Hommage

Richard H. Kirk c’était Cabaret Voltaire et mille autres projets

- temps de lecture approximatif de 3 minutes 3 min - Modifié le 05/10/2021 par La COGIP

Le musicien britannique à l'origine du groupe Cabaret Voltaire en 1973 est aussi en solo l'auteur d'une trentaine d'albums. Il nous quitte à 65 ans.

Richard H. Kirk
Richard H. Kirk

Né en 1956 à Sheffield, il confie s’être mis à la musique par ennui. Il a de toute évidence su transformer cet état en une matière sonore excitante, jusqu’à en faire une carrière exemplaire, riche et inspirante.

Il co-fonde avec Stephen Mallinder et Chris Watson le groupe Cabaret Voltaire (qui tire son nom du mythique café zurichois d’avant-garde, berceau du mouvement Dada).  De Sheffield, ville industrielle du nord de l’Angleterre et ses usines métallurgiques, va émerger une musique… Industrielle. Un hybride alors innovant que l’on appellera plus tard ‘indus‘ ou musique industrielle.

Ecoutons le bien nommé ‘the Dada man’, collage surréaliste aux sons abrasifs, qui ouvre « 1974-1976 », compilation de leurs premières productions :

Dans nos collections : Cabaret Voltaire : 1974-1976

Le label Rough Trade les accueille dès la fin des années 1970, sortant des albums à la noirceur incomparable, qui à l’instar des londoniens Throbbing Gristle ou des berlinois Einstürzende Neubauten contribueront grandement à dessiner le genre indus’.

Three Mantras (1980)

Red Mecca (1981)

2×45 (1982)

Ils prennent au début des années 1980 possession de l’attirail électronique, parfait allié de leurs expérimentations et leur formule mue vers de l’electro pop, voire de l’electro funk.

La compilation 7885 (réunissant des titres de 1978 à 1985) illustre bien cette évolution.

Avec « The crackdown » en 1983 (sur Virgin), le désormais duo (après le départ de Chris Watson) intègre le groove électronique et signe un disque qui fera date.

Cabaret Voltaire continue donc en duo, et prend à la fin des années 1980 un virage techno pop, EBM. Leur mélange est cependant toujours unique, et habillé d’obscurité.

L’album « Body and Soul » (1991) par exemple, est très influencé par la musique house et tech house de Chicago, et aussi par la scène électronique de Sheffield, en partie façonnée par un tout jeune label : Warp, dont nous célébrions les 20 ans il y a 12 ans (sortez la calculette).

Mais Richard H. Kirk, c’est aussi une carrière en dehors de Cabaret Voltaire, dans d’autres formations ou en solo, durant laquelle il va ouvrir plus de portes qu’un groom zélé. En témoignent ses très nombreux pseudonymes qui sont autant d’aventures musicales.

 

Notons pour faire court car vous n’avez pas que ça à faire :

Sa collaboration avec DJ Parrot pour Warp : le duo Sweet Exorcist

Le disque ‘Retroactivity’ regroupe notamment les maxis « Testone », « Clonk », « CCEP/CCCD »… (enregistrés en 1990 et 1991)

Richard Harold Kirk serait-il aussi un pionnier de l’électronica ? Réponse : Oui.

 

La série URP : Intone unreleased projects tente de compiler certaines pépites n’ayant jusqu’alors pas vu le jour :

URP, vol. 2 : Intone unreleased projects, 1995-1997 / Richard H. Kirk

URP, vol. 3 : Intone unreleased projects, 1996-1998 / Richard H. Kirk

Autres disques dans nos collections :

Johnny Yesno redux : Le coffret contient 2 DVD avec la version originale et remasterisée du court-métrage, et une version ‘Redux’ ré-imaginée par son réalisateur Peter Care. Les 2 CD contiennent les versions retravaillées et remixées par Richard H. Kirk de la bande originale composée par Cabaret Voltaire en 1983.

L’étonnant exercice de cut up et de déconstruction, avec Pat Riot :  Meets the truck bombers of suburbia uptown vol.1 (2004)

 

Il a relancé Cabaret Voltaire en 2009 (en solo cette fois), et a continué jusqu’au bout de produire. Le dernier album du projet sort en 2020

Cabaret Voltaire – Shadow of fear (2020)

Sa production pléthorique échappe malheureusement au tamis de nos sélections de discothécaires, vous trouverez trop peu de ses disques solo chez nous, mais nous vous invitions à parcourir en complément les plateformes que vous connaissez, pour en entendre plus, notamment les albums sous ses pseudonymes Sandoz et Electronic Eye, qui valent plus qu’une oreille.

Parcourez une sélection de 10 disques réalisée par The Vinyl Factory

 

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