Alexis Rousset

- temps de lecture approximatif de 4 minutes 4 min - Modifié le 06/05/2017 par Laurent D

Alexis Rousset (Roussetti), poète Français, né le 7 février 1799 à Oullins et décédé le 22 juin 1885 à Villeurbanne. Fabuliste, dramaturge et prodigieux collectionneur, il a laissé une œuvre considérable et singulière. Son nom aurait pu devenir célèbre, cependant il est à peine connu. Il fut admis en 1840 par la Société littéraire historique et archéologique de Lyon, il y resta comme membre honoraire jusqu’à sa mort en 1885.

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Éléments biographiques

Par suite de malheurs de famille; une naissance irrégulière, et quelques années plus tard, la fuite de son père, alors ruiné (ce dernier était préposé spécial aux recettes de la ville de Lyon), Alexis Rousset est très tôt confié à une institution privée.

Après des études assez courtes il entre à 16 ans comme petit employé dans une maison de commerce. A 21 ans il a conquis toute la confiance et les faveurs de la maison qui l’emploie. Sa fortune semble assurée. Mais le voilà qui rêve à on sait quoi, ne paraît pas heureux.

De très bonne heure s’était révélé son goût littéraire et artistique. Les poches pleines de pièces de théâtre et de poésies, avec l’insouciance de la jeunesse, il quitte tout et se rend à Paris, comptant y trouver fortune, gloire et plaisirs.

Le succès n’a pas voulu de lui. Sans le sou et n’ayant réussi en rien, il est contraint de revenir à Lyon.

Il se remet au travail… et à la littérature. Il écrit des fables  genre qu’il préfère à tout autre : «Poètes n’oubliez jamais que l’instrument pour vous c’est l’âme ; le corps en est l’étui. » Il écrit de nombreuses pièces de théâtre, publie deux gros romans «décrivant les plus tristes misères de l’humanité», et un poème épique «Anges et démons». L’œuvre d’Alexis Rousset «est immense», parfois de grande qualité, mais reste confidentielle, éditée à ses frais: «Pauvre ilote, perdu en province, comme il eût été salué acclamé, adulé dans les salons de Paris ! Combien sont montés au pinacle, sans avoir fait la moitié de son œuvre». [1]

Il est au centre avec Aimé Vingtrinier et d’autres artistes et hommes de lettres, d’une plaisante confrérie d’amis, connue sous le nom de la société des intelligences, puis des Bonnets de coton . La société établi ses statuts, dans le but de faire, 10 fois par an, autour d’un bon dîner arrosé, de la décentralisation artistique en faisant entendre les poèmes et chansons écrits par ses membres.

C’est là sans doute qu’il conçoit l’idée des autographes. De 1876 à 1884 poussé par les encouragements enthousiastes de ses lecteurs il en publie des centaines dans de curieux recueils (onze volumes). On trouve là des invitations à dîner, des billets d’affaires ou d’amitié, lettres d’artistes ou d’écrivains, des croquis, des pochades… Les charges et portraits lyonnais contenu dans ses volumes sont introuvables ailleurs.

En 1840 il est reçu  membre de la société littéraire historique et archéologique de Lyon  dont il devient le trésorier.

Il meurt à 86 ans. On peut voir sa tombe au cimetière de Cusset, où sont gravés ces vers dAuguste Vettard:

La mort n’est pas pour toi l’oubli dans la nuit sombre,

Le regret de nos cœurs te garde notre amour.

Et ton œuvre, ô poète, en triomphant de l’ombre,

Resplendit pour ta gloire aux clartés du grand jour

[1] [2] Alexis Rousset. Sa vie et ses œuvres.


A découvrir dans nos collections

•  Œuvres 

En ligne

Fables et apologues, par M. Alexis Rousset

La Bataille électorale, ou les Marionnettes politiques

Le littérateur par amour filial, notice sur le Baron Raverat et sur sa famille 

Déraillés et déclassés. Tome 1

Déraillés et déclassés. Tome 2

Catalogue des tableaux, estampes du XVIIIe siècle…, objets d’art, meubles anciens… le tout provenant de la succession de feu M. Alexis Rousset,…

Anecdotes

Les journaux se faisaient souvent l’écho des réunions mensuelles organisées par la société des Bonnets de coton, qui dînaient un peu partout et qui accueillaient les artistes de passage. Un jour ce fut le tour d’Alexandre Dumas. Celui-ci «trouva les langues si bien affilées, des ripostes si vives, qu’il fut obligé de déclarer à ses quarante amphitryons qu’on était pas si sot en province qu’il l’avait cru […]» [2]

[2] Alexis Rousset. Sa vie et ses œuvres.

Le saviez-Vous ?

Une des passions d’Alexis Rousset fut de rechercher de vielles pierres et de les acquérir, autant par goût de leur collection que pour les sauver de la destruction. Comme de son temps on démolit beaucoup sous le règne de M.Vaïsse,  le sénateur qui avait été envoyé à Lyon pour régénérer la ville, Alexis Rousset ne manqua pas de bonnes occasions. Mais son originalité fut, au lieu d’amasser ces trouvailles en une sorte de musée, de les utiliser dans des constructions nouvelles qu’il appelait joyeusement ses « Châteaux », en fait des immeubles de rapport élevés à l’aide de vieux matériaux recueillis de droite et de gauche lors des démolitions de la ville. Au nombre de trois à l’époque, il n’en subsiste aujourd’hui que deux ; Le Château de la Rize,  76 cours Gambetta, Le «Château du Prado ou des Décombres», à l’angle de la rue Jangot et de la rue Sébastien-Gryphe. Le château de l’Arche à Villeurbanne, rue Baudelaire a été détruit lors de travaux d’urbanisme entrepris en 1920.

Retro-presse

Deux jours après l’inhumation d’Alexis Rousset, Le Courrier de Lyon,  du 28 juin 1885, fait connaître à ses lecteurs l’existence du recueil d’autographes et de dessins publié par ce dernier : « Il est vraiment curieux, ce volume, qui fait revivre bien des noms connus, qui rappelle bien des traits à peine oubliés, que vous rencontrez encore journellement dans les rues. Feuilletons ensemble, si vous le voulez bien, et regardons les images. Voici […]  le peintre Fonville, canne à la main et sac au dos. «Paysagiste distingué, graveur très habile, dit la légende placée au-dessous de son portrait. Esprit gai et fort agréable, — imitait parfaitement le coq — » Tous les talents, quoi ! Lire la suite (p.2)

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