A redécouvrir

Funky Little Demons / The Wolfgang Press (1995)

- temps de lecture approximatif de 2 minutes 2 min - par pj

Paru en janvier 1995, le dernier album du trio est de loin le plus confortable. Même si ce disque semble parfois hésitant, il recèle néanmoins çà et là l’intensité qui fait la force et le charme de ce groupe bien trop méconnu.

Comment découvrir et entrer dans la discographie d’un groupe ? Voilà le genre de disque avec lequel la question peut être posée. Car ce cinquième et dernier album de Wolfgang Press est aussi inoffensif que le premier était abrupt.

Ce groupe britannique est formé en 1983 par le trio Michael Allen (chant, basse, percussions), Mark Cox (claviers, percussions) et Andrew Gray (guitare, claviers, percussions).

Un premier album, austère et cacophonique, The Burden Of Mules, sort la même année. Une atmosphère frigorifique et désincarnée directement héritée du mythique Metal Box de PiL.

Dès les enregistrements suivants, la musique de The Wolfgang Press prend quelques couleurs et s’enrichit de complexités inédites et variées.

Entre 1984 et 1985 des morceaux sont notamment réalisées en collaboration avec Robin Guthrie et Elizabeth Frazer de Cocteau Twins.

Les albums Standing Up Straight en 1986 et Bird Wood Cage en 1988 sont les sommets véritables du trio.

        

Le premier pour sa complexité et sa noirceur inspirée, le second pour l’intensité de ses expérimentations et l’efficacité imparable de titres comme Shut That Door ou Kansas.

Exit le post punk difficile, dès le début des années 90 le son du groupe s’adoucit et le résultat de cette mue est audible sur Queer (1991). Sans oublier le mini succès du single A Girl Like You l’année suivante.

Bref, on arrondit les angles et sur Funky Little Demons ce sont les curieux alliages qui se déploient au long de ces douze titres qui parfois déroutent.

Comme Queer et ses samples, ce disque semble bien dans son époque. Au risque du lieu commun, les rythmiques sont feutrées, les chœurs soul – qui a dit trip-hop ?

Les choses se durcissent avec So Long Dead dont la rythmique martelée évoque quelques-uns des titres bien musclés des années octante. Ici ça gratte un peu. Executioner suit aussitôt de son chaud-froid électro. Chains et Christianity sont de la même veine.

Le disque souffre sans doute d’une production trop sage. A l’image de Blood Incantation dont l’énergie potentielle semble véritablement sous tranquillisant. On peut plus simplement considérer que les aspérités des années 80 sont ici définitivement absentes.

Pas de chant du cygne donc, juste un dernier disque poli avant liquidation. Le groupe n’existe pratiquement plus lorsque cet ultime effort parait.

Voir dans le catalogue

Partager cet article

Poster un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.