A redécouvrir

Cinéma pour l’oreille (1992-….)

- temps de lecture approximatif de 2 minutes 2 min - Modifié le 07/12/2019 par GLITCH

Musique concrète, musique acousmatique, musique électroacoustique, art des sons fixés… la question de la définition de cette musique sans partition ni instruments tend finalement à occulter l'expérience de l'écoute et les mondes inouïs que fabriquent les sculpteurs de sons.

La collection Cinéma pour l’oreille fut éditée par le précieux label et distributeur Metamkine pendant les années 90. Elle propose en 19 mini-cd (1 auteur/1 oeuvre) un panorama passionnant de l’esthétique concrète (puisque c’est le terme retenu pour la série), de la carte postale sonore à l’abstraction électronique. Les collages de pionnier de Walter Rutmann voisinent avec le minimalisme neigeux de Bernhard Günter, les échos-souvenirs de Jean-Marc Duchenne ou le murmure organique d’Eliane Radigue. A chaque fois c’est un paysage qui se dessine, une stimulation imagée. Chaque pièce raconte quelque chose ou peint un décor, une chimère réaliste dans laquelle l’oreille peut se faire tout un cinéma. L’imagination du musicien-réalisateur appelle celle de l’auditeur. Le mélange de sons « réels » et de sons « fabriqués » tisse une trame où le monde se déforme et se recompose en poésie.

Cinéma pour l’oreille prend le parti de faire entendre que ce qui distingue cette nébuleuse « concrète », ce n’est finalement pas l’emploi d’outils (bandes magnétiques et ciseaux, samplers et souris, consoles et haut-parleurs), mais la possibilité de faire naître un véritable théâtre des sons.

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