Courant musical

Fourth World music

- temps de lecture approximatif de 3 minutes 3 min - Modifié le 18/05/2022 par La COGIP

Conceptualisée par le trompettiste américain Jon Hassell au début des années 1980, la Fourth World Music est une musique hybride : "un son réunissant les approches primitives et futuristes, et combinant des éléments ethniques de musiques du monde avec des techniques électroniques novatrices." Au-delà des frontières, on trouve le quatrième monde.  Ah d'accord. Mais qu'a-t-il fumé ?

Flash of the spirit
Flash of the spirit Jon Hassell / Farafina

Il s’agit en somme d’un cadavre exquis musical qui au-delà des frontières et des schémas pré-établis ferait dialoguer le traditionnel et le moderne, l’existant et l’imaginaire, le lointain et l’intime… Un programme très flou mais poétique et inspirant, et surtout en phase avec le monde musical d’alors. La fusion des musiques traditionnelles (ethniques) du monde et des musiques populaires occidentales font naître au début des années 80 la ‘world music’ (comme concept commercial), dont la Fourth World Music serait le pendant expérimental.

 

Ça a beau être flou, on a compris n’est-ce pas ? Qu’il n’y a rien à comprendre, que c ‘est un appel à la poésie, à l’invention, un manifeste musical comme on n’en fait plus.

Dès lors il est aisé de faire entrer du monde dans ce grand panier transversal. En voici quelques exemples dans nos collections, entre musique ambient, collages improbables, nappes de synthétiseur, clochettes ésotériques, délires psyché-folk.

 

Jon Hassell & Brian Eno – Charm (over Burundi cloud) / extrait de Fourth World vol. 1 : Possible Musics (1980)

 


 

Les héros du krautrock et du rock planant avaient déjà amorcé le travail dans les années 1970. Certes c’est antérieur au terme ‘Fourth World Music”, mais ce dernier transcende l’espace ET le temps donc ça passe :

 

Le facétieux bassiste de Can : Holger Czukay

Son travail de sampling sur l’album ‘Movies’ sorti en 1979 est remarquable : pas d’ordinateur pour assembler les milliers d’extraits sonores qu’il a collectés avec son dictaphone IBM. Un découpage et collage minutieux de bandes magnétiques, pour un résultat à la hauteur de son génie musical.

Persian love et ses entrecroisements de chant et voix iraniennes enregistrées à la radio, inspirant un subtil accompagnement guitare et percussions.

 

Ambiance mystique chez Popol Vuh.

Popol Vuh – Aguirre II (1975)

 


 

La collaboration de Holger Czukay et Conny Plank en studio va inspirer Brian Eno, toujours dans les bons plans, pour son mythique album My life in the bush of ghosts, qu’il co-signe avec David Byrne en 1981.

Brian Eno & David Byrne – Qu’ran (1981)

 


 

Mais aussi (et précédemment dans l’influx) :

Haruomi Hosono – Cochin moon (1978)

Jon Hassell – Dream theory in Malaya : Fourth World Volume 2 (1981)

Midori Takada – Through the looking glass (1983)

Sarah Davachi – Antiphonals (2021)

Ou encore, pourquoi pas :

Ernest Hood et son trip au coin de la rue à base de synthétiseur et de samples du voisinage.

Ernest Hood – Night games / extrait de Neighorhoods (1975)

 

David Toop – Mondo black chamber (albums de 2000 et 2003)

David Toop, également auteur de l’essai “ocean of sound : ambient music, mondes imaginaires et voix de l’éther

 


 

Comme en témoignent ces quelques liens, chacun a son interprétation de ce riche fourre-tout qu’est la Fourth World Music.

Une liste sur Rate Your Music

Une liste sur Sens Critique

Une playlist Spotify (créée par ‘The Sound of Spotify’)

 

Si vous lisez l’anglais et que vous avez pris votre élan, voici deux articles très intéressants  :

Building a musical Fourth World (Wired, 1997)

Fourth World in the 21st century (Resident Advisor, 2017)

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