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Blanche Neige ou la chute du mur de Berlin

Ciné-roman

Samuel Hercule et Méthilde Weyergans

Ne nous y trompons pas ce ciné-roman est une pièce de théâtre. Il a vocation à être joué. La Compagnie la Cordonnerie, réécrit ici le conte de Blanche Neige et se sert du support du roman-photo pour nous faire revivre la chute du mur de Berlin. Le propos intéressera davantage les adolescents et les adultes que les enfants.

Dans une cité dortoir, Elisabeth, 40 ans, hôtesse de l’air, s’occupe de Blanche, une jeune fille de 15 ans. Blanche a perdu sa mère à la naissance, et son père a pris la poudre d’escampette, lorsqu’elle avait six ans. Voilà deux femmes seules, entre lesquelles petit à petit un mur invisible se construit. Nous sommes en 1989, peu de temps avant la chute du mur de Berlin.

Vous allez vous immerger dans la version de Blanche Neige du point de vue intime, de l’affreuse et méchante sorcière ! Vous n’en sortirez certainement pas indemne, peut-être même un peu transformé.

Le filtrage des photographies, les gros plans sur des objets vieillots, et les personnages souvent seuls dans le cadre, rendent compte d’un isolement. Cette composition produit aussi un fondu enchaîné avec les images d’archives, et tresse ainsi le récit historique au récit du conte.

L’esthétique du kitsch, omniprésente dans ce ciné-roman, apporte une touche d’humour. Le choix du roman photo comme support produit un décalage et une détente. Il est comme un clin d’œil des auteurs au lecteur.
Le kitsch se révèle aussi dans la trivialité de certaines situations. Il met en évidence la maladresse des personnages. Il nous invite à sortir des clichés et des stéréotypes.

La composition de ce ciné-roman,  nous amène à regarder au delà des apparences, à nous confronter à ce qui nous faisait peur. C’est une main tendue pour passer de l’autre côté du miroir, pour faire tomber les murs qui nous trompent et nous séparent. Cela afin de saisir peut-être la tendresse du monde…

Extrait

« C’est moi la méchante ! La jalouse obsédée par sa beauté, la quadra qui refuse de se voir vieillir, la timbrée qui parle à son miroir… Vous savez, l’ex-plus belle du royaume qui a perdu sa couronne, la cruelle qui paye un chasseur pour tuer sa pauvre belle-fille, douce et innocente

Une vraie petite fée du logis. Si pure, si naïve, si… bête

C’est moi la méchante ! Un cauchemar de belle-mère qui empoisonne des pommes. La salope qui cherche au plus profond des bois la maison des sept nains, une vieille sorcière qui se transforme et parle à son corbeau.

La méchante, c’est moi ! Je m’appelle Elisabeth, j’ai quarante-deux ans. Mon rôle dans cette histoire, c’est celui de la méchante qui, à la fin, meurt le cœur brisé ou perd la tête, ça dépend des versions.

Mais tout ce qu’on vous a raconté est faux, et j’en connais une qui n’est pas blanche comme neige. Personne ne m’a jamais demandé ma version des faits, mais aujourd’hui, je vais vous la donner. »

 

 

Voir dans le catalogue de la BML

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