L’immigration à Lyon : les crises

- temps de lecture approximatif de 31 minutes 31 min - Modifié le 17/06/2016 par ameyer

Depuis près de trente ans, le terme « intégration » est récurant en France. Il sert à désigner tout autant le degré d'assimilation des dernières vagues de migrants que les politiques publiques successives qui ont été menées.

Emeutes de Vaulx-en-Velin
Emeutes de Vaulx-en-Velin Marcos Quinones, fonds Lyon Figaro

Sommaire

Les émeutes à Vaulx-en-Velin
Les réponses à la crise
2015 : la crise des demandeurs d’asile

Les émeutes à Vaulx-en-Velin

Les politiques d’intégration ont pu directement s’attacher à favoriser l’insertion socio-économique et nationale des populations visées, comme en témoignent les mesures ébauchées sous le septennat de Valéry Giscard d’Estaing et lors des premières années de présidence de François Mitterrand. Mais elles ont aussi eu tendance avec le temps à prendre une dimension communautariste, c’est à dire à faire coïncider des espaces et des populations qui sont ensuite qualifiés de « sensibles ». Les quartiers difficiles de la banlieue lyonnaise sont tristement célèbres pour avoir marqué les grandes étapes de la politique de la ville. En 1981, c’est le « rodéo des Minguettes », des affrontements mobiles entre forces de l’ordre et jeunes des quartiers. Dix ans plus tard, en 1990, les émeutes de Vaux-en-Velin, suite à la mort d’un jeune motard, Thomas Claudio, poursuivi par la police, marquent la véritable prise de conscience d’un « problème des banlieues ».

Les facteurs du développement des émeutes

Selon un article rédigé par Virginie Linhart, (Des Minguettes à Vaulx-en-Velin : les réponses des pouvoirs publics aux violences urbaines« , Cultures & Conflits, 06, été 1992) plusieurs facteurs sont à prendre en compte pour comprendre le développement d’émeutes, comme ce fut le cas à Vaulx-en-Velin en 1990. Les événements d’octobre 1990 qui se sont déroulés au Mas du Taureau ne peuvent être considérés comme des épiphénomènes ; les conditions du déclenchement des affrontements (la nouvelle de la mort de Thomas Claudio – comme leur déroulement, mise-à-sac de commerces, heurts violents avec la police, rodéos de voitures) s’inscriront par la suite dans un processus de répétition tragique que subiront la cité des Indes de Sartrouville en mars 1991, puis Mantes-la-Jolie en mai et juin de la même année. Il ressort de son étude qu’un des principaux éléments déclencheurs vient du rapport qu’entretiennent les jeunes avec les forces de police en présence dans les banlieues : Les élus n’ont pas les moyens de contrôler les modes d’intervention de la présence policière, notamment ses rapports avec la jeunesse issue de l’immigration, cible d’une injustice dont le harcèlement routinier des contrôles d’identité reste la forme la plus directe. Ils sont parallèlement confrontés à une demande sécuritaire qui réclame explicitement une augmentation de cette présence et risque de jouer l’agent provocateur de l’émeute par trop de contrôle systématique. Aujourd’hui, l’explosion de la violence collective, dénonce, comme au temps des Minguettes, ces procédures policières routinisées . Cependant, en 1990, un facteur supplémentaire était à prendre en compte : la guerre du Golfe a en effet certainement joué un rôle dans la mise en place d’un processus d’affrontement devenu régulier. Face aux suspicions très lourdes qui pesaient à son endroit (dans les quartiers, la population de souche achetait des armes, les lieux de culte musulmans étaient étroitement surveillés, les contrôles au faciès renforcés sous le nom « Opération vigipirate »), la population d’origine maghrébine a été sommée tout au long du conflit de choisir son camp. Le calme des banlieues a pu être interprété comme la démonstration d’une intégration enfin aboutie. Or, une fois le conflit terminé, la jeunesse issue de l’immigration en constatant qu’elle demeurait la cible privilégiée des contrôles systématiques se dotait de nouvelles références. La révolte palestinienne est devenue le modèle d’une Intifada des banlieues que l’on exerce à l’encontre de l’oppresseur désigné, la police, dans le cas français .

Une culture de l’émeute

Les enquêtes menées dans les quartiers en difficulté permettent de mettre en évidence un premier paradoxe qui implique de poser la question de la présence policière au quotidien. La violence urbaine exercée aujourd’hui dans les quartiers en difficulté pose problème par ce qu’elle exprime mais également par ce qu’elle déclenche. Elle semble amorcer un nouveau mode de relation entre les jeunes des cités et le monde politique. Ces violences, comprises comme l’expression d’un malaise collectif, sont entendues par les responsables institutionnels. C’est parce qu’il y a eu Vaulx-en-Velin que Michel Delebarre est devenu ministre de la Ville, se sont les émeutes de Sartrouville qui ont obligé le maire Laurent Wetsel à débloquer la procédure de développement social urbain dont il conditionnait la mise en place à un renfort des effectifs de la police municipale. Ces réactions « immédiates » aux débordements créent les conditions d’une reproduction de ce type de violence, puisque désormais les jeunes ont acquis la certitude qu’il leur faut tout casser avant d’être écoutés. Cette culture de l’émeute risque d’être de plus en plus difficile à gérer parce qu’elle tend à menacer de façon permanente l’institution locale, et à travers elle les dispositifs nationaux. Ainsi, le développement d’une instrumentalisation de la violence urbaine est l’un des aspects les plus négatifs de ces explosions de colère : il fait peser sur le quartier une atmosphère quotidiennement détestable ressentie par tous, habitants, jeunes, forces de l’ordre, travailleurs sociaux, élus locaux… .

La conclusion des émeutes de Vaulx-en-Velin

Ces violences ont éclairé les dysfonctionnements de la politique de la ville à plusieurs niveaux. Sur le plan local, on assiste sans doute à la prise de conscience de l’insuffisance d’une politique dont les principaux efforts ont porté sur les réhabilitations, à l’occasion desquelles on a tenté de plaquer quelques bons préceptes des initiateurs de la politique de la ville. La participation des habitants ces dix dernières années a davantage été sollicitée, tant sur des options esthétiques sur le bâti que sur des questions qui auraient introduit une possible modification du cadre de vie. Jusqu’ici, l’ensemble des partenaires de la politique de la ville ont pensé que les investissements sur le bâti auraient des conséquences décisives sur le malaise des banlieues, l’accompagnement social étant davantage perçu comme un « luxe ».

Dans les années 1990, on touche les limites extrêmes de cette réhabilitation pour laquelle la France a montré un grand savoir-faire. D’une part parce que ces travaux n’ont pas permis de résoudre le mal de vivre dans les cités ; alors que pour les professionnels, ils étaient perçus comme le moyen d’acquérir la paix sociale, ils étaient compris par les habitants comme leur étant dû : ne payent-ils pas ces modifications par des hausses de loyer qui les conduiraient bien souvent, si le choix leur en était donné, à les refuser ? D’autre part, parce que les réhabilitations ont souvent été prétexte à l’expression d’un racisme exacerbé dans les quartiers où la population de souche française a le sentiment que ses impôts vont aux Arabes. L’émeute urbaine a rappelé alors l’essence de tous les rapports qui fondent historiquement la politique de la ville : la population des quartiers défavorisés est toujours privée de la parole.

Bibliographie

Virginie Linhart, Des Minguettes à Vaulx-en-Velin : les réponses des pouvoirs publics aux violences urbaines, Cultures & Conflits, 06, été 1992

Evènements de Vaulx-en-Velin : articles de presse , ADRI, Agence pour le développement des relations interculturelles

Les émeutes de Vaulx-en-Velin : automne 1990 , dossiers de presse édités par la Bibliothèque Municipale de Lyon.

Les étrangers dans la région Rhône-Alpes, dossiers de presse couvrant les années 1974-1992 édités par la Bibliothèque Municipale de Lyon.

Base dossiers de presse Rhône-Alpes : cette base met à la disposition du public les dossiers de presse contenant des articles postérieurs à 1992.


Les réponses à la crise

Au plan national

Au niveau national, l’explosion de violence dans l’agglomération lyonnaise en octobre 1990 a eu pour conséquence la mise en place d’une unité de commandement politique en la personne d’un ministre d’État, cinquième personnalité du gouvernement, expression d’un souci d’efficacité de l’action publique qui hiérarchise traditionnellement les objets de son travail. On espérait ainsi « obliger » certaines administrations centrales, dont on estimait qu’elles n’avaient pas su s’adapter aux nouvelles fonctions qui leur étaient imparties dans le cadre des politiques urbaines transversales, à s’engager davantage dans l’interministérialité et le partenariat.

Dès sa nomination, le ministre de la Ville réclamait le renforcement de deux types d’actions : l’encadrement scolaire dans les quartiers en Zone d’éducation prioritaire, dont la géographie recouvre quasi-parfaitement les quartiers en développement social urbain, et la mise en place d’un système d’îlotage (police de proximité) dans un certain nombre de ces quartiers. Au sein de l’État, ces explosions ont donc déclenché un large débat sur les conditions de réussite d’une politique qui tendait à l’institutionnalisation la plus classique, oubliant que ce qui en avait fait son intérêt majeur était le principe d’innovation. A ce titre, de grands programmes d’évaluation au niveau territorial et national ont été mis en œuvre et financés par des fonds publics. De même, le vide législatif qui caractérisait cette politique a été pour partie comblé par la loi Besson, la loi sur la solidarité financière des communes et la loi d’orientation sur la ville. Les débats sur les moyens financiers de la politique de la ville et leur utilisation relancés par l’explosion d’octobre 1990 et poursuivis tout au long de l’année 1991 à la suite de l’embrasement d’autres quartiers posent un certain nombre de problèmes quant à la coordination entre les effets d’annonce publique des décideurs nationaux et la gestion au niveau local pour les élus municipaux. De même, l’idée selon laquelle les phénomènes de violence doivent être traités dans leur ampleur in situ en exerçant un effort particulièrement intensif sur une série de sites choisis en fonction d’handicaps particulièrement lourds (pourcentage de Rmistes, de chômeurs de longue durée, de familles monoparentales, d’immigrés, de logements sociaux, de familles issues des Dom-Tom…) permet l’établissement d’une liste de sites pilotes pour l’intégration sélectionnés au niveau de l’administration centrale (secrétariat général à l’Intégration, ministère des Affaires sociales responsable du Fonds d’action sociale) qui fait fi de toute la logique contractuelle entre l’État et les collectivités locales, fondatrice de la politique de la ville.(1)

Le mouvement associatif

On se souvient que les émeutiers des Minguettes du début des années 1980 étaient à l’origine du mouvement associatif des jeunes des banlieues issus de l’immigration. On constate, dix ans plus tard, que c’est toujours après l’épreuve de force que le mouvement associatif se constitue. Les événements d’octobre 1990 et de l’année 1991 n’ont pas démenti cette logique qui a vu, une fois l’explosion calmée, se constituer des comités d’action et de nouveaux leaders émerger. Des structures associatives, directement issues des incidents, comme le comité Thomas Claudio devenu l’association Agora, très représentative de la jeunesse du Mas du Taureau, se sont construites à partir des incidents et avec une partie des fauteurs de troubles, acquérant une légitimité qui leur a permis de négocier avec les municipalités.

Une politique de désenclavement des quartiers dits « sensibles » : l’exemple de la Duchère

A la suite des différents événements survenus dans les banlieues, la politique gouvernementale et locale a été redéfinie et a abouti à une volonté de désenclavement des quartiers dit « sensibles » ; ceci a engendré la destruction des « grands ensembles ». C’est en 1990 que François Mitterrand et l’architecte Roland Castro commencent à évoquer cette destruction. En 2005, la rénovation du quartier de la Duchère en est un exemple avec la démolition de la barre des 210. Cette barre, sortie de terre en 1962, était une des nombreuses aberrations architecturales présentes dans le décor des quartiers périphériques des grandes agglomérations. Sa destruction constitue une nouvelle étape pour le Grand Projet de ville du quartier de La Duchère. D’autant qu’elle a un coût : 8,6 millions d’euros pris en charge à 90% par l’État (6,7% par le Département, 3,3% par la Ville) dans le cadre du plan Borloo qui a donné un coup d’accélérateur à la disparition de ces barres, symboles d’une réponse d’urgence à un besoin de logement dans les dernières décennies. Le projet urbain de La Duchère prévoit d’ici à quinze ans la démolition d’environ 1 500 logements locatifs sociaux dont les deux tiers sont propriétés de l’OPAC, comme la barre 210. Cette étape a commencé en 2003 par la destruction des 162 logements de la barre 200. Elle a été menée à bien par la même société, Cebtp démolition. Préalable à cette destruction, l’opération de relogement des usagers qui a été réalisée en moins de deux ans, 56% des personnes ayant choisi de rester dans le 9ème arrondissement. L’espace libéré va permettre, au printemps 2006, de démarrer le chantier de construction de trois petits immeubles de logements de sept niveaux maximum dont une résidence d’étudiante avec des commerces en rez-de-chaussée, des équipements publics (une nouvelle bibliothèque) ainsi que la création d’une place centrale et d’une nouvelle voie reliant La Duchère à l’Ouest lyonnais. Trois articles de Lyon-Figaro datant des 27 (« Foudroyage annoncé ») et 28 (« 12h18 la tour tombe » et « La 210 est tombée ») octobre 2005 reviennent sur la destruction de cet immeuble.

Bibliographie

Virginie Linhart, Des Minguettes à Vaulx-en-Velin : les réponses des pouvoirs publics aux violences urbaines, Cultures & Conflits, 06, 1992

Schwartz Annie, La Duchère, 40 ans, Lyon, Audacce, 2003

Sur le site du Grand Lyon. La Duchère fait partie des grands projets en cours. Voir aussi le site de la Mission Lyon-La Duchère

Franche Duchère ! un article daté du 15/03/2006 ; Le quartier de La Duchère, dans le 9ème arrondissement de Lyon, fait l’objet d’un des 4 Grands Projets de Ville de l’agglomération lyonnaise, dont l’objectif est d’agir autant sur le volet social que sur le cadre urbain : le quartier va bouger jusqu’en 2013, avec en 2007-2008 la construction de 1 200 logements neufs pour remplacer les 750 partis en poussière lors de la destruction de la tour 210 le 27 octobre 2005…

Les étrangers dans la région Rhône-Alpes, dossiers de presse couvrant les années 1974-1992 édités par la Bibliothèque Municipale de Lyon.

Base dossiers de presse Rhône-Alpes : cette base met à la disposition du public les dossiers de presse contenant des articles postérieurs à 1992.


(1)Virginie Linhart, Des Minguettes à Vaulx-en-Velin : les réponses des pouvoirs publics aux violences urbaines, Cultures & Conflits, 06, 1992


2015 : La crise des demandeurs d’asile

En 2015, Lyon est toujours ce « carrefour des peuples » qui prend sa part dans l’accueil des migrants, mais l’ampleur européenne de la crise de la demande d’asile et les nouvelles dispositions exigent de prendre en considération un territoire plus large, celui de la Métropole ou de la Région Rhône-Alpes.

Sommaire

Comment cette crise de la demande d’asile touche- t’elle la Région Rhône-Alpes ? Le Rhône et la Métropole ?
Migrants des « pays d’origine sûrs » : Albanais, Kosovars, Serbes… et Roms
Demandeurs d’asile : Irakiens, Syriens…
Ces associations qui aident les migrants
Nouvelles publications

Comment cette crise de la demande d’asile touche t’elle la Région Rhône-Alpes ? Le Rhône et la Métropole ?

Dans son article consacré à l’Etat des lieux 2010 de Forum réfugiés-Cosi, Maurice Blanc pointait du doigt le mensonge de « l’invasion de la forteresse Europe » par les demandeurs d’asile puisque, dans la réalité, 80% sont accueillis dans des pays pauvres proches de leur pays d’origine. « La notion selon laquelle on observe un afflux de demandeurs d’asile dans les pays les plus riches est un mythe. Malgré ce que prétendent certains populistes, nos statistiques montrent que les nombres sont restés stables. » affirmait Antonio Guterres, Haut commissaire des Nations Unies pour les réfugiés. Par ailleurs, dans ce même Etat des lieux et anticipant les débats d’aujourd’hui, les auteurs se penchaient déjà sur le cas d’Haïti, où un séisme de magnitude 7 fit 220 000 morts en 2010. Haïti était un « cas d’école, la matérialisation du scenario catastrophe qui point à l’horizon 2050 dans lequel pauvreté, mauvaise gouvernance et crise environnementale constituent le cocktail explosif duquel résultera l’augmentation exponentielle du déracinement forcé. ». Pour autant, en 2010, les auteurs préconisaient, non pas d’élargir le statut de réfugié aux « réfugiés climatiques » ou « économiques », mais de prendre le temps de construire des solutions adaptées.

***Maurice Blanc. L’asile en France et en Europe., vol. 29 – n°4 | 2013, article mis en ligne le 01 décembre 2013.

***Forum Réfugiés.L’asile en France et en Europe. État des lieux 2010, Revue européenne des migrations internationales

***Forum réfugiés-Cosi, qui publie ces Etats des lieux est une association loi 1901 créée en 1982, comptant plus de 100 salariés. Elle a été fondée à Lyon sous le nom de Comité rhodanien d’accueil des réfugiés et de défense du droit d’asile, à l’initiative de plusieurs associations telles que le Secours catholique, la Cimade, Entraide protestante, le Centre Pierre Valdo, la Sonacotra, avec pour mission l’accueil et la protection des réfugiés. L’association reçoit des financements du public et du privé, soutiens nationaux, européens et internationaux ; en février 2010, Forum réfugiés a fusionné avec le Centre d’information et de solidarité avec l’Afrique, devenant Forum réfugiés-Cosi. Un exemple de son action : en 2012, la préfecture du Rhône a régularisé une centaine de Roms et missionné l’association pour les accompagner vers l’emploi, favoriser la scolarisation des jeunes et l’apprentissage du français par les adultes. Forum réfugiés-Cosi a été dirigé par Olivier Brachet, aujourd’hui vice-président PS du Grand Lyon en charge de l’habitat et du logement social. Son directeur actuel est Jean-François Ploquin.

Le dernier rapport publié par Forum réfugiés-Cosi (2014), donne de précieuses indications pour comprendre la situation des réfugiés dans le monde, en France, en Rhône-Alpes, dans le Rhône.

Sur les pays d’origine des personnes demandant l’asile en Europe : en tête la Syrie, suivi de la Russie et de l’Afghanistan, avec une hausse d’un tiers entre 2012 et 2013.

Le trio de tête des pays européens en 2013 pour les demandes d’asile étaient : l’Allemagne, suivie de la France et de la Suède. La France était au 10e rang si l’on rapporte le nombre de demandeurs à la population du pays. En 2009, la France était le premier pays de destination, suivie du Royaume Uni et de l’Italie.

En 2013, les régions françaises recevant le plus de demandes d’asile étaient l’Ile-de-France (41%), suivie de la région Rhône-Alpes (11% de la demande nationale avec 5 101 demandes) avec une évolution de 14% entre 2012 et 2013.

En 2014, on estimait le nombre de demandeurs d’asile syriens ayant quitté leur pays à 2,5 millions. En 2013, 50 470 Syriens avaient demandé l’asile en Europe dont 1302 en France, soit 2,6%.

Le Rhône était le troisième département d’arrivée en 2013 avec 3 425 nouvelles demandes.

Le système d’asile à Lyon gère de manière ordinaire 2 000 à 3 000 arrivées par an.

L’organisation de l’accueil mise en place dans le département du Rhône est exemplaire à plus d’un titre. Trois structures travaillent ensemble, la Plate-forme d’accueil (PADA) située au 326 de la rue Garibaldi dans le 7e arrondissement, le Centre de transit, 19 rue de La Baïsse à Villeurbanne et l’Instance départementale d’admission concertée (IAC). La Plate-forme d’accueil est gérée par Forum réfugiés-Cosi par délégation depuis 2009 de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). La Plate-forme réunit en un même lieu l’ensemble des services liés à l’entrée dans la procédure d’asile et à l’ouverture des droits sociaux afférents aux demandeurs d’asile. Elle centralise les demandes d’hébergements. Le Centre de transit centralise l’offre d’hébergement au niveau départemental, régional et national. Le pilotage politique du dispositif est effectué par la Direction de la citoyenneté de l’immigration et de l’intégration (DCII) à travers une instance d’admission concertée qui réunit régulièrement les opérateurs (centre de transit, hôtels…) et les institutions (OFII…).
Le cœur du Dispositif national d’accueil (DNA), ce sont les Centres d’accueil des demandeurs d’asile (CADA). Ce dispositif est sous dimensionné, puisqu’en juin 2013, seulement 32% des demandeurs d’asile éligibles pouvaient être reçus en centre d’accueil, les autres pouvant éventuellement bénéficier d’un hébergement dans des hôtels ou des centres d’hébergement d’urgence.

***Forum Réfugiés.L’asile en France et en Europe. État des lieux 2014, Revue européenne des migrations internationales

*** Facebook Forum réfugiés

Migrants des « pays d’origine sûrs » : Albanais, Kosovars, Serbes… et Roms

A l’automne 2013, des demandeurs d’asile albanais, kosovares et serbes, campent sous le pont Kitchener-Marchand, sur la rive gauche de la Saône en face de l’entrée du tunnel de Fourvière. Saisi par le Grand Lyon d’une demande d’expulsion, le vice-président du tribunal de grande instance de Lyon, Gérard Gaucher, ordonne l’expulsion mais rappelle l’obligation au préfet d’offrir un abri aux demandeurs d’asile. Les capacités d’hébergement sont saturées avec 6 219 places dans le Rhône, dont 2800 pour l’asile (CADA et hôtels) selon Gérard Collomb, maire de Lyon. Jean-François Ploquin, directeur de l’association Forum réfugiés-Cosi préconise une meilleure répartition sur le territoire, d’autant que la régionalisation de l’accès au séjour, mise en place sous le précédent quinquennat, concentre l’arrivée des demandeurs d’asile sur les grandes villes, déjà saturées. « Il faudrait davantage solliciter les villes moyennes, ce qui n’est pas facile, car la pression des maires est très forte à un an des élections[municipales]. », explique Marc Uhry, directeur de la Fondation Abbé-Pierre en Rhône-Alpes.

Avec Adoma (ex-Sonacotra), Forum réfugiés-Cosi organise l’hébergement de 315 personnes dans 8 communes de l’Ardèche, de l’Isère et du Rhône. Sur décision du préfet du Rhône Jean-François Carenco, un village provisoire de 150 places, soit 25 unités de vie, est mis en place pendant l’hiver 2013 sur une ancienne friche SNCF appartenant au Grand Lyon, située sur la commune d’Oullins. 150 personnes, qui s’étaient ajoutées sous le pont quelques jours ou heures avant l’expulsion, ayant entendu dire que « si on voulait être hébergé, il fallait être là » n’ont pu être immédiatement relogées.

L’Albanie, la Géorgie, le Kosovo, ont été ajoutés en 2013 à la liste des « pays d’origine sûrs » établie par l’office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). En voici les conséquences : les ressortissants de ces pays, en théorie, ne seraient plus admis au séjour, ne pourraient solliciter un hébergement dans le cadre du dispositif national d’accueil. Chaque pays européen décide de sa liste, dont il semble que les ajouts récents s’apparentent à un effort de régulation face à l’augmentation du nombre de ressortissants de ces pays. Car ces pays ne sont pas véritablement « sûrs ». En effet, dans les régions guègues (Kosovo et nord de l’Albanie) et du Nord-Caucase, dans des sociétés claniques où le règlement des contentieux repose sur le droit coutumier (Kanun en Albanie), la pratique de la vendetta existe, revitalisée suite au délitement de l’autorité étatique. Pour le Haut commissariat aux réfugiés, les personnes qui craignent une « vengeance de sang » peuvent cependant être protégées par les Conventions de Genève au motif qu’elles constituent un groupe social.

Le cas des Roms est particulier. En 2012, Olivier Brachet les estimait à 15 000 en France, dont 1 000 à Lyon. Pour ce vice-président PS du Grand Lyon en charge de l’habitat et du logement social, ancien directeur de Forum réfugiés, il n’y a eu aucune évolution depuis 1994 : si les Roms sont désormais libres de circuler en Europe, et de s’installer où ils veulent – s’ils sont roumains, la Roumanie est dans l’Europe depuis 2006 – ils n’ont pas acquis le droit de dépendre des budgets sociaux ni de perturber l’ordre public en occupant des terrains privés. Ils sont donc régulièrement expulsés. Pour Olivier Brachet, leur avenir est en Roumanie où le Grand Lyon a choisi de financer des aides, sur place, à Tinca.

*** Débats du Conseil municipal, 14 octobre 2013. Intervention de Gérard Collomb, maire de Lyon, sur la problématique de l’accueil des réfugiés. Attribution de subventions au titre de la lutte contre les discriminations, de l’égalité et des droits des citoyens. Gérard Collomb expose d’une part le problème des Roms, avec le choix du Grand Lyon de financer des aides à Tinca en Roumanie et d’autre part la problématique de l’augmentation du volume de demandeurs d’asile en provenance des Balkans, soit + 213 %, par rapport au premier semestre de 2012

*** A Lyon, des demandeurs d’asile à la rue Site de RFI, 24 octobre 2013. Analyse les raisons de l’augmentation des demandes d’asile des Albanais : crise économique ou peur des vendettas.

*** A Lyon, les migrants jetés de dessous le pont : l’expulsion d’un campement repose le problème de l’hébergement des demandeurs d’asile. Libération, vendredi 25 octobre 2013, p14

*** A Lyon, les associations de réfugiés sur le pont : squat, un camp insalubre a été évacué hier. La plupart des demandeurs d’asile ont été relogés. Libération, le mardi 19 novembre 2013, p 16.

*** Je vais manger ton cœur, je vais te tuer !. Lyon capitale, 22 novembre 2013. La saturation du dispositif d’accueil crée des tensions très fortes entre les demandeurs d’asile et les associations qui s’y consacrent. Une cinquantaine de demandeurs d’asile, arrivés au dernier moment sous le pont Kitchener-Marchand, qui n’ont pu être relogés suite à l’évacuation, ont violemment manifesté à la plate-forme d’accueil des réfugiés.

*** Roms : leur avenir est en Roumanie. Interview d’Olivier Brachet. Mag2 Lyon, N°38, septembre 2012.

En avril 2015, une vague d’expulsions a lieu dans l’agglomération lyonnaise. « Ces derniers jours, un grand ménage a été fait par la préfecture sur décision de justice. Premier de la liste, le campement du quai d’Herbouville à Lyon 4e qui a été rasé le 10 avril. Ont suivi le 14 avril, l’expulsion de 115 Albanais, Kosovars, Roms… de deux squats de Gerland (Lyon 7e). Le lendemain, c’était au tour d’une quinzaine d’anarchistes occupant une maison à Vénissieux. Dernier de la série le 16 avril : la fermeture du bidonville de Bron, lui aussi, collé au périphérique où vivaient 115 Roms. » A Bron et dans le 4e arrondissement, la raison tient au problème d’insalubrité des sites ; pour Vénissieux, il s’agit de troubles à l’ordre public ; pour Gerland, d’un programme de construction de logements sociaux et d’une école. Les expulsés des squats de Gerland, qui ressemblent beaucoup à ceux du pont Kitchener-Marchand, ont été accueillis à Fourvière puis hébergés dans une usine désaffectée de Décines louée par l’Evêché, et enfin répartis dans des campings et des locaux paroissiaux, aidés par des associations. 60% de ces migrants sont visés par une obligation de quitter le territoire français. Jean-François Ploquin estimait alors qu’il manquait 700 places d’accueil pour les demandeurs d’asile, enjoignant l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) à raccourcir le délai de traitement des dossiers pour libérer plus rapidement les places dans les centres d’hébergement. Actuellement, la durée moyenne de traitement des dossiers par l’OFPRA et la cour d’appel (CNDA) est de 13 à 14 mois pendant lesquels les réfugiés sont en centre d’hébergement. En 2014, la Région disposait de 2532 places en CADA pour 5156 demandes.

*** Vague d’expulsions dans l’agglomération : et maintenant ? Le Progrès, samedi 18 avril 2015

*** Les pérégrinations des expulsés de Gerland. Le Figaro, lundi 1er juin 2015

Demandeurs d’asile : Irakiens, Syriens…

Après les décisions du Gouvernement français, Gérard Collomb, président de la Métropole, dans une interview au journal Le Point le 8 septembre 2015, annonçait la mise en place d’un dispositif structuré d’accueil avec les services de la Préfecture, les 59 communes, les bailleurs sociaux et les associations. Il apparaissait alors difficile d’anticiper sur le nombre de réfugiés que la Métropole pourrait recevoir.

Pour Jean-François Ploquin, la première étape serait d’associer tous les acteurs à un état des lieux. Sachant qu’on ne dispose pas des capacités suffisantes pour satisfaire tous les besoins, il faudrait innover en transformant des immeubles en habitations, en installant de l’habitant mobile sur des terrains nus. La Circulaire interministériel du 22 juillet détaille les modalités d’augmentation de la capacité d’accueil : davantage de places pour les migrants qui sont déjà là, l’accueil de 24 000 demandeurs d’asile en deux ans.

D. Barrier, fonds Lyon Figaro, BML.

Au même moment, le maire de Villeurbanne, Jean-Paul Bret, engageait sa ville, mettant en avant les atouts villeurbannais : une tradition d’accueil, un réseau d’acteurs réactif en matière d’hébergement, d’accompagnement social, scolaire et culturel.

Si demandes il y avait, l’ambition serait de répartir les familles dans toutes les communes de la Métropole. Mais si certaines communes comme Villeurbanne sont volontaires, cette proposition ne fait pas l’unanimité, certains maires insistant sur la nécessité de régler d’abord les problèmes existants, avec des demandes de logements en attente parfois depuis 5 à 6 ans.

Le 9 septembre, la France accueillait ses premiers réfugiés irakiens et syriens. Jean-François Ploquin évoquait les bénéfices partagés : les réfugiés, fragilisés, sont aussi pleins de ressources, ont une capacité de résilience impressionnante et expriment une vrai volonté d’intégration. « Leur arrivée peut, par exemple, signifier le maintien d’une classe, voire d’une école dans une petite commune. Des élus avec lesquels nous avons mené à bien de telles installations intègrent cet accueil à leur projet de territoire. »

Le 12 septembre, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve réunissait les maires avec les associations spécialisées dans l’accueil des migrants. Kléber Arhoul, préfet, était nommé coordinateur national des initiatives locales, interlocuteur de référence des élus et des préfets sur la question de l’accueil des réfugiés.

Alors que la France s’est engagée à accueillir 24 000 réfugiés en 2 ans, la Région Rhône-Alpes a prévu l’accueil de 2500 personnes et débloqué 500 000 euros. Les initiatives individuelles sont nombreuses et pour les fédérer, la Préfecture a créé une plate-forme. Pour le père Christian Delorme et Yves Grellier de la Cimade cette soudaine générosité s’explique par l’émotion suscité par le drame du petit Aylan.

Cependant, aucun afflux de réfugiés n’a été constaté, Gérard Collomb faisant état au contraire d’« une baisse de 35 % en 2014 et d’une tendance semblable en 2015 ». La hausse des demandes avait été de 300 % entre 2008 et 2003, (de 1097 à 3425 dans le Rhône), les 4/5 dans l’agglomération lyonnaise. Même tendance en Région Rhône-Alpes, avec 7100 demandes en 2013, 6000 en 2014, et d’après les projections, ce chiffre serait stable en 2015. En 2014, la Région n’avait d’ailleurs accueilli que 39 réfugiés syriens et 95 irakiens.

Les raisons de ce faible intérêt des réfugiés syriens est général pour la France :

  • selon Olivier Brachet, ancien directeur de Forum réfugiés, les « Syriens se méfient de la France, parce qu’ils pensent que Chirac était le copain du père de Bachar-El-Assad et qu’on a accueilli Bachar-El-Assad à l’Elysée en 2012 »
  • Camilla Caldini publie le 10 septembre 2006 un article sur le site FranceTVInfo qui donne d’autres raisons du peu d’intérêt des réfugiés pour la France :
    - Le chômage y est plus élevé qu’au Royaume Uni ou en Allemagne.
    - Les petits boulots sont rares, le travail au noir est sévèrement réprimé.
    - L’asile est plus compliqué à obtenir (13 à 14 mois en France, 6 mois au Royaume Uni ).
    - Le français est une barrière alors que la majorité des réfugiés maitrise plus ou moins l’anglais, qu’ils mettent quelques semaines à apprendre.

Enfin, pour Lyon, selon Gérard Collomb, le nombre des réfugiés accueillis serait probablement faible, car cette ville n’est pas sur la route des migrants. Le Gouvernement entend y remédier en proposant à des réfugiés quelques semaines de répit avant de poursuivre leur périple. Un certain nombre de migrants « viennent de rejoindre la région lyonnaise après avoir quitté la « jungle de Calais », dans le cadre d’une opération nationale destinée à désengorger l’immense bidonville du Pas-de-Calais. Sur les 400 réfugiés extraits cette semaine du camp de Calais vers sept régions françaises, 51 sont arrivés mardi 27 octobre au centre de transit de l’association Forum réfugiés, situé à Villeurbanne. »

La question se pose, l’hiver venant, d’une concurrence entre personnes susceptibles de bénéficier d’un hébergement en urgence. Un article du Monde du 2 novembre, intitulé « L’hébergement d’urgence sous pression » faisait état d’une absence de solution d’hébergement « pour 350 personnes chaque jour en Seine-Saint-Denis, 270 dans le Val-d’Oise, 200 à Toulouse (Haute-Garonne) et, sur les quinze derniers jours de septembre, 850 en Isère et 2 010 dans le Rhône. »

*** L’hébergement d’urgence sous pression . Le Monde du 2 novembre 2015.

*** A Villeurbanne, un « répit » offert à une cinquantaine de migrants venus de Calais. Le Monde, vendredi 30 octobre 2015.

*** La Métropole se prépare à accueillir des réfugiés qui, pour l’heure, n’affluent pas. Le Progrès du mardi 8 septembre 2015.

*** Réfugiés : les clés d’une installation réussie. La Gazette des communes, le 9 septembre 2015

*** Les chiffres sont modestes, raison de plus pour être hospitalier. Le Progrès du 13 septembre 2015

*** Réfugiés, comment la Région se prépare à les accueillir. Mag2 Lyon, octobre 2015.

*** Circulaire interministérielle du plan Répondre au défi des migrations : respecter les droits, faire respecter le droit »

*** Non, les migrants ne veulent pas tous rejoindre la France

Ces associations qui aident les migrants

*** La Fondation Abbé-Pierre. La Fondation Abbé Pierre est répartie sur l’ensemble du territoire, dont Rhône-Alpes et oeuvre au quotidien contre le mal-logement. Son fondateur, Henri Grouès est né à Lyon en 1912, dans une famille bourgeoise aisée et pieuse de négociants en soie.

*** Le Centre Pierre Valdo. Une magnifique propriété dans la rue Pierre Valdo, a été léguée à l’Entraide Protestante de Lyon en 1948 par une vieille demoiselle, pour en faire profiter des enfants et des personnes âgées. Elle est utilisée d’abord par des groupes de jeunes protestants bénévoles, lyonnais ou étrangers, qui développent les locaux et s’y réunissent. En Mars 1995, devant l’afflux de demandeurs d’asile, le centre Pierre Valdo ouvre un Centre d’accueil des demandeurs d’asile (CADA) dans la Loire. Aujourd’hui, l’association Entraide Pierre Valdo gère trois CADA en région Auvergne Rhône-Alpes.

*** Coordination urgence migrants. Créée par le Père Duffé, la Coordination est composée de personnes issues de mouvements laïcs, de la société civile, de mouvements religieux, ou encore agissant au nom de leurs propres convictions. Le Père Duffé a été délégué épiscopal à la pastorale de la santé du diocèse de Lyon, aumônier d’hôpital et vicaire épiscopal du diocèse de Lyon en charge des questions familiales, sanitaires et sociales. Il a coordonné l’accueil diocésain des Roms expulsés de leurs campements. Il vient d’être nommé aumônier national du CCFD-Terre solidaire . L’Eglise de Lyon a joué un rôle central ces dernières années dans l’accueil des migrants.

*** La CIMADE. La Cimade a pour but de manifester une solidarité active avec les personnes opprimées et exploitées. Elle défend la dignité et les droits des personnes réfugiées et migrantes, quelles que soient leurs origines, leurs opinions politiques ou leurs convictions. Elle lutte contre toute forme de discrimination et, en particulier, contre la xénophobie et le racisme.

*** ARALIS. Une association loi 1901 d’insertion par le logement qui propose un logement transitoire, pour répondre à diverses situations, avec, au cœur de son action, la préoccupation de tous ceux qui sont en difficulté d’accès au logement ou qui sont en mobilité dans la région. Elle offre simultanément, à ceux qui en ont besoin, des services pour l’accès aux droits, à la santé, aux soins, dans une perspective d’accompagnement vers un logement définitif.

*** ALYNEA accompagne des personnes en situation d’exclusion, dans des domaines tels que l’urgence, l’hébergement et l’insertion.

*** A Lyon, l’association Alwane met en relation les nouveaux réfugiés avec des familles d accueil françaises. Elle a notamment aidé Mazen. Ancien prisonnier politique en Syrie, parce que communiste, aujourd’hui, il est réfugié à Lyon. Reportage d’Oriane Verdier. Accueil de réfugiés syriens à Lyon

Nouvelles publications

*** Un dossier de Laurent Gonon, dans les Cahiers d’histoire sociale Rhône-Alpes. Lyon s’est enrichi des courants migratoires. L’activité productive et commerciale génère les migrations de populations. L’agglomération lyonnaise est située au carrefour des migrations européennes, et au-delà. Les périodes de crises ont toujours favorisé la résurgence d’idées xénophobes. Nous le voyons aujourd’hui, mais le passé en conserve aussi les traces.

*** Un film de Marilou Terrien : Paroles de Tchavés. Ce film va à la rencontre d’enfants roms migrants, scolarisés dans un quartier du centre de Lyon. A travers leurs témoignages, par des mots simples et spontanés, ces enfants évoquent leur quotidien à l’école, dans la rue, dans leur lieu de vie. Ils racontent leur parcours, leurs ennuis et évoquent leurs rêves. Depuis leur arrivée en France, avec leur famille, tous ont vécu plusieurs années en squats, bidonvilles ou voitures. Certains ont pu être relogés récemment, d’autres sont encore en errance continuelle, chassés de squats en squats. Leur parole esquisse les contours d’un débat sur les conditions d’accueil (logement, scolarisation) offertes par la France aux migrants européens, et tout particulièrement aux populations roms. Le DVD de ce film est accompagné d’une brochure sur la situation des personnes roms migrantes en France, et plus spécifiquement dans l’agglomération lyonnaise, concernant l’accès au logement, à la scolarisation et à l’emploi.

*** D’Azouz Begag en 2011 : Lyon, place du Pont : la place des hommes debout. Au cours du temps, la Place du Pont, coeur du quartier de la Guillotière, autrefois gros bourg à l’entrée de Lyon, est devenu quartier populaire et historique où les immigrés qui ont fait escale à Lyon au cours des siècles s’implantent, se retrouvent…
De ce carrefour de l’immigration, Russes, Allemands, Grecs, Italiens, Espagnols, Arméniens, juifs, Bulgares, maghrébins ont écrit l’histoire. Bien avant eux, le lieu dérangeait. Il cristallisait les haines, les psychoses et les fantasmes des Lyonnais, qui le considéraient comme un foyer d’infection, de délinquance, de contamination, de rébellion, de prostitution, de clandestinité… Des décennies durant, la place s’est trouvée dans le collimateur des équipes municipales qui ont tenté de la dompter pour la rendre lisse, moins exotique, plus banale. On a parlé de « reconquête » de ce lieu trop visible, trop bruyant, trop délabré, trop sale, trop central. Comme si c’était un lieu en trop. Mais la Place des Hommes Debout fait de la résistance, encore, toujours. Ici, les hommes ont refusé de plier. Ils sont restés debout. Et l’immeuble-phare érigé au milieu de la place n’a rien changé. La Place, lieu de centralité, reste la Place, lieu de sociabilité. C’est un lieu d’entraide, disent les uns, de confrontations surtout, rétorquent les autres. Le débat continue. L’histoire aussi.

*** Un dossier de Bruno Voisin, dans le journal Gavroche (N° 165, p. 18-27, 2011) intitulé Deux siècles d’immigration à Lyon : entre ghettoïsation et intégration citoyenne. A Lyon comme dans les autres grandes agglomérations plusieurs vagues d’immigration ont accompagné la révolution industrielle. Groupes et communautés migrantes ont constamment participé aux sociabilités populaires et aux luttes, aux dynamiques sociales, culturelles et artistiques locales. Un potentiel encore insuffisamment pris en compte dans les grands projets lyonnais actuels.

*** De Jean-Luc de Ochandiano en 2008/2011 : Lyon, un chantier limousin : les maçons migrants (1848-1940). Au milieu du XIXe siècle, les montagnes du Limousin, rurales et enclavées, semblent totalement coupées de la métropole lyonnaise, centre national de la soierie.
Pourtant, un lien s’est tissé entre ces deux univers, lien constitué par les migrations saisonnières qu’entreprennent, chaque printemps, plusieurs milliers de paysans limousins vers les chantiers de maçonnerie de Lyon. D’abord repliés sur eux-mêmes dans des quartiers bien délimités comme la Guillotière, les migrants s’intègrent peu à peu au reste de la population et jouent un rôle crucial, non seulement dans le développement de la ville, mais aussi dans l’évolution de la condition ouvrière et du syndicalisme dans le bâtiment lyonnais.L’ouvrage, qui nous fait parcourir un siècle de construction dans l’agglomération lyonnaise, souligne les étapes de l’évolution de la profession entre 1848 et la Seconde Guerre mondiale, donnant notamment un aperçu des techniques de construction et des conditions de travail. Enrichi par de nombreux documents et photographies d’époque, il retrace les grandes phases des migrations de Limousins à Lyon, tout en les replaçant dans leur contexte local, national, voire international avec l’apparition de filières migratoires plus récentes venues de l’étranger. Cette publication unique sur le sujet nous replonge au coeur du quotidien de ces paysans limousins devenus maçons lyonnais, qui ont largement façonné la ville que nous connaissons aujourd’hui.

*** Un dossier réalisé par Lucas Godignon, Vincent Lonchampt et Olivier Vassé dans La Tribune de Lyon, (N° 325, p. 18-27, 1 au 7 mars 2012), intitulé Chinatown sur Rhône . On estime à 15 000 le nombre d’asiatiques d’origine chinoise vivant dans l’agglomération lyonnaise. Après les réfugiés politiques dans les années 70, les étudiants chinois sont arrivés au début des années 2000 ? Et depuis trois ans, ce sont les businessmen qui ont pris le relais en investissant fortement à Lyon… Etat des lieux d’une communauté éclatée mais qui reste très soudée.

*** De Benjamin Vanderlick en 2012 : Migrants africains à Lyon : travail et maquis.

Un travail photographique sur les ouvriers-fondeurs africains qui vivent sur l’ensemble de l’agglomération lyonnaise et sur des lieux de divertissement, de sociabilité et d’expressions culturelles africains à Lyon.

*** Un ouvrage de Jean-Luc Ochandiano, paru en 2014, consacré aux italiens de Lyon. Lyon à l’italienne : deux siècles de présence italienne dans l’agglomération lyonnaise , avec la collaboration de Nuria Pastor Martinez.
Histoire de la communauté italienne de Lyon et de la vie de ces migrants dans leurs quartiers : régions d’origine, métiers, conditions de vie, xénophobie, intégration… Avec de nombreux témoignages, documents et photos d’époque.

*** Un dossier dans Lyon Capitale (N°742, p. 33 et suivantes, mars 2015) consacré aux Communautés : la mosaïque lyonnaise. Les journalistes s’interrogent sur la dynamique d’intégration des différentes communautés lyonnaises. Comment chacune concilie son attachement à la République et la préservation de sa culture ? A quels enjeux sont confrontées ces communautés aujourd’hui ? Ce dossier s’intéresse aux communautés juive, arménienne, turque, chinoise, irakienne et maghrébine.

Cet article fait parti du dossier Lyon, carrefour des peuples.

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