers le monde. Un mouvement : le bien nommé « mouvement des femmes ». Un objet inidentifiable »
Son unité très forte, aux origines, s’est construite autour du leitmotiv qui a mobilisé toutes les femmes dans les années 70 : « un enfant si je veux quand je veux ».

Cette revendication, qui porte sur un des points nodaux qui ont servi de prétexte à la domination masculine, a été d’emblée articulée à tous les autres domaines : économiques, sexuels, politique…Mais elle a été un objectif fédérateur.

Pour en savoir plus sur ces mobilisations massives, joyeuses et victorieuses, deux articles précédents :

Pour humer l’air du temps, à travers des parcours diversifiés de féministes faisant partie de ce que les historiennes ont appelé la deuxième vague du féminisme, on peut lire :

Ainsi soient-elles, par Benoîte GROULT , Ed. Grasset
A sa sortie en 1975, Ainsi soit-elle constitua une révélation et un choc pour quantité de lectrices.
Une femme divorcée, remariée, mère de trois filles, journaliste et romancière, s’adressait à elles sur un ton nouveau, mêlant l’histoire à l’actualité, l’essai à l’autobiographie, la colère à un humour libérateur. Elle dressait  » l’interminable liste de mutilations physiques ou morales  » subies par les femmes au cours des siècles, dénonçait la haine et la peur du désir féminin, tout en se montrant très critique à l’égard d’une certaine servitude volontaire entretenue par les femmes elles-mêmes.
Trente-cinq ans plus tard, ce propos est toujours aussi subversif. Pour Benoîte Groult, le féminisme est une lutte quotidienne, qui n’interdit pas, loin de là, d’aimer les hommes, ni de s’amuser avec eux. Avis aux femmes d’aujourd’hui, et donc de demain.

Ne vous résignez jamais, par Gisèle HALIMI , Ed. Plon
Gisèle Halimi nous livre dans ce témoignage essentiel un  » ce que je crois  » qui, tout en éclairant un parcours de luttes – faire du viol un crime, défendre le droit à l’avortement, se battre pour la loi sur la parité, contre la violence faite aux femmes, contre la prostitution – construit une réflexion générale sur le féminisme d’hier et d’aujourd’hui. Elle dénonce ainsi le lyrisme convenu sur la maternité ( » un piège  » ?), le  » désir d’enfant  » (obsessionnel ?), les dérives de la procréation assistée (les locations de ventre, etc. ). Un fil rouge dans cet essai unique de l’auteure : le refus absolu de la résignation


Les années, par Annie ERNAUX ,Ed. Gallimard
La photo en noir et blanc d’une petite fille en maillot de bain foncé, sur une plage de galets.
En fond, des falaises. Elle est assise sur un rocher plat, ses jambes robustes étendues bien droites devant elle, les bras en appui sur le rocher, les yeux fermés, la tête légèrement penchée, souriant. Une épaisse natte brune ramenée par-devant, l’autre laissée dans le dos. Tout révèle le désir de poser comme les stars dans Cinémonde ou la publicité d’Ambre Solaire, d’échapper à son corps humiliant et sans importance de petite fille.
Au dos : août 1949, Sotteville-sur-Mer. » Au travers de photos et de souvenirs laissés par les événements, les mots et les choses, Annie Ernaux nous fait ressentir le passage des années, de l’après-guerre à aujourd’hui. En même temps, elle inscrit l’existence dans une forme nouvelle d’autobiographie, impersonnelle et collective.

Et, par exemple, pourquoi ne pas voir et revoir :

Maso et miso vont en bateau , réal. Les Insoumuses, CNC-images de la Culture . Désolant et irrésistible à la fois !!!
Bernard Pivot invite Françoise Giroud, alors première secrétaire d’Etat à la condition féminine, pour une émission gentiment misogyne, « Encore un jour et l’année de la femme, ouf ! c’est fini ». Le collectif les Insoumuses ‘recycle’ l’émission par des interventions pleines d’humour et en fait « la preuve officielle que le secrétariat d’Etat à la condition féminine est une mystification ». Des cartons donnent les réponses que Giroud aurait dû donner, une interview de Simone de Beauvoir contredit ses propos, les arrêts sur image soulignent son inaptitude. « Notre propos est de montrer qu’aucune femme ne peut représenter toutes les autres femmes au sein d’un gouvernement patriarcal, quel qu’il soit. Elle ne peut qu’incarner la condition féminine oscillant entre la nécessité de plaire (féminisation-maso) et le désir d’accéder au pouvoir (masculinisation-miso). Quant aux réformes proposées par Françoise Giroud, elles peuvent être proposées directement par les ministères concernés (travail, justice, santé…). Aucune image de la télévision ne veut ou ne peut nous refléter, c’est avec la vidéo que nous nous raconterons. » Une des premières ‘vidéo scratch’ en France, une vidéo mythique. (Nathalie Magnan )

1970, libération des femmes, année zéro ?

Dans l’élan subversif du moment, on avait un peu oublié qu’une première vague s’était développée au XIX° siècle et au début du XX° siècle. Elle oeuvrait surtout pour l’intégration des femmes dans la sphère publique, dans le monde professionnel et pour l’égalité des droits. Son combat majeur a été la reconnaissance de la citoyenneté des femmes.
A (re) découvrir dans :

Histoire du féminisme, par Michèle RIOT-SARCEY , Ed. La Découverte
L’histoire du féminisme en France ne diffère guère de celle des autres pays occidentaux : fragmentée et en décalage avec l’histoire politique.
Depuis la Révolution française, les femmes ont cherché à sortir de la sphère du privé. Lentement, avec difficulté, elles ont surmonté les obstacles et conquis peu à peu des fonctions longtemps réservées aux hommes. Mais la barrière la plus insurmontable fut sans doute celle du politique. Les droits civiques  » accordés  » très tardivement (octobre 1944) au  » deuxième sexe  » ne mirent pas un terme aux interdits, particulièrement celui de l’exercice du pouvoir qui est resté un privilège de la masculinité.
L’ouvrage retrace les itinéraires conflictuels et les multiples aspects des luttes en faveur de l’égalité, jusqu’à l’actualité de la  » parité  » dont le succès peut masquer le maintien des inégalités. Cette nouvelle édition s’apparente à une  » histoire du féminisme et du genre « , car l’auteure est parmi les premières à user de la méthode introduite par le concept. En ce sens, le féminisme exprime la réaction critique à l’encontre d’une identité sociale genrée.

Les nouvelles générations, les féministes ringardes, les autres « cultures » …

L’enquête avance et nous sommes loin de cette image d’un mouvement féministe hystérique, ridicule et inutile….

Première vague, deuxième vague, ont en commun d’avoir été et d’être toujours été discréditées, caricaturées. Pourtant, un nombre important de problématiques qui ont été les leurs et qui apparaissaient irrecevables autrefois sont aujourd’hui intégrées à la réalité socio politique comme au discours scientifique. Mais le mouvement féministe est souvent considéré comme « dépassé » sans jamais être reconnu au présent. « Il semble difficile pour la société masculine, pour la société dans son ensemble, et à ses institutions politiques ou scientifiques, de reconnaître une dette envers une femme, des femmes, les femmes, du moins une dette autre que la dette de vie : une dette symbolique » Françoise Collin, Parcours féministe, p.173

Les media stigmatisent les « vieilles féministes » au profit de jeunes femmes qu’ils espèrent ou supposent plus malléables. Mal leur en prend. De nouvelles associations, radios, revues – Osez le féminisme, Radio Lilith ,
( pour ne citer que des exemples lyonnais , …)- prennent le relais.

La transmission, même si elle n’a pas toujours été facile, se réalise, comme l’étudie LIANE HENNERON dans son article , Être jeune féministe aujourd’hui : les rapports de génération dans le mouvement féministe contemporain, article publié dans la revue L’Homme et la société,2005/4 – N°158, pages 93 à 111

Il est de bon ton aussi de dénoncer avec indignation le sexisme des autres « cultures » , voir de celles et ceux qui vivent en France et véhiculeraient ce sexisme, pour ne pas devoir reconnaître celui qui, beaucoup plus subtilement domine encore et toujours la nôtre.

Il suffit de rappeler qu’en France , une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son conjoint et que le 25 novembre sera une nouvelle fois une journée de mobilisation contre les violences faites aux femmes…Pour plus d’information, aller voir le site de Filactions

Il est enfin dans les usages de se gausser des divisions du mouvement féministe. Il est vrai que, s’il y a eu unanimité au départ sur la revendication de la maîtrise de la fécondité, en fait de la maternité, jusque là identifiée comme un destin, sur le droit à la contraception et à l’avortement, les réponses aux autres questions posées à la société ont beaucoup divergé ; les débats ont pu être et sont toujours très conflictuels.
Tant mieux, car c’est dans ces divergences interrogées, discutées, que s’opèrent les avancées théoriques et pratiques. « La seule faute du féminisme, dit Françoise Collin, serait dans l’abandon de ce dialogue, constitutif du monde commun, dialogue qui porte sur la multiplicité des problèmes liés à la sexuation et aux rapports de sexe. »

Les féminismes en questions : éléments pour une cartographie, dirigé par CHRISTELLE TARAUD, Ed. Amsterdam, entretiens avec Christine Bard, Marie-Hélène Bourcier, Christine Delphy
Elle nous guide dans un parcours sur les transformations du féminisme. Les interviewées reviennent sur les discussions qui ont mobilisé les féministes et leurs critiques ces dernières années : prostitution, pornographie, harcèlement sexuel, foulard islamique et parité. L’ouvrage met en valeur les lignes de partage qui opposent sur certains points les militantes et théoriciennes féministes

Les grandes tendances du mouvement féministe

Pour aller un plus loin dans le substrat des divergences, on peut distinguer trois grandes approches théoriques qui sous tendent les débats actuels :

L’approche dominante en France a été celle qu’on peut nommer « universaliste » , celle de Beauvoir et des ses héritières directes, qui pense que le devenir des femmes consiste à accéder à la neutralité de l’individu, en atténuant ou en supprimant même non seulement les inégalités, mais aussi les différences. Elisabeth Badinter pourrait en être une représentante significative.

Un autre courant est apparu dans les années 70, (on a pu le définir comme essentialiste ou différentialiste, un courant pour lequel le féminisme c’est au contraire l’émergence d’un mode d’être au monde différent, c’est la réhabilitation d’un potentiel propre aux femmes qui a été méconnu à travers l’histoire.
Tel est le propos deIl y a deux sexes : essais de féminologie , d’Antoinette FOUQUE, Ed. Gallimard.
C’était déjà la féminisation de la pauvreté, l’insécurité sexuelle et la montée des intégrismes qui avaient motivé, il y a dix ans, la première édition de ce recueil. Le constat négatif que je faisais alors, loin d’être obsolète, est plus que jamais d’actualité. Les nouveaux textes de cette réédition attestent une régression, une contre-libération menaçantes. La Passion de l’Un enracine sa violence symbolique sur le lieu même du réel, de la source (pro)créatrice, et y érige sa souveraineté et les pouvoirs, religieux, politiques et intellectuels qui s’ensuivent. En jetant un voile d’ignorance sur l’envie d’utérus qui la hante, la protestation virile, la paranoïa mènent une guerre unilatérale et sans merci contre les femmes, esclavagisées tant par une économie libidinale phallocentrée (échangiste et libertine) que par une économie politique capitaliste (libre-échangiste et ultralibérale). Libérer à sa source la libido creandi des femmes, c’est lancer un défi permanent à cette guerre et s’ouvrir à la géni(t)alité des deux sexes. Se souvenir que le premier environnement de chaque humain est un corps vivant, parlant ; se souvenir qu’on naît d’une femme (et aussi d’un homme) et en éprouver de la gratitude, c’est abolir un ordre symbolique, tyrannique, hégémonique ; c’est vaincre l’addiction spéculaire de Narcisse, s’évader des dogmes et des illusions des religions du Livre ; c’est stopper la spéculation du Tout-marchandise, du Tout-profit ; mais c’est aussi, sans doute, commencer à penser. La gestation, hospitalité psychique autant que charnelle, comme paradigme de l’éthique, de la responsabilité et du don ? Génitrices, généalogistes, archéologues, archives et archivistes de l’espèce humaine, des femmes ont commencé à vivre leur nouvelle  » condition historique « , à inscrire la genèse d’une modernité tardive. C’est l’hypothèse positive que réaffirme cette nouvelle édition. A. F.
Le troisième courant, qui s’est imposé plus tard, est issu de la philosophie contemporaine, dite postmoderne, et récuse l’interprétation des sexes tant en terme d’un (l’humain en général) qu’en termes de deux (la distinction du masculin et du féminin). La différence des sexes est toujours un mouvement de différer, mouvement étranger tant à la dualité des sexes qu’à leur unité. Nous ne pouvons ni nier l’impact de la sexuation, ni l’ériger en principe dans une dualisation tranchée. La différence des sexes est un enjeu permanent.

Le mouvement dit Queer se greffera ultérieurement sur cette conception qui récuse les identités fixes : le genre est-il double ou est-il trouble comme le formulera Judith Butler ?
Trouble dans le genre : Pour un féminisme de la subversion, par Judith BUTLER , Ed. La Découverte
Dans cet ouvrage majeur publié en 1990 aux Etats-Unis, la philosophe Judith Butler invite à penser le trouble qui perturbe le genre pour définir une politique féministe sans le fondement d’une identité stable. Ce livre désormais classique pour les recherches sur le genre, aussi bien que les études gaies et lesbiennes, est au principe de la théorie et de la politique queer : non pas solidifier la communauté d’une contre-culture, mais bousculer l’hétérosexualité obligatoire en la dénaturalisant. Il ne s’agit pas d’inversion, mais de subversion. Judith Butler localise les failles qui manifestent à la marge le dérèglement plus général de ce régime de pouvoir. En même temps, elle soumet à la question les injonctions normatives qui constituent les sujets sexuels. Jamais nous ne parvenons à nous conformer tout à fait aux normes : entre genre et sexualité, il y a toujours du jeu. Le pouvoir ne se contente pas de réprimer ; il ouvre en retour, dans ce jeu performatif, la possibilité d’inventer de nouvelles formations du sujet. La philosophe relit Michel Foucault, Sigmund Freud, Jacques Lacan et Claude Lévi-Strauss, mais aussi Simone de Beauvoir, Luce Irigaray, Julia Kristeva et Monique Wittig, afin de penser, avec et contre eux, sexe, genre et sexualité – nos désirs et nos plaisirs.Pour jeter le trouble dans la pensée, Judith Butler donne à voir le trouble qui est déjà dans nos vies

Une source permanente d’informations et de réflexions, pur découvrir et approfondir toutes ces questions :
Le Portail Genre de la bibliothèque :
Le Centre de ressources sur le Genre de la Bibliothèque municipale de Lyon (BmL) a pour objectif de rassembler un ensemble documentaire ciblé sur les questions d’identité de genre et d’orientation sexuelle. Trois grands corpus sont concernés : les livres dores et déjà présents dans les différents départements et sites de la BmL, de nouvelles acquisitions, ainsi que des archives.

Classe, race et genre…

Il y aurait, bien sûr, bien d’autres façons d’aborder les différences et les convergences existantes.
Récemment le courant dit « Lutte de classes » tenait un colloque à Paris dont il faudra surveiller la sortie des actes … collectif droits des femmes.On retrouve sur ce site une bibliographie très complète.

De nombreuses publications récentes abordent les débats sur les imbrications entre classe, genre (ou rapports sociaux de sexes), et race :

Les rapports sociaux de sexe
Malgré plus d’un siècle de luttes et de conquêtes, les femmes demeurent, sous des formes différentes selon les lieux, sélectivement et massivement en proie à la surexploitation économique, à la relégation sociale et politique, à la  » pauvreté « , à la subordination sexuelle, à la violence masculine.
A la mythologie néolibérale répond un traitement des  » rapports de gaine  » imbu du bonheur du vivre ensemble dans la différence. On propose ici une perspective plus réaliste. Le point de départ en est cet acquis des études féministes : les rapports hommes/femmes ne sont pas de simples relations interindividuelles, car celles-ci s’inscrivent dans des rapports sociaux qui transcendent les individus. Il s’agit de rapports d’antagonisme et de pouvoir non pas naturellement définis, mais historiquement et socialement construits.
Ils ont pour enjeux la sexualité et le travail, à travers des mécanismes d’exploitation et des dispositifs de domination, de naturalisation et de normalisation. Les recherches, diverses voire conflictuelles, ici présentées visent à élucider les rapports complexes de ces  » rapports sociaux de sexe  » à d’autres dominations, les processus de résistance et d’émancipation qui les traversent, à identifier les  » sujets politiques  » qui se construisent dans les luttes et à rechercher les convergences.


Féminisme(s) Penser la pluralité
La centralité théorique donnée à l’antagonisme de sexe tend à obscurcir les autres rapports de pouvoir qui traversent le groupe des femmes. Ce numéro aborde une des dimensions longtemps délaissées par le féminisme en France : l’imbrication des dominations sexiste et raciste. Pour ce faire, il procède à une confrontation avec d’autres expériences politiques et contributions théoriques, notamment celles du black feminism.

Sexisme, racisme et postcolonialisme
S’il existe une question féministe qui mérite approfondissement parce qu’elle est compliquée et recouvre des enjeux fondamentaux pour nos existences, c’est bien celle des imbrications structurelles entre l’oppression fondée sur le sexe et les oppressions fondées sur l’appartenance à une race, ethnie ou culture, regroupées ici sous l’appellation « racisme ». Nouvelles Questions Féministes revient ainsi, dans le présent numéro, sur la thématique amorcée dans le premier volume de cet ensemble de deux numéros consacrés au sexisme et au racisme. En effet, qu’il s’agisse de l’imposition du voile ou de son interdiction, de la prostitution, des mariages non consentis, des violences ou des discriminations sur les lieux de travail, l’oppression sexiste ne s’inscrit ni ne se lit dans le corps abstrait de « la femme » universelle et anhistorique, mais dans celui de femmes particulières et particularisées, dans un contexte social déterminé, caractérisé par d’autres rapports de domination.

Sexe, race, classe. Pour une épistémologie de la domination
Cet ouvrage a pour but d’interroger les différents outils critiques pour penser l’articulation des rapports de pouvoir. Tout en interrogeant leur mode propre de catégorisation (les catégories de « sexe » et de « race » ont-elles méthodologiquement le même statut que la classe ? À quelles conditions utiliser la catégorie de « race » comme une catégorie d’analyse ? L’analyse en termes de classe a-t-elle été éclipsée par l’analyse croisée du sexisme et du racisme, après les avoir longtemps occultés ?…) cet ouvrage discute les différents modes de conceptualisation de ce que l’on pourrait appeler « l’hydre de la domination » : analogique, arithmétique, géométrique, généalogique.
A partir de différentes traditions disciplinaires (sociologie, science politique, philosophie, psychologie, littérature…), les contributions ici réunies présentent un état des lieux des diverses appréhensions de l’imbrication des rapports de pouvoir – « intersectionnalité », « consubstantialité », « mondialité », « postcolonialité », … et, ce faisant, (re)dessinent les contours d’une véritable épistémologie de la domination.

Comment le genre trouble la classe
Il est rare que l’épouse soit la seule femme qui réalise,  » hors marché « , le travail domestique au sens large : bonnes et prostituées, pour ne citer qu’elles, souvent migrantes, interviennent également, contre une rémunération plus ou moins sonnante et trébuchante.
Cela implique-t-il pour autant que la classe des femmes n’existe pas, parce que les antagonismes entre  » Madames  » et migrantes sans papiers l’auraient fait voler en éclats ? Ce serait aussi simpliste que de penser que le prolétariat est un concept dépassé parce qu’on trouve en son sein des contremaîtres. La classe des femmes existe dans la mesure où existe une très nette division sexuelle du travail, qui exige des unes qu’elles réalisent le travail de reproduction sociale et qui en exempte les membres de la classe des hommes.
Et il convient d’observer un organisateur du travail beaucoup plus à même de dresser des stratégies à moyen et long terme : l’Etat, en tant qu’agent des logiques d’accumulation de capital.


Gouines rouges, viragos vertes
Multitudes a souhaité s’associer à sa manière – une majeure soit au maximum dix articles – à la célébration de quarante années de mouvements des femmes, décidée par quelques amies dont Cathy Bernheim. Nous avons choisi d’affirmer avec elles qu’en France le MLF est né devant l’Arc de triomphe le 26 Août 1970 (…)

Il nous faut donc momentanément conclure cette petite enquête, avec Françoise Collin, qui aura été notre guide implicite, Ce qui fait la force du féminisme, c’est qu’il avance « sans représentation d’un « modèle » idéal prédéterminé », cette progression « requiert donc la vigilance, l’initiative et l’imagination dans chaque conjoncture. »
Beau programme…

Cet article fait parti du dossier Féministes tant qu’il le faudra !.

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One thought on “Histoire d’elles”

  1. Je découvre votre site : découverte des combats des femmes
    Merci
    Je n’ai pas d’adresse face book (volontaire)

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