1984 is watching you

- temps de lecture approximatif de 4 minutes 4 min - Modifié le 01/09/2017 par AudreyB

La présidence de Donald Trump ne cesse d'apporter son lot de surprises et de questions ; ainsi sa porte-parole a-t-elle lors d'une intervention télévisée, osé utiliser les termes de « faits alternatifs » pour se justifier face à un journaliste de NBC News. Les américains se sont alors rués dans les librairies pour (re)lire deux grandes dystopies du XXème siècle : "La Servante écarlate" de Margaret Atwood et "1984" de George Orwell (où apparaît pour la première fois la notion de "faits alternatifs"). Sautant sur l'occasion, nous vous proposons une sélection de titres inspirés de ce monument de la littérature de science-fiction anglo-saxonne.

 

La Servante écarlate, Margaret Atwood, 1985.

Aux Etats-Unis, la fertilité est devenue rarissime. La république théocratique de Gilead a pris le pouvoir dans le Nord-Est du pays. Defred y est une “Servante” dont la seule fonction est la reproduction. Elle appartient à Fred Waterford, commandeur et homme de pouvoir de la République de Gilead. Serena Joy, l’épouse de ce dernier, se plie également au système des castes mis en place : elle est la maîtresse de maison et gère ses employés dont les “Marthas”, les domestiques. Le seul moyen pour Defred, ou de son vrai prénom June, de survivre et de parvenir à oublier sa condition est de se raccrocher aux souvenirs de sa famille…

Dans ce texte plus actuel que jamais, Margaret Atwood dépeint un futur noir où la femme est traitée comme un objet et un être inférieur. Pour ceux qui veulent compléter ou étendre leur lecture : la série créée par Bruce Miller est une adaptation fidèle visuellement et scénaristiquement qui permet de prouver une nouvelle fois l’intemporalité de ce roman culte.

 

V pour Vendetta, Alan Moore : scénario, David Lloyd: dessins, 1982-1990.

Si vous connaissiez le film des Wachowski, revenez aux sources avec la bande-dessinée ! En 1997, dans une Angleterre fasciste où la surveillance des individus est totale, émerge V, un justicier masqué et anonyme qui s’inspire du terroriste catholique Guy Fawkes. V est le symbole de la liberté contre l’oppression du système politique en place qu’il combat sans relâche. Œuvre culte et mythique d’Alan Moore et David Lloyd, V pour Vendetta s’inscrit dans la lignée des grand comics qui invitent le lecteur à réfléchir et se questionner sur les gouvernements qui renient les libertés individuelles.

 

La Zone du dehors, Alain Damasio, 1999.

En 2084 à Cerclon, une station située près des anneaux de Saturne, le totalitarisme que décrivait Orwell dans 1984 est devenue la social-démocratie : les individus sont oppressés, plus aucune forme de révolte n’est possible ou pensable. Pourtant, la Volte, une faction de révoltés ne menant aucune action contre le gouvernement commence à prendre position contre le système politique.

Entre références ultime à 1984 (la date 2084 en atteste) mais aussi aux philosophes Nietzsche, Derrida, Foucault…, ce roman d’anticipation français se place dans la lignée de l’influence d’Orwell sur la littérature, tout en y ajoutant son lot de poésie et réflexion sur la condition humaine.

 

Ceux qui sauront, Pierre Bordage, 2008.

La Révolution française n’aura pas lieu.

La révolution française n’a pas eu lieu : seuls les aristocrates ont accès à l’éducation, le reste du peuple est maintenu dans une ignorance latente. Jean est fils d’ouvrier. Suite à une descente de Police lors d’un cours d’école clandestin, il devient hors-la-loi. De l’autre côté de la barrière, se trouve Clara, une jeune fille de bonne famille qui étouffe dans le monde superficiel dans lequel elle évolue. La rencontre de ces deux adolescents que tout oppose est peut-être le début de la révolution…

Entre science-fiction uchronique et réflexion sur un problème de société, Bordage esquisse un roman intriguant dont le propos saura résonner en chacun de nous.

 

2084, Boualem Sansal, 2015.

L’histoire prend place en Abistan, l’empire unique de la Terre où la religion est fondamentale, prédominante et exerce un contrôle total sur la vie (même la plus intime) de ses habitants. Ati, le personnage principal se pose malgré tout des questions et se lance dans un quête de sens qui va le mener jusque dans ses propres limites mais aussi celles du système dans lequel il vit.

Dans cet ouvrage touffu et aux multiples références, Boualem Sansal s’inspire de l’Islam afin de créer un système totalitaire mais aussi du roman 1984 d’Orwell.

 

Shangri-La, Mathieu Bablet, 2016. (bande-dessinée)

Voilà plusieurs centaines d’années que les hommes ont quitté la terre et habitent la station spatiale de la Thianzu Entreprises. De la nourriture au travail en passant par le divertissement et le logement, la multinationale fournit et contrôle tout. Pourtant la révolution se met en marche lorsque Virgile, un employé accompagné de John un animoïde chien fait de troublantes découvertes sur Thianzu…

D’un graphisme minutieux et fascinant, Mathieu Bablet revisite et s’approprie pleinement le genre du space-opera. Il y mêle des débats de société actuels avec ceux qui traversent la science-fiction depuis plus de cent ans : racisme, grégarisme, transhumanisme, enfermement, surveillance et contrôle des individus, superconsommation, ultralibéralisme etc. L’influence d’Orwell n’est jamais très loin…

 

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