La surf music en 3 vagues

- temps de lecture approximatif de 22 minutes 22 min - Modifié le 10/08/2016 par Bibliothèque Jean Macé

Attention, une invasion surf est prévue le 24 octobre à Lyon ! Non les Beach Boys ne débarquent pas à Lyon et vous n'avez nul besoin de maillot ou de planche : la seule nécessité sera de vous rendre à ce festival de surf music dont c'est la troisième édition. C'est l'occasion de revenir sur ce genre musical, toujours d'actualité et encore porté par sa troisième vague depuis plus de vingt ans !

pixabay
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La première vague

La deuxième vague : 1979 – 1983

La troisième vague : 1993 – ???

 

1 – La première vague

Les origines

La surf music est apparue en Californie : elle est fille de cette culture hédoniste du surf, de la plage et du soleil et est aussi la première forme de rock propre à la West Coast.

Emergeant progressivement à la fin des années 50 sur les plages de la côte, le surf rock avait avant tout pour but de faire danser : le « surfer stomp », danse au déhanché proche du twist teinté de prémices de pogo.
L’on attribue fréquemment la naissance de la surfer stomp à un lieu et un musicien en particulier, à savoir les concerts de Dick Dale au Rendezvous Ballroom de Newport Beach,
dont une archive vidéo est à voir ici, et le premier disque de musique surf à « Let’s Go Trippin’ » de Dick Dale sorti en 1961.
Mais le surf rock n’a pas surgi de nulle part : il fait suite à l’âge d’or du rock instrumental, période allant de 1957 à 1959.
Cette forme de rock a ainsi balisé le terrain et propose une transition instrumentale entre le rythme & blues, les pionniers du rock ‘n’ roll et la musique surf.

Genre dont voici 2 représentants majeurs :

Duane Eddy

Né en 1938, Duane Eddy est originaire d’Arizona, il se fait remarquer en tant que guitariste pour son jeu et sa customisation de Gibson Les Paul à laquelle il ajoute un vibrato -modèle qui n’en possède pas en temps normal, il associe ainsi un son vibrant à sa guitare au son plutôt classique d’une guitare utilisée surtout dans le jazz (voir wikipedia sur M. Les Paul).


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A la fin des années 50, Duane Eddy vient s’installer en Californie à la demande de son ami Lee Hazelwood, guitariste et producteur qui souhaite l’enregistrer. « Moovin’ Groovin’ » est enregistré en 1957 et pose ainsi l’une des bases de la surf music.
Ce que doit la musique surf (mais également la country et le rock en général) à Duane Eddy c’est surtout un son de guitare, un son teinté de vibrato et d’écho, un son nasillard et sec obtenu à la fois grâce à sa guitare et à son jeu. C’est le son « twangy ». Duane deviendra par la suite Mr Twang et son premier album est intitulé « Have twangy Guitar-Will Travel ».
Le son twang sera souvent associé par la suite au son des Telecaster (et leur micro à simple bobinage), guitares chères à la surf music.

 

Link Wray
D’origine indienne et né en 1929 en Caroline du Nord, Link Wray est un guitariste qui eut un grand et pérenne impact dans la musique rock, particulièrement en ce qui concerne le son de guitare amplifiée.


Son morceau « Rumble » (disque d’or en 1958) est à ce titre une pierre angulaire de l’histoire du rock.
Link associe une structure en onze mesures et demie à l’utilisation de power chords (accords simples et efficaces très utilisés dans le rock par la suite, plus de détails ici) à un son recherché : larsen et fuzz obtenus sur scène en installant un micro devant l’ampli (inédit à l’époque) et obtenus à l’enregistrement en perçant le haut parleur de l’ampli (inédit aussi).

A l’époque, « Rumble » rencontre un certain succès, aux Etats-Unis et au Royaume Uni, un succès suffisant pour faire découvrir à toute une génération de rockers ses innovations.
Au cour des décennies suivantes, Link Wray ne cessera d’être reconnu par ses pairs et adulés par de nombreux guitaristes (on cite souvent Pete Townsend des Who qui le qualifie de roi sans qui il n’aurait jamais appris à faire de la guitare, mais on pourrait citer aussi Jeff Beck et Jimmy Page comme il nous l’explique dans cette vidéo).

La 1ère vague et ses tubes : 1961-1964

 

La première vague surf arrive ainsi, à la suite de ses grands rocks instrumentaux, à la fin de l’année 1959 et début 60, de plage en plage, le long de la côte californienne, le mouvement s’intensifie progressivement et devient vite un genre très populaire. En un court laps de temps, une multitude de groupes se créent, et, à l’instar du punk 15 ans plus tard, avec pour injonction : si tu as envie, prends ta guitare et viens faire de la surf music.

A titre d’exemple, quelques uns des nombreux groupes apparus à l’époque à écouter ici sur ce podcast ou sur cette compilation à la bibliothèque.  Mais bien que la surf music soit née sur les plages californiennes, elle se propage rapidement à tous le pays, à l’international et également à d’autres arts.

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Ce qui va accélérer la diffusion du mouvement est un livre de Frederick Kohner « Gidget ». Cet écrivain s’inspire des histoires que sa fille Kathy avait pour habitude de lui raconter sur le milieu surf qu’elle fréquentait assidûment. Le livre triomphe et devient un film, puis 2 et 3, de 1959 à 1963.

S’en suivent d’autres films sur la même thématique produits à petits budgets par le studio indépendant American International Pictures : Beach Party, avec Frankie Avalon et Annette Funicello, donne un nom au sous-genre cinématographique.

Une dizaine de ces films ont été produits et ont connu un vif succès. Les bandes sons étaient en majeure partie les tubes surfs du moment, les scènes de concert servant même parfois d’équivalent de showcase aux groupes.

Extrait d’une scène avec les Pyramids dans le film Bikini Beach :

Mais malgré un fort engouement, le mouvement surf au final ne dure que 2/3 années : il démarre vraiment en 1962 jusque 1964 (dixit Jesse Sanders des Tornadoes dans cette interview)

Ce qui met fin à la première vague est d’une part une évolution marketing : quelques uns produisent des tubes très rapidement récupérés par l’industrie du disque, qui y verra une aubaine et poussera le genre à se vocaliser afin de toucher un plus large public. Il semble important de préciser ici qu’à cette époque les premiers musiciens surfs pressaient souvent eux-mêmes leurs disques, les vendaient peu chers voire les donnaient.
D’autre part, une évolution musicale : certains s’en inspirent et intègrent des harmonies vocales, souvent empruntés au doo-wop (genre de rhythm and blues essentiellement vocal, souvent sous forme de quatuor et influencé par le gospel) et des arrangements plus complexes comme les très célèbres Beach Boys.

La première vague se termine donc ici en 1964, emportée avec l’apparition de la surf pop vocale des Beach Boys et expulsée des hits parades par la british invasion : aux États-Unis, l’album “Please Please me” des Beatles sorti en janvier 1964 sous le titre “Introducing… The Beatles” rencontre immédiatement un énorme succès.

Éléments de définition

Néanmoins ces quelques années auront été suffisantes pour poser les bases du genre pour les décennies à venir. Elle sera définie de manière très stricte par Robert J Dalley (Surfin’ guitars : Instrumental surf bands of the sixties, Popular culture ink, 1988 in Le nouveau dictionnaire du rock, sous la direction de Michka Assayas, Robert Laffont – 2014.)

“1. Le morceau doit être cent pour cent instrumental.
2. La guitare solo doit passer par une boîte de réverbération et être aussi dégoulinante (d’écho) que possible.
3. Le groupe doit être composé de : guitare solo, une ou deux guitares rythmiques, basse, saxophone, voire claviers (piano électrique ou orgue à transistor) ; et batterie.
4. La musique doit être crue, brutale et énergique.
5. Chaque fois que vous passez le disque en question, il doit donner la chair de poule à votre planche de surf.”

 

 

Afficher l'image d'origine

 

Pour être plus précis encore, ce qui caractérise la surf musique de cette première vague :

– Le son :
La surf music est avant tout une musique de guitare, et de guitare à réverbération, c’est d’ailleurs bien souvent le son de guitare qui permet d’identifier la musique comme étant surf.

Ce son est défini comme « twangy » (cf Duane Eddy ci-dessus) ou « wet » : un son mouillé, dégoulinant, aquatique, une texture obtenue grâce à la réverbération, effet de l’amplificateur, associé au vibrato joué sur la guitare : le but étant de rappeler à l’oreille le son de la vague, à la fois le va et vient de l’eau et son ondulation.

– Le matériel :
Le matériel est une donnée importante pour obtenir le son typique de la surf.
Guitares et basses se jouent la plupart du temps sur ampli Fender : l’histoire raconte que Dick Dale a demandé à Leo Fender de lui fabriquer un ampli supportant la puissance voulue pour jouer. Un prototype de Fender Showman, fut ainsi créé (premiers amplis de 100 watt), ampli auquel on ajouta également une chambre de réverbération afin de valoriser les vibratos du jeu de Dick Dale.


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              En photo : l’ampli Fender Showman de Dick Dale (1965) conservé au Musical Instrument Museum de Phoenix.

 

Les guitares utilisées dans la surf music sont le plus souvent des modèles de chez Fender (Stratocaster, Jazzmaster, Jaguar) mais on trouve également des Danelectro et Gretsch.

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Quelques modèles de guitares Fender

 

Les saxophones sont ténor ou baryton et la contrebasse est laissée de côté, la basse (même marques que pour les guitares) s’est aussi électrifiée et c’est un des premiers genres à le faire.

La batterie est minimale : peu de cymbales et peu de charleston, un tom basse et un petit tom, le jeu est très axé sur le jeu de caisse claire.

Exemple de jeu de batterie surf (ampli fender en fond de scène) avec Wipe Out joué par the Ventures

C’est aussi parce qu’à l’époque on trouvait une certaine esthétique de pochette et de visuels qu’on peut déterminer aussi facilement les instruments utilisées :


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surfaris


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(Dans l’ordre : The Rumblers, The Surfaris, The Tornadoes, The Chantays)

– Les chansons :
Les chansons sont courtes (2 minutes en moyenne), rapides aux mélodies rayonnantes et simples, sur des rythmes binaires (le plus souvent en 4/4).

Elles sont instrumentales et de tempo medium et rapides (la surf doit faire danser !) c’est-à-dire 120/180 bpm (= battement par minute) pour medium et plus de 180 bpm pour le rapide.

Dans les versions enregistrées il n’est pas rare non plus d’entendre des bruits de vague en introduction du morceau ou sur les ponts.

Enfin, petit intermède de solfège, les types d’accords et les gammes utilisées dans la surf music sont à la fois classiques, des gammes pentatoniques majeures et à la fois teintées de musiques du monde : il n’est pas rare de trouver le mode phrygien dominant.
C’est le 5e mode de la gamme mineure harmonique, la gamme utilisée dans la musique espagnole (en particulier le flamenco) :
« 1 ton – 1/2 ton – 1 ton – 1 ton – 1/2 ton – 1 ton et demi – 1/2 ton. Si l’on joue cette gamme en partant de son 5ème degré (c’est à dire la 5ème note) sans changer les intervalles cités plus haut, nous obtenons le mode phrygien dominant » (expliqué ici)

C’est un mode intéressant « parce qu’il est une sorte d’ambiguïté, entre mineur et majeur, parce qu’il est identique au mode phrygien – d’où son nom -, mis à part qu’on a une tierce majeure et non mineure. » (plus de détails ici)
Il faut y voir là l’influence de Dick Dale mais rappeler également l’importance de la culture latine et des musiciens résidant sur la West Coast à cette époque.

Les tubes

https://youtu.be/kMwBISQ1Nr0

1960 – Walk don’t run – The ventures

Groupe originaire de Seattle et formé en 1959, au départ sous le nom des Versatones.
C’est sous le nom des Ventures que, un an plus tard, fans de la reprise que Chet Atkins fait du « Walk don’t run » de Johnny Smith, ils décident d’enregistrer leur version surf et de créer leur propre label, Blue Horizon Records. Très vite repérée à la radio, elle est classée 2e au hit parade en 1960.

Leur musique oscille entre rock instrumental et surf musique. Tout comme les Shadows, sorte d’équivalent anglais. Ils feront d’ailleurs la reprise de leur tube, Apache, en 1962.

A la bibliothèque


 1961 – Let’s Go Trippin’- Dick Dale 

 1962 – Misirlou – Dick Dale 

Libano polonais né en 1937 à Boston, jeune passionné de musique et de surf, multi instrumentiste gaucher qui joue sur une guitare de droitier, considéré comme Le roi de la guitare surf, il est celui qui mêlera guitare surf et guitare oriental-andalouse en utilisant des gammes et des couleurs de ces origines-là.
Connu pour jouer vite et très fort et son jeu en double picking (des allers retours joués jusqu’à ce qu’on ne distingue plus les mouvements d’aller retour) avec son groupe, the Del-Tones, Dick Dale créé dès 1958 un nouveau type de rock instrumental mélangeant ces 2 grandes passions au Rendez-vous Ball-room de Balboa (comté d’Orange en Californie). Sa reprise d’une chanson populaire grecque « Misirlou » n’aura de cesse de faire danser les foules pendant plusieurs années.

A la bibliothèque

 1961- Mr Moto – The Belairs 

https://www.youtube.com/watch?v=dgHFxPGMg4M

En 1961, les Belairs se produisaient sur les plages d’Hermosa et Redondo, plages de la South Bay (Sud Californie).
Mr Moto est un morceau dansant particulièrement efficace, classique surf, aux lignes de guitares phrasées associées à des rythmiques sautillantes, quelques appuis de saxophone ponctuant le titre et plus original, un pont mélodique au piano.
Une compilation des Belairs à la bibliothèque est à découvrir.

 1962 – Bustin’ Surfboards – The Tornadoes 

Ce morceau est une histoire de famille : les deux frères Gerald et Norman Sanders, leur cousin Jesse Sanders et un ami proche Leonard Delaney l’interprétaient à Redlands (Californie) .

La particularité de Bustin’ Surfoard tient surtout au son de vague qui débute le morceau et s’étend tout au long du titre et le termine. Titre au tempo assez cool, les tremolos typiques de guitare sont bien identifiables pendant les couplets.
N.B. : à ne pas confondre avec le groupe anglais “Tornados” et leur Telstar.

https://www.youtube.com/watch?v=HGBIirV_9MU

 1963 – Wipe Out – The Surfaris

Lors de l’enregistrement de ce disque autoproduit, les Surfaris n’ont que 16 ans d’âge moyen (et ce ne sont pourtant pas les plus jeunes du mouvement), et enregistrent cette face B, Wipe out, dont la face A est Surfer Joe en improvisant une dizaine de minutes (c’est ce que dit la légende).
Titre improvisé et mythique au riff de guitare simple et entêtant, un jeu de batterie à la caisse claire très mise en avant, Wipe out, qui signifie tomber de sa planche de surf, est un appel à un furieux déhanchement.

https://www.youtube.com/watch?v=Clr53fWVbTM

1963 – Pipeline – The Chantays

Titre mêlant le cool de la musique surf et l’épique des chansons instrumentales westerns à la Shadows, Pipeline est l’un des morceaux surfs les plus repris.

Les Chantays sont des collégiens et lycéens originaires de Santa Ana en Californie et n’ont qu’entre 13 et 17 ans lorsqu’ils décident de renommer leur chanson « Liberty’s Whip » en « Pipeline » après avoir vu un documentaire sur les banzai pipline d’hawai (autrement dit les tubes des vagues géantes d’Hawai)
Prémonition heureuse puisque le titre deviendra effectivement un tube, n°4 au hit parade en 1963 qui leur offrira des opportunités télévisuelles :

 

Quelques moins connus, à découvrir, parmi tant d’autres

…Un peu plus loin sur la côte californienne ou dans les terres
The Astronauts

The Rumblers

https://www.youtube.com/watch?v=wBc43TCOl6A

The Trashmen

Pastel Six

The Frogmen

… en un peu plus féminin :
The Crescents

… ailleurs, en Australie :
The Atlantics

en France :
The Sunlights (reprise de Dick Dale)

 

La deuxième vague : 1979 – 1983


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La music surf est laissée de côté une dizaine d’année, le rock est traversé par de nouveaux mouvements avant qu’un premier revival ne se manifeste.
Cette deuxième vague surf est assez courte tout comme la première, elle ne dure que 3 ou 4 ans environ, de 1979 à 1983.


1978 – Pipeline – Johnny Thunders


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Elle est relancé en grande partie par un passionné de surf music, écrivain et musicien, originaire du Riverside en Californie John Blair.
En 1978 il publie The Illustrated Discography Surf Music 1961-1965 et créé en 1979 Jon & The Nightriders, un groupe de surf music, dans lequel il est guitariste.
Après un premier 45T repéré, Jon & the nightriders sortent Surf’ beat 80′ en 1980.
Sur ce premier album, le groupe s’inspire et reprend des classiques surf et crée de nouvelles compositions.

 

Nous sommes juste après le punk dans une époque à la fois d’expérimentations et de nostalgie où l’on commence à revenir la musique du passé (rockabilly et surf par exemple).
Le surf originel s’est entre temps vocalisé et ce premier revival en est non seulement marqué mais commence à le faire évoluer : pour le moment par le biais de reprises.

Morceaux courts, batterie rapide, accords simples : la surf et le punk étaient faits pour s’entendre.

Les californiens Agent Orange reprennent des standards surf dans leur premier album « Living in Darkness » en 1981. Compositions punks et reprises surfs (Misirlou, Pipeline, Mr Moto) ponctuent l’album.

Une autre illustration se trouve dans l’album « Valley Of The Yakes » (1983) des surfer punk harcoreux californiens JFA : on y trouve une reprise de Walk Don’t Run (reprise des Ventures) de Baja ( The Astronauts) et enfin la savoureuse Pipe truck, fusion de Pipeline (The Chantays) et de Police Truck (Dead Kennedys) qui atteste ainsi combien l’association était évidente :

Nous ne pouvions quitter cette seconde vague sans évoquer un groupe qui ne surf rockait pas tout à fait, puisqu’ils piochaient plutôt dans les précurseurs de la surf, Duane Eddy et Link Wray et rockabilly.
Ils ont néanmoins joué un rôle important dans ce qui va être la 3ième vague du surf et plus particulièrement dans l’association fréquente que l’on va retrouver, entre musique des années 50 et sous culture américaine et donc entre surf instrumental et vieux films de science fiction.
Nous parlons ici des Cramps, il y eu évidemment leur Surfin bird reprise des Trashmen, mais on peut aussi citer l’album « Songs the Lord Taught US » sorti en 1980 au son de guitare typique du rock instrumental de la fin des années 50.

La troisième vague : 1993 – ???


surf slam

Après ce premier court revival, les années vont encore passer avant qu’une troisième vague ne déferle.
Elle est portée par plusieurs artisans : à la fois ceux qui n’ont jamais vraiment arrêté comme Dick Dale qui a sorti 4 albums depuis les années 90 ou les Surfaris qui jouent toujours ponctuellement ensemble depuis 1962 (plus d’info sur leur actualité ici).

On trouve également ceux qui se reforment :


The Hustlers par exemple


the hustlers 60


the hustlers 14

(lire l’article en entier sur leur reformation ici, en anglais )

Afficher l'image d'origineÉvidemment il convient d’insister sur le coup de pouce qu’a été la bande originale de Quentin Tarantino de Pulp Fiction en 1994 pour ce second revival. Et puis surtout, on trouve une grande quantité de nouveaux projets musicaux, des années 90 à maintenant qui ont vraiment contribué à ce second revival depuis 1994 auprès du grand public également.

Ce qui caractérise cette troisième vague, c’est la diversité du revival proposé.

Devant l’importance du phénomène et le nombre considérable des groupes constituant la troisième vague, voici un petit aperçu non exhaustif de ce second revival de la surf music.

-Surf originelle

On va retrouver ceux qui pratiquent la surf music originelle, telle que définie par Robert J.Dalley (ou presque). Parmi eux, on trouve des groupes de tous horizons : aux U.S.A évidemment, Susan and the Surftones, Man or Astroman, The Nebulas, Slaktone, en Suède Langhorns, au Mexique SR Bikini, en Argentine The Vulcanos, en Espagne The Longboards, en Croatie The Bambi Molesters, en Russie Messer Chups, en France The Cavaliers, au Japon The Surf Coasters …

Zoom sur 2 groupes à découvrir :

The Surf Coasters


surf coasters

Trio japonais créé en 1994 par Shigeo Naka (guitariste et leader) et l’un des meilleurs groupe de revival surf actuel.
Ils ont partagé des scènes avec Dick Dale, Shigeo Naka a un jeu de guitare très agile et très rapide, typique de la surf music des années 60.
Leurs albums, une dizaine à leur actif, contiennent reprises et compositions.
Pour voir un extrait de concert c’est ici

 

The Bambi Molesters

En Croatie, bien loin de la Californie, on trouve pourtant bel et bien un groupe qui se situe au plus près de la grande première vague de la surf music.
Quatuor formé en 1995 et toujours très actif, les Bambi Molesters est l’un des rares groupe de surf actuel à intégrer régulièrement des cuivres à leurs compositions (saxophone et trompette) mais également du piano, de l’orgue, du thérémine et de la harpe. Ils ont connu une petite notoriété après avoir fait les premières parties de R.E.M. à la fin des années 90 et de nouveau dans les années 2000. Néanmoins cet excellent groupe de surf reste peu diffusé malgré des compositions surf 60’s classieuses, originales et de qualité.

Parmi ceux qui pratiquent de la surf music des années 60, existe une sous catégorie : ceux qui choisissent d’intégrer des extraits de films de science fiction, d’horreur ou des samples construisant des ambiances sonores spatiales.

C’était un aspect de la surf musique liées aux autres cultures et contre cultures, un petit phénomène lors des sixties matérialisé par une esthétique, vestimentaire et nominative.
A l’époque bien que musique de plage au départ, on avait vu rapidement les musiciens surf quitter leurs chemises et maillots de bain pour s’habiller de costumes cravate/nœuds papillon et parfois s’associer à un engouement fort d’époque : la science fiction et la conquête spatiale.
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Tenues, noms de morceaux et même noms de groupe vont rappeler que la fin des années 50 et le début des années 60 sont marquées par le premier vol spatial réalisé par le satellite soviétique Spoutnik 1, qu’en 1959 la sonde soviétique Luna-3 transmit les premières images de la face cachée de la Lune, qu’en 1961 Youri Gagarine fut le premier homme dans l’espace et que la décennie fut marquée par la course à la lune entre les Etats-Unis et l’URSS…
On peut notamment citer The Astronauts, Jan Davis (groupe de surf) du nom d’une astronaute, les Spotnicks (groupe suédois formé en 1961 rock instrumental reprenant des standards surf).


Ce phénomène est devenu également musical par la suite et est bien plus important dans la 3 ème vague (comme évoqué plus haut, les Cramps ont été parmi les premiers à relancer cette association).

Parmi les plus connus on peut citer :

manorastroman

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Man or Astro-man ? (Etats-Unis, fondé en 1992 et toujours en activité)

A la bibliothèque

Messer Chups (Russie, fondé en 1998 et toujours en activité)

A la bibliothèque

Parmi ceux à découvrir :

Sr Bikini (Mexique)

The Taikonauts (Toulouse)

X-Ray Vision cover art

 

X Ray Vision (Lyon) à écouter sur leur bandcamp et Cannibal Mosquitos (Romans sur Isere) à écouter sur leur soundcloud

 

On laisse ici ceux qui pratiquent la surf music originelle, pour s’intéresser aux autres qui l’ont fait évoluer en intégrant d’autres formes de rock, des sous genres apparus depuis les seventies.
Globalement, c’est surtout le son de guitare qui reste le plus typé surf, le saxophone reste peu utilisé, la batterie se diversifie, le chant apparaît parfois et les mélanges de genre ne sont pas rares ni exclusifs.
Cette troisème vague surf s’autorise de nouveaux cocktails et il n’est pas rare qu’un groupe au sein de leur discographie ou d’un même album aille piocher dans le panel de toutes ces nouvelles possibilités.

-Surf + rock psyché

Les morceaux restent surf de sonorités mais se sont considérablement allongés avec des durées avoisinant souvent les 6 ou 7 minutes

The Mermen (U.S.A – fondé en 1989 toujours actifs)

Satan’s Pilgrims (U.S.A – fondé en 1992 toujours actifs) (album – Psychsploitation – 2009)

-Surf + metal

Ce glissement était assez attendu : notamment par l’utilisation des gammes pentatoniques et des power chords points communs aux deux genres, on a surtout ici encore accéléré les tempi et durci certains riffs en donnant parfois un côté heavy au surf rock.

Daikaiju (U.S.A.)

(leur bandcamp)


Demon Vendetta (Strasbourg – Besançon)

 

-Surf + punk

Déjà présent à la second vague, ce type d’association est très proche du 60’s surf, on y rencontre parfois un chant crié, des sonorités garage punk avec une batterie ayant souvent la marque du punk des années 80.

Lost Acapulco (1996 toujours actifs – Mexique)

Hawai Samourai (2001-2005 originaires de Besançon)


The Irradiates (Besançon – Bordeaux)

https://www.youtube.com/watch?v=x5BpyWSfaus

Des influences post-punk s’invitent également dans les morceaux, pour exemple les refrains de ce morceau du groupe Pollo del Mar très typés post punk des années 80 :

 

-Surf + indie pop et rock

Sans doute la branche la plus populaire de la surf musique : la surf vocalisée.

La Luz (U.S.A. fondé en 2012) :

A la bibliothèque et un coup de cœur à lire sur muziqu’azimuts

The Drums (U.S.A. fondé en 2008) :

A la bibliothèque

Pour terminer, 2014 est aussi l’année de sortie d’un documentaire sur la surf music « Sound of surf » co-réalisé par John Blair dont voici le trailer (la date de sortie effective n’est toujours pas connue à ce jour) :


Bibliographie :
California Dreamin’, le rock west coast de 1964 à 1972, Steven Jezo Vannier, Le mot et le reste – 2014
Le nouveau dictionnaire du rock, sous la direction de Michka Assayas, Robert Laffont – 2014

Pour continuer …

Sites :
http://surfguitar101.com/
http://encyclopediaofsurfing.com/entries/surfer-stomp#video-element-stomping-at-hermosa-beach-1965
http://jfrocksguitarlessons.com/guitarlessons/jfr/surf1.html
http://surfrockmusic.com/
http://www.myrareguitars.com/how-to-get-classic-surf-guitar-sound

Des documentaires en anglais
http://www.youtube.com/watch?v=HxPzQcQXnOE
http://www.thevideobeat.com/review/product/list/id/270/category/10/#review-form
http://www.youtube.com/watch?v=sut6kd2Xkb8

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3 thoughts on “La surf music en 3 vagues”

  1. Etienne BLANCHON dit :

    Bonjour
    Je suis bassiste de rock n’ roll depuis plus de 40 ans . J’ai découvert le surf par hasard en intégrant le groupe KOOL-TIKI de Dijon l’année dernière qui cherchait un bassiste. Je suis ravi d’avoir pu lire ce très intéressant résumé sur le genre j’en connais maintenant un peu plus .
    Cordialement
    FUZZ

  2. Franck G dit :

    Superbe article, superbe résumé. Je n’ai qu’un mot : Bravo !
    Mes contributions au surf :

    https://www.youtube.com/watch?v=zae9EM1oKsQ

    et : https://soundcloud.com/hectorvadair/surf-instru-joke-by-cream-in?in=nice-drummer/sets/cream-in-hell

    1. Luke Warm dit :

      Merci beaucoup

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