A REDECOUVRIR

Deux guitares à l’opéra

- temps de lecture approximatif de 2 minutes 2 min - par Civodul

Du 18ème siècle au milieu du 20ème la pratique musicale se développe dans toutes les couches de la société. Mais l'avènement de l'enregistrement et de la radio met un frein à cette expansion, dorénavant il y aura moins de musiciens et davantage de mélomanes.

C’est, de fait, également la fin de l’âge d’or des multiples transcriptions. Jusqu’alors elles sont courantes, les instruments sont considérés comme interchangeables, l’essentiel étant de restituer agréablement l’oeuvre sous une forme ou une autre. Les plus grands compositeurs  prêtent leurs talents à l’art de la re-création, réductions et adaptations  foisonnent : Bach transcrit Vivaldi, Liszt transcrit Beethoven. Tout le monde y trouve son compte, le compositeur voit son oeuvre plus largement diffusée, l’amateur jouit d’un abondant répertoire,  l’éditeur qui multiplie les versions imprimées se frotte les mains.

Le medium privilégié est bien entendu le piano mais il existe un autre instrument harmonique qui sert à merveille ces métamorphoses musicales : la guitare. Ce sont souvent les virtuoses eux mêmes qui réalisent les transcriptions en exploitant la richesse des timbres et des couleurs. Mauro Giuliani , l’un des plus grands guitaristes du début du 19è siècle, diversifie les effets et les techniques, François de Fossa introduit  les harmoniques.

Ce  généreux récital à 12 cordes date de 1990. Le duo Horreaux-Trehard y célèbre l’opéra de la période classique et romantique, de Mozart et Bellini à Rossini et Spontini, le morceau de résistance étant constitué d’une large section du Freischütz de Weber, transcrite par Diabelli (1781-1858), qui finalement n’a pas composé que pour Marguerite Duras.  La transcription de l’ouverture de Don Giovanni est anonyme et date du siècle dernier, l’ouverture de Il Pirata a été arrangée pour deux guitares par Giuliani. On doit à Fossa la réalisation de l’ouverture de Fernand Cortez.

La musicalité et les doigts, nombreux et déliés,  de Jean Horreaux et Jean-Marie Tréhard rendent pleinement justice tant à la beauté du chant qu’à la richesse de la polyphonie. Et c’est un réel plaisir de (re) découvrir ce répertoire vocal et symphonique sous une forme inattendue.

Il Pirata de Bellini, ouverture :

 

Der Freischütz de Weber , cavatine :

 

Fernand Cortez de Spontini, ouverture :

 

Partager cet article

Poster un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.