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Piscine du Rhône

Photographe : Georges Vermard, 1965

- temps de lecture approximatif de 3 minutes 3 min - par dcizeron

Une nouvelle attraction apparaît dans le paysage lyonnais au début l'été 1965 : la Piscine du Rhône. Georges Vermard immortalise les premiers baigneurs ou les Lyonnais qui viennent juste se faire dorer au soleil. Jeux d'ombres et de lumières.

Les solaria, Georges Vermard,
Les solaria, Georges Vermard, Bibliothèque municipale de Lyon / P0702 b06 23 567 00002

En 1951, L’URSS intègre le Comité international olympique. L’année suivante, elle participe aux jeux d’été à Helsinki. Dès lors, dans le contexte de la guerre froide, le sport devient politique. Dans le sillage des Etats-Unis, les états occidentaux vont initier des politiques sportives pour favoriser le développement du sport au sein des populations et fabriquer des champions. En France, ce sera toute l’action du ministre des sports de De Gaulle entre 1858 et 1966, le lyonnais, Maurice Herzog. Une action relayé à Lyon par Louis Pradel et son adjoint au sport Tony Bertrand.

La municipalité se lance dès la fin des années 1950 dans une construction massive d’équipements sportifs : Palais des sports et plaine des jeux à Gerland, patinoire cours Charlemagne, etc., avec dans la ligne de mire une candidature pour l’organisation des Jeux olympiques de 1968.

C’est dans ce contexte qu’en 1959, Louis Pradel demande à l’architecte Alexandre Audouze-Tabourin des études d’installation d’une piscine sur les bords du Rhône ; la démarche faisant également suite à une décision prise par le préfet du Rhône d’interdire les baignades dans le fleuve sur toute la traversée de Lyon, en dehors d’espaces aménagés.

Le site situé entre les ponts de la Guillotière et de l’Université est rapidement retenu. Le cahier des charges comprend :
– un bassin de baignade de 60 m sur 22m, de 0,60 à 1,20 m de profondeur
– une pataugeoire enfants en forme de trèfle à 3 compartiments avec un pédiluve sur le pourtour
– un basin de compétition de 50 m sur 20 m et de 2,40 m à 3m de profondeur
– une fosse à plongeons de 14 m sur 14 m et de 4,5 m de profondeur

Une vaste plage doit entourer les bassins, surélevés en moyenne de 1 m au dessus du bas-port ; des gradins et des « solaria » doivent prendre appui sur le mur de soutènement du quai. Un bâtiment d’exploitation à l’architecture avant-gardiste doit aussi sortir de terre avec un hall d’entrée, des locaux administratifs, une infirmerie, des cabines à change et 3200 casiers prévus.

L’ensemble est conçu comme un navire amarré à quai avec, dans ses cales, une machinerie complexe, capable de fabriquer de l’eau chaude pour les bassins et de filtrer l’eau.

Bibliotheque municipale de lyon / P0702 b04 16 530 00009

Construction de la piscine du Rhône, Georges Vermard, Bibliothèque municipale de Lyon / P0702 b04 16 530 00009

Le chantier de construction débute le 21 novembre 1961, avec pour point d’orgue l’érection des 4 pylônes d’éclairage en février 1964. Le centre nautique est inauguré le 26 mai 1965.

En 2012 la municipalité lance une grande campagne de réhabilitation du site, devenu “centre nautique Tony Bertrand”, permettant d’étendre la période d’ouverture et de mettre aux normes du jour un bâtiment qui malgré de nombreux projets depuis les années 1980, n’avait pas fait l’objet de travaux importants. A côté du bassin olympique une large place a été faite aux jeux aquatique : rivière à courant, pentagliss (toboggan droit à plusieurs pistes), banquettes à bulles, bains bouillonnants, pataugeoire et un espace splashpad (équipements ludiques pour activités de jeux d’eau). Les plages ont été aussi rénovées pour pouvoir encore bronzer sous le soleil… exactement, juste en dessous.

Couple devant la piscine du Rhône, Georges Vermard

Couple devant la piscine du Rhône, Georges Vermard, Bibliothèque municipale de Lyon /  P0702 b06 23 567 00001

Ressources bibliographiques :

Ressources Web :

 

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