A redécouvrir

Concerto en La majeur / Bernhard J. Hagen – Concertos pour luth

- temps de lecture approximatif de 1 minutes 1 min - Modifié le 05/06/2020 par Département Musique

Le caractère polyphonique du luth, sa taille et ses sonorités délicates en ont fait au XVIè siècle, avec l'apparition de la notation en tablature, l'instrument favori de l'aristocratie italienne. Il devient le transpositeur et soutien idéal du répertoire vocal, et plus tard un élément du continuo baroque.

 

Puis, au début du XVIIè, c’est en Angleterre et en France que le luth connaît une grande fortune. On pense aux songs de Dowland, aux airs de Boesset… Il s’impose également comme instrument soliste, -avec un peu plus tard la viole de gambe- dans un genre de cour raffiné et méditatif, avant d’être supplanté par le clavecin..

Le registre intimiste et les timbres du luth semblent (en dehors du répertoire soliste) devoir confiner l’instrument à un rôle ornemental ou d’accompagnement. Mais cet usage semble s’épuiser vers la fin du XVIIè siècle .

Ce sont alors les compositeurs germaniques qui s’emparent de l’instrument. Ils l’intègrent alors au concerto de chambre, à l’aube de l’âge classique. C’est cette page particulière et méconnue du répertoire pour luth que ce bel enregistrement convie à redécouvrir.

Composées entre 1740 et 1764, ces pièces témoignent d’un dernier âge d’or du luth. L’instrument est ici exploité dans toute l’étendue de ses capacités mélodiques, harmoniques et rythmiques. Ces concertos sont écrits pour 3 à 5 instruments (luth et cordes frottées). Un effectif réduit afin de ne pas noyer les sonorités du luth. Pourtant ce sont bien des concertos en 3 mouvements où passages solistes, dialogues et tutti alternent, dans un style galant plein de sensibilité.

On y trouve notamment le Concerto de Bernhard Joachim Hagen, d’une étonnante souplesse mélodique. Une pièce pleine de grâce et d’émotion, au ton confident et chantant à la fois. Assurément la pièce la plus singulière et touchante du programme.

L’occasion aussi de découvrir Carl Kohaut, auteur d’une dizaine de concertos pour luth. Leur style viennois mâtiné d’italianismes apparentent son art à celui du divertimento. L’occasion encore de goûter l’injustement méconnu Johann Fasch.

Ami de Telemann, musicien apprécié de Jean-Sébastien Bach, Fasch fut un anticipateur –dans ses œuvres tardives- du style classique. Son concerto pour luth dénote ici une sensibilité « vivaldienne » pleine de charme. Une page qui n’est pas sans évoquer les (un peu plus plus célèbres) concertos pour mandoline du maître italien .

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