Livre d'artiste /Tirage de tête

Claire Fontaine, vivre et vaincre

Veni, (vidi), vici

- temps de lecture approximatif de 3 minutes 3 min - par Dalli

Eaux vives, en campagne, militante de l’intranquillité et des provocations utiles …ARTIVISTE. L’artiste est adepte de la mixité culturelle, de la dualité cérébral et manuel, des partages spatiaux comme identitaires. Claire Fontaine convoque tous les supports et engage une révolte en quête de victoires pas exclusivement artistiques.

Claire Fontaine, Vivre et vaincre
Claire Fontaine, Vivre et vaincre © Luc Paris « Courtesy Éditions Dilecta »

« Chacun de nous était plusieurs, ça faisait déjà beaucoup de monde » Deleuze et Guattari Mille plateaux

Elle, c’est Claire comme « l’eau si claire dans laquelle…nous nous sommes baignés » de la chanson en laisse et Fontaine, un patronyme duchampien, choc visuel et intellectuel du seïsme « ready made » éponyme qui fessa l’art en 1917.

Claire Fontaine, 16 ans (2004- ….) féministe abreuvée aux sources des années 1960-1970, boulimique cédant à l’ivresse des références, du Minimalisme, de l’art néo conceptuel, du Situationnisme, de l’Appropriationnisme

Claire Fontaine (Fulvia Carnevale et James Thornhill) affectionne les idylles au sens premier, les petites formes ou idées.

Clairefontaine «  à la verseuse d’eau »  c’est aussi l’imagerie populaire de la papeterie (Charles Nusse 1950) et une histoire puisée dans la Genèse.

Claire Fontaine,  incarné et image

Vidi

©Claire Fontaine, Vivre et vaincre, éditions Dilecta 2009

« En m’allant promener… » sur Google, le livre d’artiste VIVRE ET VAINCRE surgit entre pléthores de « vivre et vaincre » (après le cancer) comme un rappel à la survie, empreint de césaritude.

Le presse papier qui  enchatonne une jeune femme en maillot de bain, dilettante de bords de mer et arme en bandoulière fige la parfaite ironie de nos systèmes !

« une histoire constamment interrompue et violemment mutilée de révoltes et de résistances » dixit l’artiste

Claire use le sens à l’épreuve des formes, interroge les seuils, les repères, les butinages, les rouages. Elle dézingue poncifs, discours périphériques, critiques mornes et transposables, données absconses, fragmentaires, la prose sans auteur, le profil vendeur des quatrièmes de 50 couvertures aléatoires ou choisies reformulées ici dans une novlangue.

Elle scénarise les règles de l’édition, de l’organisation textuelle jusqu’à la perte possible de SENS ou la réinvention d’un autre, fruit des redécoupages et collages textuels. C’est le monde du composite, l’amalgamé, l’agglomérat, la mosaïque, la parataxe, le péritexte. L’artiste agrège les questions pour dire ce qui « fait art », désagrège des constantes: la propriété, l’esthétique, la singularité… qui font œuvre.

Sur les pas de Foucault , elle investit les phénomènes sociaux usant de l’aléatoire et de l’absurde pour entretenir l’irrésolu !

Tirage de tête ( livre d’artiste et presse papier) consultable sur rendez-vous à la BML

Synapses :

Editions Dilecta

Dior

 

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