genre musical à découvrir

K-pop

- temps de lecture approximatif de 12 minutes 12 min - Modifié le 17/06/2020 par Julie

Un phénomène musical venu tout droit du « Pays du matin calme » et qui fait un carton en France mais aussi à travers le monde entier. Plus qu'un genre musical la K-pop est devenue une véritable culture qui a réussi à conquérir un large public.

On ne peut pas parler de K-pop sans parler de Hallyu. En effet ce courant musical se place dans un mouvement plus général : la hallyu ou « vague coréenne ». Apparue d’abord en Chine puis plus largement en Asie du Sud-Est avant de s’étendre au monde entier, elle symbolise la popularité et la circulation massive des contenus médiatiques sud-coréens.

Le phénomène s’est réellement développé à la suite de la crise financière asiatique de 1997, dont la Corée a fortement souffert. Elle fut principalement initiée par la jeunesse de la nouvelle classe moyenne urbaine et coïncide avec le mouvement de démocratisation du pays et du passage de la Corée d’une société industrielle à une société de consommation. C’est aussi le moment où le gouvernement coréen décide de considérer sa culture comme produit d’exportation. Entre 1998 et 2003, le budget alloué à la culture est donc considérablement augmenté, de nombreuses lois sont adoptées pour promouvoir les industries culturelles à l’étranger et ça fonctionne !

Cette démarche, qui englobe le cinéma, les séries télévisées et la musique a gagné une grande popularité et provoque un véritable engouement pour l’ensemble de la culture coréenne, cuisine, littérature, culture traditionnelle et langue comprises. De nombreux clubs de hallyu se forment alors et, au fil du temps, les membres de ceux-ci sont de plus en plus nombreux. En décembre 2017, déjà plus de 73 millions de personnes à travers le monde avaient rejoint ces organisations, la plupart dans des clubs de K-pop.

 

K-Pop : fabrication « industrielle » de stars coréennes

Vous l’auriez compris, l’expression K-pop doit son nom à la langue anglaise. Elle provient de «Korea» et «pop music».  Si l’on devait donner une définition sommaire de celle-ci on pourrait facilement faire un raccourci et dire qu’il s’agit de groupes formatés, créés de toute pièce dont le look, les chorégraphies et même les comportements des membres sont calibrés pour plaire au plus grand nombre. Mais cette définition vraiment simpliste ne refléterait que la partie émergée de l’iceberg. Il s’agit en fait d’un phénomène bien plus complexe et codifié que cela…Alors penchons-nous de plus près sur le sujet !

La K-pop est en très grande majorité entre les mains de ce qu’on appelle le « Big Three » coréen. Trois majors, qui se sont imposés comme les mastodontes de l’industrie de la K-pop : JYP Entertainment, YG Entertainment et SM Entertainment. C’est donc souvent auprès d’eux que les jeunes rêvant de devenir des « idols » se tournent. Après avoir passé une série d’auditions intenses et très sélectives, les candidats qui se verront offrir un contrat devront encore redoubler d’efforts et suivre pendant plusieurs mois, voire parfois des années, un entraînement quasi-militaire ou tout est contrôlé dans le moindre détail.

Choi Jin-young, qui a été chargé par SM Entertainment de créer une école proposant une formation de K-pop explique :

« Nous organisons 500 000 auditions par an. C’est extrêmement compétitif : seuls une dizaine de talents sont sélectionnés chaque année pour devenir des apprentis. La majorité ont entre 10 et 14 ans. »

 

Chaque maison de disques possède sa propre école de formation et dispense des cours hyper-intensifs de danse, de chant, d’art dramatique et de mannequinat. Les jeunes en formation doivent aussi accepter que leur vie privée soit complètement organisée. Leurs régimes alimentaires, leurs amitiés et même leurs relations amoureuses sont strictement encadrées, matin et soir, les filles sont pesées, leurs repas sont examinés à la loupe. Et, pour être sûr qu’ils adoptent un comportement exemplaire, les jeunes « trainees » (=stagiaires) sont aussi coupés du monde extérieur, souvent sans téléphone portable et avec l’interdiction de fréquenter d’autres personnes. On attend de ces apprentis un comportement irréprochable. Bien sûr, l’alcool et les drogues sont prohibés et chaque écart de conduite est immédiatement sanctionné. Ils doivent également accepter toutes les consignes de beauté ou les opérations de chirurgie qu’on leur propose.  La plupart du temps, la maison de disques prend en charge 50 % de ces frais de chirurgie mais ceux-ci devront à terme être remboursés. Une dette qui s’ajoute à celle de la formation que ces « stars en devenir » devront restituer une fois leurs carrières lancées. Difficile donc de sortir de ce circuit d’autant que pour rompre son contrat, l’artiste devra débourser entre deux et trois fois la somme investie sur lui par la maison de disque.  Il faut donc faire carrière et engranger des revenus avant de pouvoir quitter sa maison de disque. Ces contrats, surnommés  « slave contract »  (=contrat d’esclave) , ont en outre été dénoncés début 2017 par la Korea Fair Trade Comission, qui a jugé certaines des clauses scandaleuses. D’ailleurs, ces dernières années la K-pop a vu plusieurs de ses stars se suicider sous les pressions et la discipline de fer imposée tout au long de leur carrière.

Il est important de savoir que la k-pop ne se défini pas par un genre propre. Si, comme son nom l’indique, elle puise ses racines dans la pop, elle tend aujourd’hui de plus en plus vers d’autres genres : soul, rap, rock, R&B, funk … permettant à chacun d’y trouver son bonheur…

K-pop : pas de place pour l’improvisation

La K-Pop répond à des critères très précis. C’est un genre musical codifié, un univers ou chaque élément est pensé, conçu pour entrer en communion avec un public d’adorateurs attentifs aux moindres gestes des artistes. Les groupes sont composés de jeunes hommes ou de jeunes femmes aux tenues vestimentaires souvent extravagantes. Les chansons sont en coréen avec quelques éléments en anglais et parlent d’amour, d’amitié, de rupture, de fête…parfois, ces textes peuvent être plus engagés et dénoncer le harcèlement, ou certains codes de la société.

Parfois seuls, c’est la plupart du temps en groupe que les artistes de K-pop se démarquent. Un groupe dont la composition est méticuleusement pensée et dans lequel chaque membre à une position très particulière. Chaque groupe possède en effet un ou une chanteur-euse principale, un ou une rappeur-euse, un ou une parolier-e, un ou une danseur-euse principale et enfin un ou une meneur-meneuse. Chacune de ses catégories pouvant être renforcé par un ou plusieurs membres dits « secondaire ».

Par exemple pour les Ateez

  • Hong Joong : leader, rappeur secondaire, compositeur, parolier
  • Seong Hwa : chanteur
  • Yun Ho : danseur principal, chanteur
  • Yeo Sang : chanteur, danseur secondaire
  • San : chanteur secondaire
  • Min Gi : rappeur principal, danseur secondaire, parolier
  • Woo Young : danseur principal, chanteur
  • Jong Ho : chanteur principal et Maknae (le plus jeune censé être mignon et timide en raison de sa jeunesse)

 

Pour optimiser l’exportation, de nombreux groupes optent pour un nom composé de sigles, comme GOT7, EXO, NCT ou les fameux BTS, faciles à prononcer dans le monde entier. Certains groupes sont divisés en sous-groupes dont le rôle est de promouvoir celui-ci dans d’autre pays. Ainsi, EXO possède deux membres chinois destinés à chanter et rapper dans leur langue. Pour une même chanson, le groupe sort ainsi une version coréenne et une version chinoise, et même deux clips. Si la plupart des morceaux destinés au marché occidental sont en coréen (avec quelques mots en anglais glissés dans les paroles), la production est souvent beaucoup plus éclectique on dénombre par exemple de nombreux compositeurs suédois, de chorégraphes américains…

Bien que la musique soit importante, la K-pop est aussi un genre intensément visuel. Elle est réputée pour ses chorégraphies léchées au millimètre et ses clips édulcorés, sexy et décalés. Tout y est parfaitement organisé, les membres les plus populaires du groupe sont placés au centre de la scène, le look est extrêmement travaillé et les « idols » ont tous un physique correspondant au diktat de la beauté coréenne. Des conditions idéales pour expliquer le franc succès que remportent ses vidéos comme en témoignent par exemple les 78 millions de vues en 24 heures pour le clip de BTS « Boy with Luv ».

Une caractéristique déterminante de l’industrie de la K-pop est la relation que les artistes entretiennent avec leurs fans. Au-delà des normes que l’on pourrait qualifier d’artistiques, la K-pop multiplie également tous les signes de ralliement aux artiste, vous savez ceux qui vous permettent de reconnaître d’autres fans en pleine rue et de savoir à quel fandom ils appartiennent !

Fandom??? Mais qu’est-ce que c’est que ça? Un fandom est ce que l’on pourrait appeler un « fan-club ». Chaque groupe en possède un auquel il attribue un nom qui servira aussi la plupart du temps à nommer ses fans. On citera par exemple les « A.R.M.Y » pour les BTS, les « EXO-L »pour les EXO, les « BLINK » pour les Black Pink ou bien encore  les « V.I.P » pour les Bigbang

Ces fandoms permettent aux fans de suivre les actualités de leurs artistes préférés au plus près, mais  ils leur permettent surtout de créer des liens entres eux en allant parfois bien au-delà de leur amour de la musique. Certains se réunissent pour réaliser des projets d’ampleur et de nature variables qui peuvent aller de la publication de panneaux publicitaires à l’effigie de leurs idoles sur  Times Square (New York) aux  dons pour la construction de  plusieurs écoles en Afrique etc…

Lorsqu’ils n’exécutent pas de projets à grande échelle, ces fans travaillent en coulisse pour assurer la victoire de leur groupe préféré à des spectacles de musique coréenne dans lesquels la participation du public est essentielle. Les fans organisent alors des collectes de fonds pour acheter des albums physiques ou des sessions de vote de masse pendant la saison des récompenses. Ils participent également activement à la promotion des artistes en les suivant lors de tous les événements publics, en les photographiant ou en les filmant. Des collectes de fonds et des expositions de ces photos permettent ensuite de réinvestir l’argent récolté dans des projets pour augmenter la notoriété de leurs stars préférées ou de leur offrir des cadeaux extravagants!

Le rôle du fandom est donc fondamental aussi bien pour la notoriété du groupe que pour l’économie de celui-ci. De plus,  il existe autour de ces groupes toute une stratégie de e-commerce et de merchandising. Big Hit Entertainment  (société de divertissement sud-coréenne ) a par exemple lancé en 2019 l’application Weverse qui a en quelques semaines a réuni 2,5 millions de fans. Cette application a pour vocation de « réunir l’espace de discussion et l’espace d’achat, pour créer une application unique où les fans peuvent en un clic accéder à tous les services ». Elle propose une variété de contenu gratuit, des vidéos, des interactions artiste-fan  ou bien encore des plates-formes permettant aux utilisateurs de se connecter les uns aux autres. Mais, Weverse propose aussi – et surtout ? – à la vente des abonnements pour des séries individuelles et d’innombrables produits de merchandising, un secteur porteur quand on sait qu’il s’élève à plus de 130 millions de dollars par an uniquement pour le groupe BTS!  

D’ailleurs la K-pop surfe sur ce phénomène et n’hésite pas à proposer un même album en plusieurs versions, chacune renfermant des bonus différents. En effet, les fans n’achètent pas l’album uniquement pour l’écouter (ils peuvent le faire sur les plates-formes de streaming), mais plutôt pour les livrets photos, les cartes à collectionner, les objets divers qu’ils peuvent contenir. Chaque CD est accompagné de suppléments qui diffèrent en fonction de la version (parfois une version par membre du groupe). Certains fans n’hésitant pas à acheter les différentes versions d’un même album juste pour avoir l’ensemble des bonus.

 

logos K-pop

quelques logos de groupe de K-pop

Chaque artiste possède également un logo, celui-ci sera présent sur tous les albums, les photos et les goodies ce qui permet aux fans de repérer en un instant  tout ce qui concerne l’artiste tant adulé! Une astuce très utile pour tout le merchandising …

 

 

 

La plupart des groupes possèdent en complément de ce logo un code couleurs. En effet, il est reconnu que celles-ci sont un symbole fort et qu’elles laissent de très fortes impressions dès la première vision. Les couleurs vont créer une ambiance, faire passer un message. Ces choix colorimétriques ne sont donc jamais anodins. Les concepts innocents, purs et angéliques vont se voir affubler de couleurs pastel, roses et blanches à l’image du groupe A Pink tandis que le groupe Monsta X jouera avec les tons rouges, noirs et gris pour renforcer le côté « durs à cuire », virils  et puissants.

Si le groupe ne possède pas de code couleur, il se servira néanmoins de celle-ci dans ces clips pour renforcer une atmosphère. Par exemple, on utilisera des couleurs très vives pour évoquer l’été, des tons ocre et bruns durant l’automne, des variantes de blancs et couleurs pastel pour l’hiver ou encore des teintes douces et acidulées au printemps. Ces codes couleurs servent aussi  mieux faire passer les messages de ces textes; Des tons grisés pour une rupture sentimentale, ou à l’inverse, des tons acidulés pour les déclarations d’amour…

Enfin, si vous mixez le logo, le nom du fandom, la couleur… vous obtenez un lightstick. Il s’agit là d’un petit objet qui s’illumine au rythme des chansons avec les autres fans durant les concerts pour soutenir le groupe. Aujourd’hui, la majorité des groupes en possèdent un. Ils ont toutes les formes et les couleurs possibles : un ourson pour le groupe Apink, une rose pour le groupe Highlight, une sucette pour le groupe Twice. Certains groupes ont préféré en avoir un pour chaque tournée, d’autres en ont d’officiels. C’est l’un des objets de merchandising les plus prisés par les fans et qui est pour beaucoup devenu objet de collection.

 

 

Ironie du sort c’est une parodie qui a contribué à populariser ce phénomène en France mais aussi un peu partout dans le monde.

Qui durant l’année 2012 n’a pas entendu Psy et son célèbre « Gangnam style’? Premier titre K-Pop à atteindre le numéro 1 du classement officiel britannique,  2e place au Hot 100 de Billboard aux États-Unis, il a également dominé les palmarès dans plus de 30 pays, dont la France. C’est  par ce titre que la plupart d’entre nous a entendu  parler pour la première fois de ce phénomène nouveau venu de Corée du Sud : la K pop.

Il s’agit pourtant, d’une parodie. Avec ce titre, Psy voulait s’amuser et caricaturer tous les symboles de la K-pop à commencer par la chorégraphie. La sienne, volontairement absurde, tourne en dérision la superficialité d’une partie de la jeunesse de Séoul et plus particulièrement celle du quartier Gangnam (ce nom vous dit quelque chose ?) quartier chic dans lequel se trouve la plupart des écoles de K pop et les majors les plus importants. Et puis, Psy ne correspond pas au standard du genre (plus âgé  et plus empâté que ses comparses) mais peu importe, son clip remportera un franc succès, il sera même avec plus de 3 milliards de vues depuis sa sortie  le 15 juillet 2012, l’une des vidéos les plus vues de YouTube.

Côté gouvernement, on salue l’ image de la Corée que Psy renvoi: un pays dynamique qui a le sens de l’humour! Il sera d’ailleurs décoré du prestigieux ordre Okgwan, pour sa contribution à la diffusion de la culture coréenne à travers le monde et  hin Jong-pil, directeur adjoint au ministère de la Culture dira de lui :

«Psy renforce la marque Corée sur la scène mondiale. Son succès va susciter un intérêt grandissant pour notre culture et notre langue»

Enfin, une toute petite liste non exhaustive de groupes à  découvrir:

BTS aussi connu sous le nom de Bangtan Boys est un groupe  aux influences hip-hop . Il est sans doute le groupe le plus en vogue du moment et a obtenu de nombreuses récompenses dont le prestigieux « American Music Awards »

BIGBANG Groupe aux talents multiples (chant, rap, danse, beatbox, écriture et composition de chansons). La musique de BIGBANG est en grande partie dans le genre Hip-Hop, rap, pop, on y retrouve parfois du R&B, du rock ou encore du mainstream . Grace à leur style vestimentaire unique, ils sont aussi devenus de véritables icônes de la mode que de nombreuses marques s’arrachent pour promouvoir leurs produits.

EXO Groupe sud-coréano-chinois  sud-coréano-chinois formé en 2011 qui se divise en deux unités : les EXO-M (EXO-Mandarin) qui faisait la promotion en Chine et les EXO-K (EXO-Korean) chargés de la promotion coréenne. Ce groupe reconnus pour ses chorégraphies ne compte aujourd’hui plus que neuf membres qui n’hésite pas à multiplier les styles musicaux. Leurs influences sont nombreuses, hip-hop, disco, funk, le tout avec une petite touche électro et pop.

Blackpink : Groupe multinational,  composé de 4 filles qui viennent de Corée du Sud, de Thaïlande, d’Australie et de Nouvelle-Zélande. Il est aussi le premier groupe féminin de K-POP à recevoir le trophée des 10 millions d’abonnés sur YouTube.

Groupe initialement nommé KQ Fellaz, en référence à son label KQ Entertainement, avant de devenir ATEEZ  qui a pour signification « A to Z » ( ou « A Teenager Z »).  Ils se sont principalement fait connaitre par le biais d’une série de 19 vidéos diffusées sur YouTube et V LIVE montrant leurs entraînements intensifs durant leur séjour aux États-Unis.

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