L’Info retrouvée

Le trésor retrouvé de la place Bellecour

- temps de lecture approximatif de 2 minutes 2 min - par Laurent D

Cette rubrique propose de revenir sur des événements survenus à Lyon et dans la région au cours des deux derniers siècles, dans les domaines les plus divers, à travers un article de la presse locale de l’époque, une photographie, ou une illustration

Sous la Statue de Louis XIV. Le trésor de Bellecour. Georges Vermard. Bibliothèque municipale de Lyon
Sous la Statue de Louis XIV. Le trésor de Bellecour. Georges Vermard. Bibliothèque municipale de Lyon

27 juillet 1966, place Bellecour. Un attroupement se forme autour de la statue équestre de Louis XIV. Sous l’œil vigilant du maire, Louis Pradel, un artisan serrurier fait sauter à coup de burin, la soudure d’un coffret en plomb: le « trésor », que les terrassiers et les maçons ont mis au jour lors des travaux entrepris en vue de la construction du futur parking souterrain. Les historiens lyonnais sont également là, inquiets de savoir si l’ouverture du coffret viendra confirmer ce que disent les archives : des pièces rares et des documents précieux auraient été enfermés dans une cassette cachée sous la statue, pour marquer la pose de la première pierre du monument à la gloire du Roi Soleil, que les lyonnais, dans un sentiment de réparation, réédifièrent sur la place Bellecour en 1825.

Le coffre est enfin ouvert… stupeur ! Celui-ci ne contient que de l’eau. Se serait-on trompé ? Le coffre est tourné, retourné. La minute est cruelle pour les historiens que le maire fusille du regard. Puis un cri s’élève : « un double fond ! ». Sous le deuxième couvercle apparait le fameux trésor. Ouf ! Il revient alors au maire d’extraire de leur sanctuaire les pièces d’or, les médailles, le médaillon à l’effigie de Louis XVIII, et la plaque commémorative qui loue de jour où furent remis sur pied Louis XIV et son cheval : tout y est.

C’est donc toute une page de l’histoire de France qui revit avec cette mise à jour. On comprend quelle valeur symbolique conféraient à ces pièces et médailles les lyonnais de 1825 au moment où l’on érigeait un monument que les tourments révolutionnaires avaient détruits.

La question que tout le monde se pose à présent est de savoir ce que l’on va faire de ce « trésor ». Il se trouva bien quelques facétieux pour suggèrer que « quand on refermera le tout – on remette le coffre à la même place dans lequel on placera l’inventaire de ce qui n’y sera plus…et puis pour marquer le siècle où nous sommes, un suppôsitoire : une pièce d’un franc qui ne vaut plus qu’un centime et une pièce de vingt sous qui vaut cent francs… »

Sources

Le « trésor du cheval de bronze » in La Dernière heure lyonnaise, 27 juillet 1966
La plaisante sagesse du cheval de bronze in La Dernière heure lyonnaise, 28 juillet janvier 1966
• Le Progrès du 28 juillet 1966
• Guignol journal hebdomadaire humoristique du 11 août 1966

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