L’Info retrouvée

Le loup de Morestel

- temps de lecture approximatif de 2 minutes 2 min - Modifié le 04/01/2022 par Laurent D

Cette rubrique propose de revenir sur des événements survenus à Lyon et dans la région au cours des deux derniers siècles, dans les domaines les plus divers, à travers un article de la presse locale de l’époque, une photographie, ou une illustration

Source: Le Progrès de Lyon, 13 janvier 1954

12 janvier 1954, un public nombreux se presse dans le hall du Progrès de Lyon, rue de la République. On vient examiner avec curiosité l’impressionnante dépouille du « dernier loup » de France abattu l’après-midi même sur les terres de Vignieu (Isère). La bête exposée comme un trophée de guerre pèse 41 kilos et porte encore la trace de dix-huit coups de feu reçus au cours de la battue. La même scène était visible quelques heures plus tôt dans la campagne iséroise ; le matin à Vignieu, à midi à Morestel, l’après-midi à Sermérieu.

C’est un cauchemar qui prend fin pour les populations villageoises de la région comprise entre la Tour-du-Pin, Bourgoin et Morestel. La veille encore la bête éventrait férocement un chien non loin de la cour d’une ferme. Les rumeurs qui circulaient depuis l’été 1953 d’un « loup » tueur de chiens étaient donc justifiées. On disait le loup disparu du pays depuis 1937. L’exhibition itinérante de l’animal à travers les villages est comme la preuve vivante que toute cette histoire n’était pas un leurre. Il aura fallu 40 chasseurs et sept heures de battue pour venir à bout de la « Bête ». L’afflux de curieux est tel qu’il a été prévu de prolonger l’exhibition du loup le lendemain au marché de Bourgoin-Jallieu, moyennant un ticket payant. Malheureusement, le radoucissement du temps glacial a bouleversé ces prévisions. Il faut d’urgence se préoccuper de la conservation de l’animal si l’on veut assurer à la postérité un trophée de chasse d’une telle valeur.

Les communes qui ont participé à la battue entendent chacune faire valoir leur droit sur la dépouille. Pour l’heure, celle-ci est confiée, sur l’initiative du maire de Morestel, aux journalistes du Progrès de Lyon qui se trouvaient là. Il est convenu que le loup sera naturalisé à Lyon, aux frais du journal. Voilà comment, transporté le soir même dans le coffre d’une traction avant, le loup entre en héros quelques heures plus tard dans le hall du Progrès de la rue de la République permettant au journal un vaste coup de publicité.

« Que nos amis Dauphinois, surtout ne se chagrine pas à propos de ce loup dauphinois naturalisé Lyonnais ! ». Dans un mois environ, celui-ci, inoffensif cette fois, retournera sur ses terres. Morestel en aura la garde et l’entretien, à charge pour cette dernière de payer l’assurance annuelle contre le vol et l’incendie pour une valeur de 200 000F. Il est convenu, en outre que chaque année, Vignieu pourra prendre possession du loup du 1er au 15 août ainsi que deux autres fois, cinq jours consécutifs, à n’importe quelle époque de l’année. Sermérieu pourra le prendre du 16 au 21 août et Vasselin une fois l’an.

La mise à mort du loup de Vignieu, le 12 janvier 1954, a t’elle mit fin définitivement à la terreur ? Le 13 janvier 1954, on peut lire dans la presse locale, “qu’un gros chien au pelage gris jaunâtre, suivi de deux petits à la robe blanchâtre » a été aperçu sur le plateau qui s’étend entre Saint-Chef et Arcisse, dans le nord du département de l’Isère…

Sources consultées

• Un loup abattu à Sermérieu dans l’Isère, in Le Progrès de Lyon du 5 janvier 1954
• Sus à la bête !…, in Le Progrès de Lyon du 6 janvier 1954
• La mort du loup, in Le Progrès de Lyon du 13 janvier 1954
• Le lion de la Bâtie-Montgascon n’était peut-être pas un mythe, in Le Progrès de Lyon du 14 janvier 1954
• Grâce à ses cousins du parc de la Tête-d ‘Or, le loup de Morestel retrouvera une « pose vivante », in Le Progrès de Lyon
Une tradition en Dauphiné : les brûleurs de loups, 1954-1754

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