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Lucio Battisti – Il nostro caro angelo (1973)

- temps de lecture approximatif de 2 minutes 2 min - Modifié le 01/07/2016 par FGrignoux

Lucio Battisti est mort il y a presque 20 ans mais il y a fort à parier qu'il est encore bien vivant dans le cœur du peuple italien tant son décès précoce pris alors des airs de deuil national.

Il faut dire que Lucio la « vedetta », en 25 ans de carrière et 22 albums, a hissé sans la dénaturer, l’idiomatique « chanson romantique italienne » au même rang que les meilleurs pop-songs anglo-saxonnes et est devenu par là même une idole tout autant populaire qu’une icône pour mélomanes avertis. C’est d’ailleurs par l’intermédiaire de superbes reprises et de quelques hérauts d’un rock pointu et référencé (Fabio Viscogliosi, The Married Monk) que s’est propagé le talent de Battisti de ce côté des Alpes.

Atteint d’une timidité quasi maladive et/ou peu enclin à goûter aux plaisirs du star system, Battisti décide après avoir rapidement connu le succès avec son deuxième album « Emozioni » (1970) de se retirer de la scène publique préférant s’enfermer en studio et ainsi livrer dès 1973 quelques chefs d’œuvres dont ce splendide « Il caro nostro angelo ».

Dès « La collina dei ciliegi », on comprend à quel genre d’auteur nous avons affaire.
Certes, la voix italienne (cqfd : gorgée d’émotion) est la première à se faire entendre mais elle se retient pour laisser la place à un art de la composition parfaitement maîtrisé ou les différents éléments sonores (chœurs, nappes synthétiques, guitare folk et harmonica) sont disséminés le long de ce morceau inaugural qui se veut d’un psychédélisme feutré mais d’envergure.

 

Lucio Battisti sait contenir dans ses morceaux l’air du temps. « Ma è un canto brasileiro » est ainsi un condensé de l’année 73 marqué de riffs et de claviers glam mais aussi de touches prog aventureuses. Clin d’œil discrètement esquissé à Bowie et au concitoyen Fabio Battiato.

A l’image de la pochette de l’album, une bande de troubadours post-beatniks qui semble nous défier de poursuivre le retour aux sources, Battisti convoque les musiques traditionnelles tout autant que les arrangements chatoyants pour nous conduire vers des territoires qu’on voudrait croire encore vierges.

La complexité de l’écriture musicale (une tension constante entre ballades folk et fulgurances baroques) de Battisti s’étend aussi au personnage. Refusant de jouer le rôle d’idole nationale, il chante les textes à double lecture de Mogol (connu pour ses points de vue politique très droitistes) et laisse la place au doute et à la poésie introspective de son parolier qui lui permet d’exprimer la palette de ses riches « emozioni ».

La mélancolie n’est subséquemment et évidemment jamais loin et le texte de la chanson-titre de l’album le confirme allègrement.
A écouter en boucle en cas de rupture amoureuse mais aussi dans des grands moments de bonheur ou encore face à la beauté d’un paysage luxuriant baigné de soleil…

https://youtu.be/me-AwL5Uu0A

 

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