Lyon et la photographie

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Du 6 au 8 février 2011 Lyon fait l’actualité de la photographie européenne en accueillant le deuxième Congrès Européen de le Photographie Professionnelle. Ville des frères Lumière, inventeurs de l’autochrome, siège de la Fondation nationale de la Photographie de 1978 à 1993, territoire de la biennale Septembre de la photographie, Lyon a tissé des liens étroits avec cette pratique. C’est aussi une ville qui, depuis l’invention de la photographie, a bénéficié de l’attention des photographes. Ces archives photographiques constituent une mémoire visuelle de la ville à travers ses mutations urbaines.



Sommaire

Lyon et la photographie : histoire et déboires

- Les frères Lumière et l’invention de l’autochrome
- La Fondation nationale de la photographie se fait à Lyon
- Lyon, septembre de la photographie
- La photographie contemporaine niche à la Croix-Rousse

Lyon sous l’œil du photographe

- Mémoires du Lyon ancien
- XXe siècle : la démocratisation de la photographie
- XXIe siècle

Archives photographiques à l’ère du numérique

- Sauvegarder et diffuser les archives photographiques
- Un projet collaboratif : Clichés 2 Villes
- A la bibliothèque, « Photographes en Rhône-Alpes » fait peau neuve

2Lyon et la photographie : histoire et déboires2

L’aventure de la photographie débute dans la première moitié du XIXe siècle avec les inventions de Joseph-Nicéphore Niepce, dont la collaboration avec l’artiste parisien Daguerre donne naissance aux daguerréotypes (l’annonce officielle du nouveau procédé a lieu le 19 août 1839 à l’Académie des Sciences, le Gouvernement français offre alors la formule au monde entier), et de William Henry Fox Talbot qui met au point la calotypie.

A Lyon, dès 1840, le graveur médailleur Philippe-Fortuné Durand ouvre son studio au passage de l’Argue. Il revendique le titre de la plus ancienne maison photographique française ! Au milieu du siècle, Lyon compte une vingtaine de studios de photographie. C’est en 1876 que s’installe un certain Antoine Lumière, photographe portraitiste. Alors que sont mises au point les plaques de verre au gélatino-bromure d’argent qui sont vendues prêtes à l’emploi (les plaques de verre étaient alors le principal support utilisé pour la photographie), Antoine Lumière en lance la fabrication dans une ancienne chapellerie de Monplaisir. Ce sont ses fils, Auguste et Louis Lumière – plus connus pour l’invention du cinématographe – qui élaborent un procédé mettant la photographie en couleur à la portée de tous : l’autochrome.

Les Premiers photographes lyonnais au XIXe siècle : exposition. Catalogue d’exposition du Musée historique de Lyon. Le livre retrace l’histoire de la photographie lyonnaise depuis ses débuts en 1840 jusqu’à 1900

[actu]Les frères Lumière et l’invention de l’autochrome[actu]

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En 1895, les frères Lumière expérimentent un procédé pour photographie en couleur commercialisé à partir de 1907 sous l’appellation d’autochrome. La plaque autochrome utilise des particules de fécule de pomme de terre teintées sur le principe de la trichromie (bleu vert rouge). Une fois développée, la plaque de verre s’apparente à une diapositive en couleurs. L’invention des frères Lumière rencontre un franc succès en dépit de ses contraintes : il s’agit en effet d’une image unique, fragile, coûteuse et difficile à reproduire. Elle est fabriquée dans les usines Lumière jusqu’à la fin des années 30, où elle est supplantée par d’autres procédés utilisant un support souple. La seconde moitié du XXe siècle voit le déclin de l’entreprise Lumière.

Pour aller plus loin
L’autochrome Lumière : secrets d’ateliers et défis industriels , Bertrand Lavédrine et Jean-Paul Gandolfo, éd. du CTHS, 2009
- Cette enquête reconstitue les étapes de la mise au point de ce savoir-faire, procédé phare de l’histoire de la photographie en couleurs.
[actu]@[actu] La photographie des couleurs : autochromes Lumière : un site web très complet qui s’appuie sur l’ouvrage cité ci-dessus
[actu]@[actu] Les autochromes Lumière et les premiers autochromistes lyonnais, une exposition en ligne sur le site de la Bibliothèque municipale de Lyon

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Auguste Lumière
(J. Sylvestre, BML)
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Les frères Boulade
(J. Sylvestre, BML)

Moins connus, Léo et Antonin Boulade, grands amateurs de photographie, déposent plusieurs brevets de fabrication dans le domaine de la photographie et créent une usine de fabrication de dispositifs photographiques spéciaux à Monplaisir. Passionnés d’aérostation, ils font de nombreuses photos aériennes. Antonin décroche un Grand Prix à l’exposition universelle de 1900.
[actu]¤[actu] Les Boulade à Monplaisir, article paru dans Rive gauche n° 165, juin 2003

Il faudra attendre 1976 pour que l’histoire de Lyon rencontre à nouveau celle de la photographie, cette fois sur le plan des politiques publiques de soutien au 8ème art. Au cours du XXe siècle, l’usage de la photographie s’est généralisé et différentes pratiques se sont développées, notamment une approche artistique. Les années soixante-dix et quatre-vingt voient la création de musées et d’organismes pour la photographie en Europe et aux Etats-Unis. Le gouvernement français souhaite lui aussi doter la France d’une institution nationale dédiée à la photographie.

[actu]La Fondation nationale de la photographie se fera à Lyon[actu]

La Fondation nationale de la photographie voit le jour à Lyon à l’initiative de la Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale (DATAR) et de la Ville de Lyon. La première aspire à promouvoir une action culturelle d’envergure nationale dans une métropole régionale, tandis que la seconde souhaite trouver une destination à la Villa Lumière qu’elle a racheté et souhaite restaurer. Le Secrétariat d’Etat à la Culture, d’abord réticent à l’emplacement lyonnais, donne finalement son accord et la Fondation nationale de la photographie ouvre ses portes au Château Lumière en 1978 avec un projet artistique double : soutenir la création et conserver le patrimoine.

Créée avec un statut associatif, la FNP est cofinancée par le Ministère de la culture (à hauteur de 70%) et la Ville de Lyon. Pendant 15 ans, elle mène à bien ses missions à partir du territoire lyonnais : aide à la création, par le biais de bourses affectées à de jeunes artistes et par l’achat d’œuvres ; conservation du patrimoine, notamment des plaques de verre issus des collections des frères Lumière ; diffusion, grâce à l’organisation de nombreuses expositions et à l’édition de catalogues.
Mais sa position géographique lui vaut de multiples critiques et la fondation peine à s’imposer comme une instance nationale. En 1982, la Fondation se voit fragilisée par la naissance de l’Institut Lumière, qui occupe désormais une partie château Lumière et la création du Centre national de la photographie à Paris avec des missions très proches de celles de la fondation lyonnaise. On envisage alors d’intégrer la fondation à l’institut Lumière, mais des dissensions sur les modalités de gestion des deux structures empêche le projet d’aboutir. La fondation continue à exister avec un personnel un budget de fonctionnement réduits jusqu’en 1993. Les objectifs divergents des deux financeurs – la Ville de Lyon souhaite promouvoir l’Institut Lumière, le Ministère de la Culture souhaite baisser ses subventions – et la perte de ses partenaires financiers signent la fin de la FNP, dissoute le 26 février 1993.

Sauvées du naufrage, les collections photographiques et les archives de la Fondation sont déposées à la Bibliothèque municipale de Lyon, impulsant la création d’un nouveau service : l’Artothèque. Les collections photographiques héritées de la fondation sont régulièrement enrichies par l’acquisition de tirages de photographes contemporains.

Pour aller plus loin
La Fondation nationale de la photographie, Olivier Perrin, 2001
- Retrace la vie de la Fondation Nationale de la Photographie, son influence sur la vie culturelle lyonnaise, et finalement son déclin.
10 premières années de la Fondation nationale de la photographie au château Lumière rue du premier film : 1978-1988
- Présentation de la politique culturelle menée par la Fondation pendant ces dix années
Catalogues d’exposition de la Fondation nationale de la photographie conservés à la Bibliothèque municipale de Lyon
[actu]@[actu] Découvrir le fonds photographique de la bibliothèque municipale de Lyon
[actu]@[actu] Entre art et culture : Politique institutionnelle et photographie en France, 1976-1996,

Gaëlle Morel, Etudes photographiques n°16, mai 2005, article consultable sur Revues.org

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villa Lumière
(Richard F. Lyon, Wikimedia Commons, licence GNU)

Depuis, Lyon s’est réconciliée avec la photographie. La manifestation « Lyon, septembre de la photographie » accompagne désormais tous les deux ans la biennale de la danse en proposant aux lyonnais un ensemble d’expositions dans plusieurs lieux de la ville. La photographie a trouvé place dans les grandes institutions lyonnaises et la ville compte trois galeries d’art dédiées à la photographie contemporaine qui mettent en avant la jeune création comme les photographes reconnus. La Ville accueille en outre du 4 au 6 février 2011 le deuxième Congrès européen de la photographie professionnelle.

Au plan national, l’art photographique attire de nouveau l’attention gouvernementale comme en témoigne le lancement d’une Mission de la photographie par Frédéric Mitterrand en mars 2010. Si un article paru dans le Coup de grâce n°4 (printemps 2010) [1] avance le souhait, de la part du Ministère de la Culture, que Lyon se dote d’un lieu dédié à la photographie, il précise toutefois que les contraintes financières au plan gouvernemental comme local ne vont guère dans ce sens…

[actu]Lyon, septembre de la photographie[actu]

Initiée en 2001 sous le nom de Quinzaine de la photographie, cette manifestation devenue bisannuelle a été créée par la galerie Le Bleu du ciel et s’invite dans de multiples lieux lyonnais en parallèle de la Biennale de la danse, dont elle a dans un premier temps suivi les thèmes, avec comme postulat de créer le lien entre la photographie documentaire et l’art contemporain. L’édition présentée aux lyonnais en 2010 comptait une vingtaine d’expositions autour de la thématique « US today after… ». Manifestation réduite au regard des années précédentes pour cause de difficultés financières : le retrait de son mécène BMW et le désengagement de la DRAC a divisé le budget en deux depuis 2008… Espérons que l’édition 2012, consacrée à la Méditerranée, trouve le soutien nécessaire à sa réalisation !

Pour en savoir plus
[actu]@[actu] Septembre de la photographie sur le site de la galerie Le Bleu du ciel
Catalogues de Lyon septembre de la photographie conservés à la bibliothèque municipale de Lyon
[actu]@[actu] Lyon septembre de la photographie : un festival en danger, Claude Kovatchévitch in : Le coup de grâce, N°4, printemps 2010, p. 36
[actu]@[actu] L’Amérique des cow-boys et des bagnoles : Lyon, septembre de la photographie, Claire Guillot in : Le Monde, Culture, 14 octobre 2010, p. 23
Points d’actu publiés par la Bibliothèque municipale à l’occasion de Lyon, septembre de la photographie :
Lyon Septembre de la photographie. James Nachtwey, 2010
Lyon Septembre de la photographie 2008
Lyon Septembre de la photographie 2006

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Lyon, septembre de la photographie
2010
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Exposition James Nachtwey
BML, 2010

[actu]La photographie contemporaine niche à la Croix-Rousse[actu]

A l’exception de la galerie Domus de l’Université Claude Bernard Lyon 1, le quartier de la Croix-Rousse abrite les trois galeries consacrées à la photographie contemporaine.

  • La galerie Le Réverbère, d’un an sa cadette, s’est installée récemment au 38 rue Burdeau. Nantie d’une solide réputation à l’échelle nationale, elle fête ses trente ans en 2011 (programme à suivre sur le site de la galerie).
    Vingt-cinq ans, noces d’argent !, Galerie Le Réverbère. Catalogue d’exposition publié à l’occasion de l’anniversaire des 25 ans d’existence de la galerie Le Réverbère
    Catalogues de la galerie Le Réverbère conservés à la Bibliothèque municipale de Lyon
  • Enfin la petite dernière, la galerie le Bleu du ciel fondée en 1999 par Gilles Verneret, a posé ses valises au 48 rue Burdeau. Structure associative soutenue par la ville de Lyon, le Conseil Régional et la DRAC, elle organise tous les deux ans Lyon, Septembre de la photographie.
    Catalogues de la galerie Le bleu du ciel conservés à la Bibliothèque municipale de Lyon

Après cet aperçu des liens tissés entre Lyon et la photographie au fil des décennies, penchons-nous maintenant sur ces photographes qui se sont intéressés à la ville.

2Lyon sous l’œil du photographe2

Photographes professionnels, amateurs, photoreporters, passionnés, artistes… nombreux sont ceux qui prennent l’empreinte de la ville à travers leur objectif. Toutes ces photographies, ces multiples approches constituent un portrait protéiforme de la ville et permettent d’en suivre les mutations.

Pour que ces photographies vivent en dehors des archives de leurs auteurs ou de leurs propriétaires, le livre a longtemps été un médium privilégié. A l’heure du numérique, de nouveaux modes de communication et de partage se mettent en place, mais si l’on en croit les récentes parutions, le livre de photographies a encore de l’avenir. Petit florilège d’ouvrages à feuilleter pour parcourir Lyon en photo du XIXe siècle à nos jours.

[actu]Mémoires du Lyon ancien[actu]

De la photographie anecdotique à la description des grands travaux du Second Empire, les clichés du XIXe siècle laissent entrevoir le visage d’un Lyon en pleine transformation. Parmi les premiers photographes à s’être penchés sur la ville, citons Louis Froissard, photographe rue Mercière, qui fut employé par les services municipaux de la voirie pour photographier les grands travaux du Second Empire et les inondations de 1856, mais aussi Durand (qui avait ouvert son studio photographique à Lyon dès 1840) qui exécute des daguerréotypes de Lyon qui serviront notamment pour illustrer le Guide de l’étranger à Lyon, Camille Dolard, qui s’intéresse notamment aux célébrités locales, ou encore un photographe anonyme signant parfois Domini, qui prend en photographie l’agglomération lyonnaise. Ces fragiles témoignages, conservés pour l’essentiel au sein d’institutions lyonnaises, ont fait l’objet de plusieurs ouvrages :

Pour aller plus loin
Lyon photographiée de 1840 à 1912 : collection des Archives municipales de Lyon et du Musée Gadagne, Alain Scheibli, 1998
Fragile mémoire : catalogue illustré des clichés sur verres, sous-séries 3 Ph, 10 Ph, 15 Ph, 38 Ph , Archives municipales de Lyon, 1997
Lyon naguère : 1840-1938 : album de photographies anciennes, Guy et Marjorie Borgé, 1978
Domini, le calotype et la photographie ancienne : images inédites de Lyon et du Dauphiné, Exposition. Paris Bibliothèque nationale. 1982
Les Premiers photographes lyonnais au XIXe siècle : exposition, Musée historique de Lyon, 1990

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Construction du Palais du commerce…
(L. Froissart, Fonds Sylvestre, BML)
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Inondations de 1856
(Fonds Sylvestre, BML)

[actu]XXe siècle : la démocratisation de la photographie[actu]

Les premières décennies de photographes se devaient de maîtriser un certain nombre de techniques pour la préparation du support photographique comme pour son développement. A la fin du XIXe siècle la photographie s’ouvre à un public plus large grâce à l’industrialisation de la fabrication des supports (les fameuses plaques de gelatino-bromure d’argent fabriquées dans les usines Lumière) et du développement photographique. Arrive sur le marché dès 1888 l’appareil Kodak avec le slogan « Press the button and we do the rest ». Viennent ensuite les premiers Leica (1925) et Rolleiflex (1929), appareils plus petits, légers et maniables qui favorisent l’émergence de nouvelles pratiques, en permettant notamment la réalisation de photographies prises sur le vif. C’est le moment ou les « photoreporters » font leur apparition. A visée documentaires ou artistique, illustration, témoignage ou fin en soi, la photographie recouvre une variété d’usages et d’usagers.

Blanc & Demilly, 1924-1962
Ces deux associés vont développent une activité photographique qui leur vaudra une reconnaissance au plan national. Photographes professionnels installés au 31 rue Grenette, ils pratiquent à côté de leur activité commerciale (qui consiste principalement à tirer le portrait à la société lyonnaise) une approche artistique dont Lyon sera un sujet de prédilection. Théo Blanc et Antoine Demilly adoptent dès leur sortie des petits appareils mobiles que sont les Leica et les Rolleiflex pour arpenter la ville. Ni anecdotiques, ni sociologiques, leurs paysages lyonnais transcrivent l’atmosphère lyonnaise, en exploitent la lumière et les brouillards. Influencés par les courants modernistes de l’époque, leurs photographies sont empreintes de recherche esthétique.

Leur talent est utilisé pour illustrer de nombreux ouvrages comme le Charme de Lyon de Joseph Jolinon. On retrouve aussi des portraits de personnalités des arts et de la culture signés de leur main dans la revue La vie lyonnaise. A la demande de la Société des Amis de Guignol (dont ils sont sociétaires) ils produisent un ensemble de fascicules photographiques sous le titre Aspects de Lyon, qui tient une place importante dans la photographie de l’entre-deux guerres. Antoine Demilly expose régulièrement au Salon du Sud-Est. Théo Blanc appartient au Cercle d’art photographique, qui organise un Salon international de la photographie à partir de 1949. Les deux associés ouvrent en 1935 une galerie de photographies au 10 rue Président-Carnot, offrant aux amateurs de photographie lyonnais – du moins leurs clients – un lieu d’expression.
Ils cèderont la place à la fin des années 1950 à d’autres photographes : Godard et Veullien, Trincano, Marcel Lombard, Louis Dugelay… La Société Blanc et Demilly cesse ses activités vers 1970.

Pour aller plus loin
Blanc & Demilly : photographes à Lyon 1924-1962, ouvrage publié à l’occasion de la rétrospective exposée au centre Pompidou en 2000. Retrace le parcours des photographes, leurs publications, leurs expositions
Blanc et Demilly : 40 ans de photographie à Lyon, un ouvrage réalisé par le photographe lyonnais René Basset pour qui les travaux de Blanc et Demilly ont été déterminants.
Blanc et Demilly : un double regard, une seule signature : Théo Blanc, 1891-1985 et Antoine Demilly, 1892-1964, catalogue de la vente aux enchères par illon& Associés à Paris Drouot Montaigne le 13 octobre 2008. Donne en aperçu de nombreux travaux des deux photographes.

Lyon pendant la guerre
39-45 à Lyon : album photo, photographies de Charles Bobenrieth
- Né en 1885 et décédé en 1966 à Lyon, Charles Bobenrieth est devenu photographe et rédacteur pour le magazine La Vie Lyonnaise après y être entré comme garçon de course. Trop âgé pour être mobilisé lorsqu’arrive la guerre, il continue à travailler pour l’hebdomadaire, ce qui lui vaut (à tort) certains reproches à la Libération. Parfois prises à la dérobée, les photographies de cet album, pour beaucoup inédites, témoignent de la vie lyonnaise pendant cette époque difficile.
Lyon d’ombre et de lumière : 1937-1950, André Gamet, 1997
- Né à Oullins, André Gamet gagne le concours national du jeune photographe en 1941. Photoreporter, il réalise de nombreux reportages photographiques à l’étranger tout en travaillant dans le domaine publicitaire.
Lyon, 1940-1944 : la guerre, l’occupation, la libération, Sabine Zeitoun, Dominique Foucher (divers photographes)

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Destruction des ponts…
(Fonds Sylvestre, 1944, BML)
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Mère Bizolon, déjeuner gratuit du soldat
(Fonds Sylvestre, BML

Regards de photographes, seconde moitié du XXe siècle
Regards, photographies de René Basset, 1996
- Ouvrage présentant l’œuvre photographique de René Basset des années 1930 à 1970. Né en 1919 à la Croix-Rousse, il obtient un prix au concours Blanc et Demilly de 1939. Il expose aux salons internationaux organisés à Lyon par le Cercle d’art photographique de 1949 à 1958. Il obtient le prix Niepce (Paris) et le titre d’Excellence de la FIAP (Genève) en 1958. Il participe à la formation du groupe lyonnais Forme Lumière en 1959 puis du groupe Forum en 1973.
Lyon des photographes : publié à l’occasion de l’exposition organisée au musée des Moulages de Lyon, du 3 au 28 novembre 2009, pour les 10 ans de la galerie « Le Bleu du ciel » , Gilles Verneret, 2009
- L’idée première de l’exposition était de rassembler des photographes ayant réalisé des clichés en noir et blanc argentique, avant les années quatre-vingt-quinze et l’apparition du numérique. « Ce dernier forme la trame d’un ensemble monochrome destiné à dévoiler au public une vision de Lyon qui respecte le parcours artistique de chaque auteur et trace simultanément le portrait d’espaces urbains et de l’évolution de la monstration de la photographie dans les dernières décennies. »
Diremszian, Lena, Metzger, Michalon, Stofleth, Verneret : la photographie retrouvée, Galerie Le Bleu du ciel, 2005
- Ouvrage publié à l’occasion de l’exposition « Vivent et travaillent en Région Rhône-Alpes » du 9 septembre au 10 octobre 2005
Lyon aujourd’hui vu par 41 jeunes photographes, Fondation nationale de la photographie, 1982.
- L’exposition devait donner lieu à un agenda promotionnel édité par la ville de Lyon, mais la municipalité jugea que l’image de la ville n’y était pas suffisamment valorisante !

On y retrouve Alain Basset, Alain Scheibli, Philippe Merchez, Bruno Verjus…

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Vieux Lyon
(J. Sylvestre, BML)

Lyon et ses quartiers historiques
Le Vieux-Lyon et la Croix-Rousse sont des cibles privilégiées des photographes lyonnais. Des portraits croisés avec ceux de leurs habitants.
Images photographiques, années 50 : Henry Rutter , photographies d’Henry Rutter ; texte d’Alain Scheibli, 2000
- Photographe méconnu, Henry Rutter a photographié dans les années 50 la vie et l’âme des quartiers historiques de Lyon. Né à Lyon en 1923, il devient photographe professionnel en 1958 et exerce jusqu’en 1986. Il s’intéresse dès les années 40 aux vieux quartiers de Lyon. Pour Alain Scheibli : « Son travail, d’une rigueur esthétique irréprochable, est tourné vers la simplicité du quotidien ».
Balades : le vieux Lyon des années 60, photographies Bernard Agreil, texte Serge Gaubert, 1991
- Les images de Bernard Agreil, photographe lyonnais, plongent dans la vie du Vieux-Lyon des années 760 à travers des clichés de ses habitants, ses boutiques, ses ateliers. Il tisse le lien entre l’homme et son paysage.
Promenades dans la Croix-Rousse des années 70, Gilles Verneret, 1993
- Photographe lyonnais, animateur de la galerie Le Bleu du ciel, Gilles Verneret s’est particulièrement penché sur le quartier de la Croix-Rousse et ses habitants, à travers cet ouvrage mais aussi Croix-Rousse : mémoires interdites paru en 1979 et Peaux-rousses publié en 2005. Fortement intéressé par l’humain, il a aussi publié un reportage photographique réalisé dans l’Unité joyeuse, résidence de l’hôpital psychatrique du Vinatier de Lyon, avec des histoires et des témoignages : Puzzle of downfall children (2009)
Les Pentes de la Croix-Rousse, Jacqueline Salmon, 1990.
- Photographies réalisées à l’occasion de l’opération Traboules blues mise en oeuvre le 8 décembre 1989. Jacqueline Salmon, photographe autodidacte, est née en 1943. Elle s’intéresse aux rapports entretenus par la photographie avec l’architecture. Autres ouvrages photographiques de Jacqueline Salmon : voir le catalogue

Lyon à travers la photographie de presse
Au cours du XXe siècle, la photographie est devenue une alliée indispensable de la presse. La photographie de presse nous apporte un témoignage précieux sur la vie lyonnaise et les petits ou grands évènements qui ont marqué la ville. Quatre ouvrages ont été publiés à partir des collections photographiques du Progrès, quarante années commentées par l’historien Gérard Chauvy.
Lyon, les années 40
Lyon, les années 50
Lyon, les années 60
Lyon, les années 70

[actu]XXIe siècle[actu]

L’ère de la photographie numérique et des réseaux. Alors que la photographie trouve sur le net de nouveaux moyens de diffusion et que de nouvelles possibilités s’ouvrent dans le domaine de la création photographique, l’édition photographique est toujours florissante. Les « beaux livres » s’assument en couleur, et résolument tournés vers le présent, intégrant l’architecture contemporaine aux atours lyonnais. Impossible de tous les citer.
Certains ouvrages prennent cependant le temps de se retourner, et de mettre en résonnance images d’aujourd’hui et images du passé, d’un Lyon en mutations.

Lyon, dialogue des temps, Borgé, Neyrolles, 2008
- Les deux auteurs ont souhaité faire le portrait évolutif de Lyon par un dialogue d’images anciennes et nouvelles.
Retour à Lyon : les mêmes lieux photographiés d’un siècle à l’autre, Daniel Quesney
Lyon, La Confluence, Mémoires en mutation, photographies de Jacques Damez

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Lyon memoires mutation

Derniers ouvrages publiés :
Lyon, photographies, Georges Noblet, Erick Saillet ; préface, Jun Märkl ; textes, François Gaillard, Didier Repellin, Guy Darmet, Albert Constantin, Antoine Perragin
- Les textes accompagnant ces photos sont rédigés par des personnalités travaillant soit pour la ville de Lyon, soit dans un domaine artistique à Lyon.
Lyon, photographies Michel Vanden Eeckhoudt
- L’ouvrage compose une promenade à travers son patrimoine culturel qui conjugue héritage antique et création contemporaine. Monuments, gastronomie, célébrations locales et lieux emblématiques de la ville sont ainsi représentés.
Lyon, un autre regard à 360°, photographies et conception Thierry Brusson
- Chaque double page présente un assemblage numérique de photographies grand-angle sur 360° proposant ainsi une vision inhabituelle des lieux de la ville qui peuvent alors être à la fois familiers et méconnaissables.

L’apparition de la photographie numérique dans les années 1990 et le développement d’applications de partage comme Flickr, créé en 2003, ouvrent une nouvelle voie à la diffusion des photographies. En parallèle, les actions de numérisation des fonds photographiques conservés dans diverses institutions et fonds d’archive se multiplient en vue de sauvegarder et de rendre accessible ce patrimoine jusqu’alors caché. Une convergence s’opère ainsi entre photographies d’hier et d’aujourd’hui, ce qui est d’ores et déjà considéré comme du « patrimoine » et ce qui le deviendra un jour.

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Fête des lumières 2010
(Marcos, Lyon Figaro, coll. BML, Licence CC)

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[actu]Sauvegarder et diffuser les archives photographiques[actu]

Plusieurs institutions publiques lyonnaises conservent des fonds photographiques sur Lyon et la région : Archives municipales et départementales, Musée Gadagne, Bibliothèque municipale de Lyon… Soutenues par le Ministère de la Culture et de la Communication, des démarches de numérisation de différentes collections ont été engagées depuis les années 2000. Allant plus loin, certains de ces fonds ont été rendus publics sur le web : c’est le cas de la collection de cartes postales des Archives municipales de Lyon, des archives du théâtre des Célestins (qui contiennent de nombreuses photographies), ainsi que d’une partie des collections photographiques régionales de la Bibliothèque municipale de Lyon, intégrées dans la base « Photographes en Rhône-Alpes ».

[actu]Un projet collaboratif : Clichés 2 Villes[actu]

Clichés 2 Villes est un projet de numérisation et de partage de photographies qui associe le Rize, Centre Mémoires et Société de Villeurbanne et la Bibliothèque municipale de Lyon. Ce projet est doublement collaboratif : il fédère deux institutions territoriales autour d’un photoportail (lancement prévu d’ici fin 2011) et il associe des photographes amateurs ou professionnels à la constitution d’une mémoire collective. Le futur photoportail mettra ainsi à disposition du public cette mémoire collective, constituée des fonds propres du Rize et de la bibliothèque municipale de Lyon et des photographies privées prises par les habitants des deux villes.

Ce projet est soutenu par le Ministère de la Culture à hauteur de 40 000 euros.

En attendant le lancement du photoportail, la Bibliothèque de Lyon et le Rize organisent également des ateliers d’initiation à la photographie animés par des professionnels qui ont pour objectif de collecter de nouvelles images des deux villes. En trois jours, la formation alterne analyse d’images, théorie, sortie sur le terrain pour les prises de vue et travail de retouche des images. Une sélection des clichés réalisés en décembre lors des ateliers photographies de la Bibliothèque municipale de Lyon seront bientôt exposés à la bibliothèque sous la forme d’un album collectif. D’autres ateliers seront programmés au printemps. Les deux partenaires ont décidé d’inscrire leur démarche au sein du grand réseau mondial en créant un groupe Clichés 2 Villes sur Flickr, où figurent la production des ateliers photo mais aussi des photographies déposées par des usagers de Flickr.

Pour en savoir plus sur le projet et le dépôt de photographies :

Bibliothèque municipale de Lyon
Documentation régionale – Photoportail
30 boulevard Vivier-Merle – 69431 LYON CEDEX 03
Tél. : 04 78 62 19 07
Courriel : docreg.bmlyon@yahoo.fr

Le Rize, Centre Mémoires et Société
23-25 rue Valentin-Haüy – 69100 VILLEURBANNE
Tél. : 04 37 57 17 17
Courriel : lerize@mairie-villeurbanne.fr

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Quais du Rhône
(D. Chaussende, 2009, Photographes en Rhône-Alpes, Creative Commons)

[actu]A la bibliothèque, « Photographes en Rhône-Alpes » fait peau neuve[actu]

La Bibliothèque municipale de Lyon a mis en ligne ses premières collections photographiques régionales en 2007. Il s’agissait du fonds Jules Sylvestre (1859-1936), photographe professionnel et collectionneur, dont les 4 500 photographies – plaques de verre ou tirages papier – couvrent un siècle d’urbanisme à Lyon et Villeurbanne, de 1850 à 1950. A l’occasion du projet Clichés 2 Villes, qui prévoit la numérisation de plus de 20000 photographies au cours du premier trimestre 2011, la bibliothèque a développé une nouvelle version de sa base Photographes en Rhône-Alpes sur des standards ouverts.

Photographes en Rhône-Alpes rassemble plusieurs fonds photographiques conservés à la Bibliothèque :

  • Le fonds Jules Sylvestre, qui comprend les clichés de ce photographe professionnel ainsi que sa collection de photographies anciennes. Découvrir Jules Sylvestre
  • Les photographies de Marcelle Vallet, photographe et enseignante qui a fait don à la Bibliothèque de près de 5000 pièces. Découvrir Marcelle Vallet
  • Celles de Georges Vermard, un photographe de la presse quotidienne locale, dont la Bibliothèque conserve près de 15000 photographies. Découvrir Georges Vermard
  • Une partie du fonds photographique du journal Lyon Figaro, paru de 1986 à 2006 (le fonds se compose de milliers de documents iconographiques, négatifs, tirages papiers et clichés numériques)
  • Ces collections sont désormais complétées par les contributions des lyonnais, photographes amateurs ou professionnels, qui souhaitent archiver leurs photographies au sein de la Bibliothèque (les clichés argentiques sont numérisés et rendus à leurs propriétaires). En décembre 2010, environ 500 photographies ont ainsi fait l’objet d’un don.

Accéder à Photographes en Rhône-Alpes nouvelle version, dans laquelle 5000 photographies produites entre 1840 et 2010 sont déjà consultables.

Ces collections sont aussi présentées sur Flickr : Mémoires vives de Lyon


[1] Un festival en danger, Claude Kovatchévitch, in : Le Coup de Grâce, n°4, printemps 2010, p. 36

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