L’Info retrouvée

Le jour où « l’Apocalypse » est passée par Lyon

- temps de lecture approximatif de 1 minutes 1 min - Modifié le 14/08/2020 par Laurent D

Cette rubrique propose de revenir sur des événements survenus à Lyon et dans la région au cours des deux derniers siècles, dans les domaines les plus divers, à travers un article de la presse locale de l’époque, une photographie, ou une illustration

La Bible de Salvador Dali. Georges Vermard. © Bibliothèque municipale de Lyon
La Bible de Salvador Dali. Georges Vermard. © Bibliothèque municipale de Lyon

11 juillet 1961, escorté de la police motorisée un camion d’un type inhabituel stationne devant l’Hôtel de ville. A l’arrière du véhicule un panneau signale « Prudence ! Je transporte une bibliothèque de 650 millions de francs ainsi que le livre le plus cher du monde ». Ce livre de 210 kg qui ne se feuillette pas mais qui s’expose c’est le livre monument de « L’Apocalypse » imaginé par l’éditeur d’art Joseph Forêt. La seule couverture en bronze réalisée par Dali, ornée d’or et de pierres précieuses, pèse 150 kg. Les textes de saint Jean y sont illustrés d’œuvres originales de Dali, Buffet, Foujita, Fini, Mathieu, Trémois, Zadkine, et éclairés de textes de Cocteau, Rostand, Daniel-Rops, Guitton, Cioran, Giono et Jünger. L’œuvre serait inspirée par le gigantisme de la tapisserie de l’Apocalypse d’Angers et par l’ampleur des menaces de la Guerre froide. A Lyon on compte sur d’autres arguments pour frapper l’imagination : « Le livre qui étonne le monde entier. Prix 100 millions. Poids actuel 210kg». Les invités admis à comptempler cette œuvre phénoménale, « dernière cathédrale de l’artisanat occidental », ont été triés sur le volet. Louis Pradel fidèle à ses devoirs de maitre de cérémonie est présent, ainsi que de nombreux édiles lyonnais, des notoriétés de la publicité, de l’édition et de la presse. Bien que privilégiés les visiteurs ne disposent en tout et pour tout que de deux heures pour venir à bout de l’étrange exposition. Le « Livre de L’Apocalypse » reprendra la route, dès le soir, toujours escorté de ses « motards », en direction d’Aix-les-Bains où sera commémorée l’arrivée en France de la première presse exportée par Gutenberg. Il est dit qu’avant la fin de l’année « L’Apocalypse » atteindra Tokyo.

Sources utilisées

• « Dans l’atrium de l’Hôtel de Ville, le livre le plus lourd, le plus cher, sur un air d’apocalypse » in L’Echo-Liberté, 12 juillet 1961

• « Le livre qui étonne le monde entier : L’Apocalypse à nouveau à Lyon » in Dernière heure lyonnaise, 16 janvier 1961

 

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