Album à redécouvrir

Smokin’ at the Half Note / Wynton KELLY & Wes MONTGOMERY (1965)

- temps de lecture approximatif de 2 minutes 2 min - par Eric

En 1965, le pianiste Wynton Kelly et le guitariste Wes Montgomery enregistrent ce que Pat Metheny considère comme le meilleur album de guitare jazz jamais réalisé.

Après avoir joué avec Miles Davis pendant plus de 4 ans et participé à l’enregistrement – entre autres – du fameux  Kind of Blue. Le pianiste Wynton Kelly quitte le trompettiste et emporte avec lui deux maitres du rythme, le bassiste Paul Chambers et le batteur Jimmy Cobb. Ensemble ils écument les clubs de jazz et les festivals.

Bons session-men, le Wynton Kelly Trio accompagne des grands jazzmen de passage. C’est ainsi qu’ils rencontrent Wes Montgomery avec lequel ils enregistrent un premier album studio : Full house (1962). A cette époque Wes Montgomery est reconnu par ses pairs musiciens comme un guitariste de jazz hors pair, mais il reste peu connu du grand public. En 1965, le Wynton Kelly trio et Wes Montgomery débutent donc une tournée américaine des clubs. C’est ainsi qu’ils sont recrutés pour une suite de concerts, par le célèbre club de Jazz new-yorkais le Half Note.

Unit 7” – Wynton KELLY & Wes MONTGOMERY – 6:47

 

Le microsillon contient deux faces. Et si la première partie du disque est bien enregistrée en public au Half Note. La seconde est faite dans les studios de Rudy Van Gelder dans le New Jersey. Mais dans les deux cas la musique brille et les notes pétillent.

 

No Blues” – Wynton KELLY & Wes MONTGOMERY – 12:56

A l’écoute de Wes Montgomery, l’espace parait toujours plus grand et plus large. Tout semble facile et léger. Avec la sensation d’être face à un feu d’artifice, les notes s’envolent et explosent. Mais toujours au service de la construction mélodique et du groove. Les doigts claquent, les pieds tapent et la tête gigote. Ce qui distingue également Wes Montgomery. C’est l’audace dans le choix des notes et la manière dont il les joue. C’est chaque fois surprenant, efficace et parfaitement logique. Il a également ce son tout en douceur, du à l’utilisation du pouce pour “caresser” les cordes, tout comme son habitude de doubler les notes à l’octave de celle ci. Ce qui apporte cette richesse sonore incomparable et immédiatement reconnaissable. En parallèle du guitariste Montgomery, le pianiste Wynton Kelly parait sur un nuage. Ces deux là sont fait pour s’entendre, tous les deux maitres du groove et tous deux à l’aise dans les registres bluesy/churchy. Ainsi le pianiste  swingue, improvise mais toujours à son aise et toujours au service de son hôte.

Par la suite Wes Montgomery, signe chez Creed Taylor Inc. records. Ses albums basculent ainsi dans le smooth-jazz. Et si des traits de génie apparaissent toujours au gré des morceaux, ils sont ensevelis sous des tonnes de cordes et de cuivres. Montgomery décède en 1968 à 44 ans. Sa carrière aura duré neuf ans. Subsiste des albums comme celui ci qui prouve presque 60 ans plus tard qu’il illumina de sa grâce le ciel du jazz.

Pour Wynton Kelly c’est aussi une des dernières fois ou il brille aussi intensément. Puisqu’ensuite sa carrière s’étiole. Il tourne encore, mais de moins en moins souvent. Et il décède en 1971 à 39 ans.

Smokin’at the Half Note dans notre catalogue

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