Fleurs, fruits et légumes : l’épopée lyonnaise

- temps de lecture approximatif de 13 minutes 13 min - Modifié le 30/09/2022 par Admin linflux

Dans le cadre de l'évènement « L'Esprit d'un siècle, Lyon 1800-1914 », organisé par la Délégation à la culture et au patrimoine de la Ville de Lyon, le Jardin botanique de Lyon organise, du 21 mars au 24 juin 2007, en partenariat avec le laboratoire du CNRS Ressources des terroirs - Cultures, usages, société, une exposition consacrée aux espèces et aux variétés de légumes, fruits et fleurs créées à Lyon au XIXème siècle. L'occasion pour le public de découvrir l'histoire riche et passionnante de l'horticulture et de la botanique à Lyon au XIXème. Un détour par le passé de la ville au moment où Lyon élabore sa candidature comme capitale européenne de la culture en 2013. Les manifestations qui ont lieu au Jardin botanique sont les premières à inaugurer ce grand programme de découverte de Lyon au XIXème siècle

parc_028.jpg
parc_028.jpg

Exposition et visites pour découvrir autrement le Jardin botanique

* Dans le jardin Botanique : « Voyage dans le temps au Jardin Botanique »
Un itinéraire de découverte consacré aux nouvelles espèces de fleurs, fruits et légumes créés à Lyon au XIXème siècle. Au cours de ce parcours historique le visiteur peut découvrir l’importance de l’horticulture et de la botanique, à Lyon, à cette époque, pour différents secteurs d’activité économique ou artistique : médecine, pharmacie, agronomie, ébénisterie, dessins pour la fabrique de soieries, création de jardins, …etc. Est également abordée l’histoire du transfert du jardin des plantes des pentes de la Croix-Rousse au Parc de la Tête d’or en 1857.
Des visites guidées gratuites sont organisées les mercredis, samedis et dimanche à 14h 30, départ devant les grandes serres.

* Dans l’Orangerie du Parc de la tête d’or, une exposition qui nous plonge dans l’atmosphère de cette époque : outils anciens, objets de décoration, courriers historiques, photographies et affiches anciennes, plantes en vogue, les plantes dans l’art. Elle rend compte des savoir-faire agricoles, des hommes qui ont marqué les différentes périodes, des sociétés savantes structures porteuses de connaissances et de pratiques. L’Orangerie se transforme en véritable salon horticole du 19ème.
Sont évoqués les fruits, fleurs et légumes qui ont fait la fortune et le renom de Lyon et de sa région : roses, chrysanthèmes, pélargoniums, canas, dahlias, et parmi les fruits : Tardive d’Oullins, Cerise « Noir d’Ecully », Reine-Claude d’Oullins, Griotte du Lyonnais…

*Les 26, 27, 28 mai et 2, 3 juin 2007 : deux week-ends d’animations et d’informations sur les roses anciennes lyonnaises à l’Orangerie sont organisés par le Jardin Botanique en partenariat avec l’Association Roses anciennes en France.
Et, en l’honneur de l’exposition, la Société Française des Roses et le Jardin Botanique organisent un baptême de rose le 1er juin 2007, lors du concours international de Roses Nouvelles de Lyon.

*La soie et les fleurs.
Sur rendez-vous en semaine, organisation de visites guidées pour les groupes à la Maison des Canuts et au Jardin Botanique : découverte du jardin botanique, lieu d’inspiration des artistes du XIXème.
Tarifs et renseignements à la Maison des Canuts : 04-78-28-62-04


Un peu d’histoire sur ce jardin botanique de Lyon

La première installation d’un jardin botanique à Lyon se fait en 1763 à la Guillotière, espace clos utilisé pour les études de pharmacie des élèves de la première Ecole Royale Vétérinaire crée en France par Bourgelat. C’est en 1796 qu’est officialisé par l’administration centrale du Département du Rhône la création d’un jardin botanique pour la ville de Lyon dirigé par Emmanuel Gilibert, maire de Lyon et botaniste éminent.
Il est installé sur les pentes de la Croix-Rousse, dans un clos devenu bien national, l’ancienne abbaye de la Déserte. Destiné à un public restreint d’étudiants, de scientifiques et de religieux, il sert aussi d’inspiration à la peinture d’après nature des fleurs, et pour les motifs destinés aux ateliers de soieries lyonnaises. Le transfert au Parc de la Tête d’Or a lieu en 1857 avec les soins de N.-C. Seringe. Il s’étend aujourd’hui sur environ 8 hectares dont 6500 mètres carrés sont occupés par les serres, et est situé dans la partie sud-ouest du Parc. Il est une vitrine des productions horticoles de la région. Sa gestion est indépendante de celle du reste du parc. Le jardin est est aujourd’hui labellisé CCVS (Conservatoire des collections végétales spécialisées), avec notamment sa collection très réputée d’aracées avec près de 1000 accessions vivantes.

Le site du Jardin botanique de Lyon
A consulter l’historique , mais aussi l’ensemble car il est particulièrement foisonnant en informations sur la richesse patrimonial du Jardin botanique et sur les moyens qui sont offerts au public pour les découvrir

La botanique à Lyon avant la Révolution et l’histoire du jardin botanique municipal de cette ville, par René Gérard, Fnac, 2000, réimpression de l’édition de 1896.
L’auteur se consacre en premier lieu aux Lyonnais de renom qui ont joué un rôle dans les progrès de la botanique à partir du XVIème siècle. C’est en effet à cette période que les botanistes lyonnais commencent à s’affirmer. L’activité des imprimeurs prend son essor et les botanistes commencent à faire paraître des écrits. Quelques noms : Symphorien Champier, médecin de Charles VIII et de Louis XII, Guillaume Duchoul, Jean Bruyer, Dalechamp. Au XVIIIème, Claret de la Tourrette, l’Abbé Rozier, la famille de De Jussieu. L’auteur retrace ensuite la vie de Jean-Emmanuel Gilibert le fondateur du Jardin des plantes, avant de poursuivre l’histoire du jardin botanique de la Déserte au Parc de la Tête d’Or.
Le titre de couverture de cet ouvrage est : Du Jardin des plantes au Parc de la Tête d’Or

Le jardin botanique de Lyon, par A. Merget
Propose la vision personnelle du Jardin Botanique, de l’auteur, en 1876.

Le jardin botanique de la ville de Lyon, par Robert Douin, 1954
Une plaquette qui présente un tableau des collections de plein air et des collections de serres du jardin, telles qu’elles étaient dans les années 50, avec des photos en noir et blanc. L’auteur était professeur de botanique à la Faculté des sciences et directeur du Jardin botanique.

 

JPEG - 1.5 Mo

Flâneries au parc de la Tête-d’Or / Agnès Garcin, 2006

Un ouvrage qui retrace l’histoire du Parc de la Tête d’Or avec une partie importante consacrée au Jardin botanique. Un texte documenté nous fait découvrir la naissance et l’évolution du Jardin. Les abondants croquis et aquarelles reflètent harmonieusement la poésie de ce lieu.


L’Orangerie

Avant la création du Parc, l’Orangerie était implantée au Jardin des plantes de la Croix-Rousse où elle avait été construite en 1829 pour faire hiverner les orangers qui décoraient, à l’époque, la place des Terreaux. Elle est entièrement démontée en 1859 pour être installée, pierre par pierre entre le jardin botanique actuel et la voie ferrée. A cette occasion elle est agrandie de part et d’autre par deux pavillons de quatre arcades en plein cintre venant compléter les neufs autres. Sur sa façade quatre niches abritent des statues figurant les quatre saisons.


 

Deux documents à lire pour mieux appréhender l’exposition, prendre conscience de l’héritage fameux légué par les horticulteurs lyonnais de variétés de fruits, de fleurs et de légumes ainsi que des techniques culturales mises au point localement, indissociables de ce patrimoine végétal lyonnais :

 

  • Fleurs, fruits et légumes du bassin lyonnais : un patrimoine culturel et biologique à connaître et à conserver : note de synthèse par Stéphane Crozat, Philippe Marchenay, Laurence Berard (CNRS) sur la base Horti-Lyon.

Les coulisses du Jardin Botanique à la Ferme Lambert 

La ferme Lambert,  le plus ancien bâtiment du jardin,  est le pilier de la conservation des semences des plantes du jardin avec le laboratoire qui contient une chambre froide où 7000 lots de graines sont stockés. On y trouve les trésors du jardin botanique :

  • L’Herbier
    On peut estimer à 150 000 le nombre de spécimens conservés dans 844 cartons et 177 liasses. La salle de conservation est située au premier étage de l’Observatoire. Les collections sont tenues à la disposition des botanistes du monde entier. Ces milliers de vieux les herbiers que les spécialistes restaurent sont une véritable base de données pour l’identification des espèces
  • L’Index Seminum
    C’est le catalogue des graines récoltées au Jardin botanique de Lyon et mises à disposition pour des échanges entre jardins botaniques. Sont conservés en priorité les plantes à fructification rare ou celles qui se conservent mal. La graineterie permet aussi de faire des échanges avec d’autres jardins.
  • La Bibliothèque du Jardin botanique

Elle possède un fonds estimé à plus de 6000 documents. Des ouvrages des plus grands botanistes (Boissier, Curtis, de Candolle, Lamark, Linné..) souvent remarquables par leurs illustrations. Une partie du fonds est conservée provisoirement à la Bibliothèque municipale de Lyon. La bibliothèque du Jardin n’est pas directement ouverte au public, cependant elle est accessible sur demande à diverses catégories d’utilisateurs : chercheurs et universitaires, étudiants, particuliers amateurs de botanique membres d’associations ou non.

Source : L’incroyable trésor du jardin botanique / La Tribune de Lyon n°831, 10 novembre 2021


Sur le site, la rubrique : « Les Plantes de la semaine » permet de découvrir chaque semaine une plante de plein air et une de serre, au gré des floraisons.

Des supports de visites thématiques à télécharger et imprimer sont également proposés (6) : Plantes utiles de plein air, Plantes françaises en danger, Plantes tropicales en danger…

Le jardin botanique propose aussi un parcours audio-guidé pour accueillir les déficients visuels.

Des Sociétés savantes

Elles ont fédéré les scientifiques lyonnais et ont permis le rayonnement national et international de Lyon dans le domaine horticole et botanique

L’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon
Créée en 1700, elle possède un patrimoine considérable dont sa bibliothèque dont l’intérêt majeur réside dans ses manuscrits. Elle possède également des collections de médailles, des estampes des bustes en plâtre, etc. Depuis un siècle et demi elle édite la remarquable série : Mémoires de l’Académie des sciences, belles lettres et arts

1700-2000, L’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon : trois siècles d’histoire lyonnaise1700-2000, par Louis David, 2000
Livre empruntable à la BM, voir notamment les chapitres sur les agronomes de l’Académie, la botanique et les botanistes, les naturalistes.

La Société Linnéenne de Lyon
Fondée le 28 décembre 1822 comme une section locale de la Société Linnéenne de Paris par les membres correspondants lyonnais de celle-ci. Jean-Baptiste Balbis nommé directeur du Jardin des Plantes en 1819 est le premier président de la nouvelle société, la botaniste Clémence Lortet ancienne élève de Gilibert, fait aussi partie de la vingtaine de membres fondateurs parmi lesquels on comptait, outre des botanistes, des entomologistes, des zoologistes et des minéralogistes avec, parmi eux des professionnels et des amateurs, ce qui sera une des constantes de la Société Linnéenne de Lyon. Peu à peu, elle devient une société d’envergure nationale voir internationale. Elle publie le Bulletin mensuel de la Société Linnéenne de Lyon , mais aussi ses Annales et des ouvrages hors-série. En 1987, le tirage du bulletin s’élevait à 1750 exemplaires

La Société lyonnaise d’horticulture

JPEG - 25.9 ko

Créée en 1844, elle est toujours active. Son siège social est au Parc de la Tête d’Or (en face de l’île aux oiseaux). Elle organise des cours de jardinage théoriques et pratiques et des cours d’initiation et de perfectionnement à toutes les techniques de l’art floral. Elle publie un bulletin trimestriel : Lyon horticole

Voir l’article, publié dans le cadre de l’exposition, sur les moyens de transport et communications dont disposaient aux XIXème les horticulteurs dans le n° 653 du 1er trimestre 2007.

L’association Rhône-Alpes orchidées
Beaucoup plus récente, elle a son siège dans les locaux associatifs de la mairie du 8ème. Elle vise à promouvoir la connaissance et la protection des orchidées indigènes et exotiques. Elle organise des conférences, des sorties sur le terrain, une exposition internationale tous les 2 ans et édite une publication semestrielle : Rhône-Alpes orchidées, ainsi qu’un bulletin de liaison tous les mois.

De grandes expositions horticoles

La Société d’horticulture pratique du Rhône organisait dans les années 1840, chaque année une exposition au cours de laquelle avait lieu des concours où des prix étaient décernés aux plantes, roses, dalhias, au fruit le plus exquis et le plus beau, aux légumes remarquables les plus nouvellement introduits dans les cultures du Rhône, aux instruments d’horticulture remarquables… etc.

Auparavant la société opérait sous le nom de Société royale d’agriculture, histoire naturelle et arts utiles de Lyon et organisait pareillement des expositions de fleurs, de fruits, de légumes et d’instruments d’horticulture et d’agriculture.
Voir : ses documents

Voir également dans l’ouvrage : Lyon, cité de savants qui recueille les actes du 112ème congrès national des Sociétés savantes, le texte de Christian Bange sur La contribution des ecclésiastiques au développement de la botanique dans la région lyonnaise au XIXème siècle

Lyon capitale des roses

L’histoire de la rose se perd dans la nuit des temps. On lui prête des propriétés multiples secrètes et magiques. La reine des fleurs est étroitement liée au symbolisme de certaines religions, aux emblèmes de plusieurs états, provinces ou villes. Tout au long du XIXème siècle, un nombre incroyable de rosiéristes s’installent dans différentes régions de France, et tout particulièrement dans les régions parisiennes et lyonnaises. Très vite la prépondérance française dans la culture des roses s’impose dans l’ensemble du monde. A Lyon, Joséphine de Beauharnais qui aimait beaucoup cette ville donne une impulsion au Jardin Botanique de la Croix-Rousse en offrant de nombreux rosiers à ce jardin.
Autre élément déterminant qui favorisa l’installation de nombreux rosiéristes à Lyon : le rattachement des communes de Vaise, la Croix-Rousse et de la Guillotière à la ville de Lyon, en 1852. Une grande partie de la rive gauche n’était pas encore urbanisée, une aubaine pour les maraîchers et les rosiéristes.
Le terrain se prêtait admirablement bien. Le climat de Lyon était alors un atout fort important : hiver assez rigoureux, étés chauds. Les importantes variations de température entre ces deux saisons permirent le développement de rosiers qui s’adaptèrent à des pays aux climats différents (Canada, Argentine, Scandinavie ou Australie).
C’est principalement dans les quartiers de la Guillotière et de Monplaisir que s’implantèrent la majorité des rosiéristes de Lyon. La plupart d’entre eux deviendront des obtenteurs de premier ordre et leurs roses feront le tour du monde.
Quelques noms : Jean-Baptiste Guillot, Claude Ducher, Joseph Pernet-Ducher, Joseph Schwartz.
Ses renseignements sont issus de cette brochure :
Histoire de la Rose : de l’Orient à Vénissieux, par Gérard Petit qui signe également l’article : Lyon capitale mondiale des roses du bulletin de liaison de Sauvegarde et embellissement de Lyon, n° 84, novembre 2006

BMP - 225.6 ko

Deux siècles de roses, les créations Guillot par François Joyaux
Jean-Baptiste Guillot s’établit à La Guillotière en 1829.Son travail sera repris par six générations qui ont poursuivi avec enthousiasme et succès la même aventure : imaginer des roses nouvelles pour le plaisir de tous. Ce sont eux qui il y a un siècle et demi, ont inventé la méthode de greffage qu’utilisent encore aujourd’hui tous les rosiéristes du monde pour multiplier leurs rosiers. Beaucoup de leurs créations ont atteint la célébrité, comme « La France » créée en 1867, premier hybride de thé.

Le 14 juillet 2007, le Parc de la Tête d’Or fêtera ses 150 ans « Sous les arbres » se met aux couleurs du XIXème pour replonger les Lyonnais dans l’atmosphère qui baignait les premières années du Parc : jeux de quilles et jeux de boules, démonstrations de cycles anciens, défilé de voitures du XIXème, concours d’élégance, guinguettes, projection de films muets des frères Lumière…
Un bal du 14 juillet clôturera ces festivités avec des musiques et des danses d’époque où chacun est invité à venir vêtu à la mode XIXème.

Partager cet article

Poster un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.