Denim / Back In Denim (1992)

- temps de lecture approximatif de 2 minutes 2 min - Modifié le 01/10/2020 par pj

Parfois oublié toujours ignoré. Lawrence Hayward dont le seul prénom fut jadis synonyme d'orfèvrerie pop, quand Felt faisait la pluie et que les beaux jours étaient ceux des lumières embrumées du centre de l'Angleterre.

Birmingham, spleen et idéal. Quand aucune griserie n’égale les plaisirs mélancoliques, ce nihilisme de brocart accompagne alors les réclusions intimistes de fans énamourés. Une gravité subtile et un parlé-chanté délicat, entrelacé aux arpèges des guitares de Maurice Deebank, le tout en volutes inégalables. Dix albums en dix ans.

Puis Lawrence, excentrique parmi les excentriques, se présente sous un nouveau jour avec ce premier album de Denim. Richement produit par le groupe et John Leckie, Back In Denim est très largement teinté de glam rock parfois plus vrai que nature, à l’image de Middle Of The road que le label Cherry Red n’hésitera d’ailleurs pas à inclure dans une compilation de rock 70’s et dont le riff introductif et principal est celui du Roadrunner de Jonathan Richman (Modern Lovers) ; plus loin dans la chanson, le refrain de Chirpy Chirpy Cheep Cheep (unique tube de Lally Stott et du groupe Middle Of The Road) est repris en chorus.

Au centre de l’album The Osmonds renforce encore cette revisite décalée des poncifs de la musique pop. L’ensemble est désabusé et les chansons raillent tout autant la brit-pop, les classiques du blues et du rock, que le présupposé bon goût. Alors que l’intro de la chanson titre soit celle de We Will Rock You ne surprend guère. Le disque se termine sur une veine davantage sarcastique avec l’hymne I’m Against The Eighties – mais les chansons de Lawrence ne sont-elles pas toutes des hymnes ?

Cet album sera suivi de Denim On Ice en 1996 et d’une compilation de faces b et titres rares en 1997 sous le titre Novelty Rock.

Et puis, l’anecdote est malheureuse, un single intitulé Summer Smash (fracas d’été) parait en août 1997, une dizaine de jour avant la mort accidentelle de la princesse Diana – EMI retire aussitôt le disque de la vente. Fin du deuxième acte.

Narcisse détaché et Phénix modeste, Lawrence retrouve de nouvelles ironies à fourbir dès la fin des années 90 avec son projet suivant Go-Kart Mozart, qui semble placé sous le haut patronage satirique des Monty Python. Une distanciation assimilable à ce que les anglo-saxons marquent de l’étiquette « Novelty », genre et notion intraduisibles frappés d’humour et d’irrévérence. Progression ironique puissance 10 donc avec Go-Kart Mozart (nom puisé dans Blinded by the Light, première chanson du premier album de Bruce Springsteen) et trois albums enregistrés entre 2000 et 2012, Instant Wigwam And Igloo Mixture, Tearing Up The Album Chart et On The Hot Dog Streets. Une hilarante collection de chansons bubblegum, règne synthétique du cheap et du kitsch.


lawrence

Trois univers, un artiste… Idiosyncratique et culte.

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