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Wayfaring Strangers : Cosmic American Music

Entre racines country et sonorités sobrement psychédéliques, le label Numero Group nous présente une série de morceaux de "beautiful loosers" made in USA. Soit 19 titres d'illustres inconnus (ou presque), troubadours et héritiers d'une country des bas cotés mais contemporains des Byrds et du Grateful Dead.

Ces musiciens, qui pour la plupart n’ont sorti qu’un seul disque, ont avalé la pilule du flower power pour nous donner à écouter des perles rares dépolies à coup de pedal steel et de chœurs aériens.

A l’instar du label Light in Attic avec ses compilations Country Funk, Numero Group tente une réhabilitation de la country, genre laissé à la merci de gros labels et de productions charriant avec eux, des clichés encore plus énormes (à savoir les valeurs du cowboy réactionnaire).

Comme d’autres figures de proue (Johnny Cash en tête, Bob Dylan période The Band pas très loin derrière), Gram Parsons compositeur et chanteur mystique semble avoir deviné les potentialités de cette musique de laissés pour compte, lui qui nomma ce country rock : « cosmic american music ». Soit une musique de « hobos » déchirés entre la contemplation des champs de blé au soleil couchant et l’appel de San Francisco et de ces atours hallucinogènes et pailletés.

Il y a donc entre country pure et dure et country « mainstream », cette brèche « country rock » assez profonde et large qui contient déjà ce que sera le soft rock puis l’Americana au début des années 80.
Ce genre hybride permet ainsi de sublimer les violons et les banjos de ce qui est avant tout une musique populaire, tout en intégrant des éléments novateurs de la pop psyché naissante (le piano rythm n’blues de « To see her smile ») et de la soul (le groove de la basse sur « Lonely Entertainer »).

Prenant comme pierre angulaire le « Sweetheart of the rodeo » (1968) de The Byrds, le disque couvre une période assez longue (de 1969 à 1980) et pourtant le temps semble quelque peu suspendu dans ces morceaux souvent vaporeux et alanguis (le formidable « and I didn’t want you » de Mistress Mary).

A l’image de l’indispensable steel guitar plongeant son auditeur dans un état de flottement mélancolique, ces « wayfairing strangers » semblent témoigner avec une pointe d’amertume de cette Amérique des années 70 qui laisse filer son âge d’or et oublie ses enfants au Vietnam ou dans ses campagnes.

 

Voir dans le catalogue de la BML

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