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Nager vers la Norvège

Jérôme Leroy

Plus connu pour son travail de romancier, Jérôme Leroy n’est pourtant pas à son premier essai en poésie, une forme d’écriture qui lui sied à merveille et dont résulte ‘Nager vers la Norvège’.

Un recueil savoureux, par sa langue comme par bon nombre d’images qui y sont présentées, dressant de petits ‘portraits d’une vie’ à la fois intimes et universels.

Dans « Chambre 106 », un homme pense à une femme –« une absence tiède »- dans un hôtel deux étoiles, quelque part en province :

« Il faudrait monter de catégorie
ou t’oublier
mais dans les deux cas je n’ai pas les moyens
et je ne souhaite pas les avoir
à vrai dire. »

Dénuée de ponctuation, la langue de Jérôme Leroy brille pourtant par sa simplicité qui pourtant soulève tant de sentiments complexes, entre mélancolie, révolte, résignation, amour et désir, et tous les autres sentiments au milieu, ces zones grises qui se tracent entre le bonheur pur et le désarroi profond.

Nager vers la Norvège, c’est aussi une ode à la France et ses petits villages, au voyage (pas pour son point de chute mais pour le trajet en lui-même), aux femmes de tous âges, et inévitablement, au temps qui passe et aux souvenirs, aux fantômes, qu’on garde ancrés quelque part dans le cœur, la mémoire consciente comme celle inconsciente.

De très beaux poèmes en somme, qui pourraient faire penser à un air d’Alain Souchon où la nostalgie pourtant acerbe se transforme en une sorte de joie contagieuse qu’on aimerait pouvoir chantonner du bout des lèvres.

Voir dans le catalogue de la BML

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