L’Info retrouvée

Un César pour Lyon

- temps de lecture approximatif de 2 minutes 2 min - par Laurent D

Cette rubrique propose de revenir sur des événements survenus à Lyon et dans la région au cours des deux derniers siècles, dans les domaines les plus divers, à travers un article de la presse locale de l’époque, une photographie, ou une illustration

Installation de L
Installation de L'Homme de la Liberté, de César. Marcos Quinones. © Bibliothèque municipale de Lyon

Place Tolozan, 14 février 1992. Des grues de chantier déposent précautionneusement sur son socle en bronze une énorme statue dont l’apparence est celle d’un étrange homme oiseau. Voilà « L’homme de la liberté » monumentale œuvre de métaux divers signée du célèbre sculpteur César Baldaccini. Mais pour l’heure la sculpture restera emballée jusqu’à l’inauguration, le 9 avril, de l’ensemble immobilier « Le César », œuvre du promoteur immobilier Henry Pochon, également président de la Société Lyonnaise de Conseil en Investissement. Il y a trois ans Henry Pochon et César s’étaient rencontrés lors d’une exposition à Lyon. De cette rencontre le promoteur immobilier aurait conçu l’idée de travailler avec l’artiste sur une de ses opérations immobilières de prestige. Pari réussi. L’immeuble « le César » est réputé être le plus luxueux et le plus cher de Lyon : pierre, métal, verre, béton poli, toiture en terre cuite, œuvres d’art à tous les étages, sécurité maximum par caméra vidéo, ouverture des portes commandée par cartes magnétiques, parking en sous-sol de 326 places… La statue est destinée à orner la place Tolozan selon la convention passée entre l’artiste et le promoteur. « L’homme de la liberté » est un agrandissement d’une des dernières réalisations de César. Initialement intitulée « Rambo », puis féminisée et francisée : La « Rambaud », la sculpture appartient à la série des poules patineuses, une figure animalière récurrente dans l’œuvre de l’inventeur des «Compressions». D’aucuns s’étonnent que ces « compressions » qui se voulaient à l’origine provocatrices, dénonçant les excès de la société de consommation, « trouvent aujourd’hui leur place au cœur de l’immobilier de luxe ». César souligne que Lyon est une des rares villes de France à arborer une de ses œuvres, à oser présenter une compression-expansion de la période « patins à roulettes » alors que bien d’autres ont glissé hors de nos frontières.

Bref le « César » ne fait pas l’unanimité. L’inauguration de l’immeuble de grand standing et de sa statue, le 9 avril, sera mouvementée, donnant lieu à des échauffourées entre squatters et forces de l’ordre, avec des slogans teintés d’humour comme « Ave César les squatteurs ne te saluent pas ».

Source :

• « L’Homme de la Liberté » in Lyon Figaro, 15 février 1992
• « Un César pour Tolozan » in Le Progrès, 15 février 1992
• « César du plus cher loyer » in Le Progrès, 10 avril 1992
• « Les squatters s’invitent à la fête » in Lyon Figaro, 10 avril 1992

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