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Le sexisme, une affaire d’homme

Valérie Rey-Robert

Les violences patriarcales sont le produit d'un système de croyances dans lequel les hommes doivent dominer. La masculinité est lié au pouvoir et au contrôle, ce que les garçons apprennent très tôt. Et tout en apprenant qu'il faut être fort et puissant, ils apprennent aussi que ce qui est féminin vaut moins que le masculin.

Comment devient-on un homme ? Pourquoi les hommes sont-ils responsables de 98% des viols ? Pour quelle raison les hommes se suicident-ils d’avantage que les femmes ? Pourquoi les hommes sont-ils majoritairement coupables et victimes de crimes violents ? Autant de questions que pose le livre de Valérie Rey-Robert et auxquelles l’autrice tente de répondre. Au travers des pages elle tente de définir la construction de la masculinité et du genre masculin au sein de notre société . Force est de constater au fil des chapitres que cette construction se fait autour de la violence et de la notion de pouvoir.

Comme le souligne l’autrice, cette construction commence dès l’enfance. En effet, dès le sexe biologique du fœtus connu, les parents peuvent projeter sur lui des attentes différenciées. Cela peut se traduire par des choix de vêtements aussi bien que par l’achat de premier jouets. L’éducation genrée continue en valorisant des traits de caractères différents en fonction du sexe biologique de l’enfant. Ainsi on valorisera la « douceur » et le « calme » chez les petites filles. Chez les petits garçons en revanche on mettra en avant « l’esprit d’aventure » et la « force ». Autant de détails qui peuvent paraître anodins mais qui sont loin de l’être. Comme le dit l’autrice :

Si on résume pour être un homme, un garçon doit apprendre à :

    1. Etre indépendant et autonome.
    2. Ne pas exprimer ses émotions.
    3. Etre dur et agressif.
    4. Etre en compétition avec les autres hommes.
    5. Eviter tout ce qui est considéré comme féminin[…]

Autant d’exigences qui poussent à la fois à réprimer ses émotions et a se montrer en tant « qu’homme fort » au quotidien. Est-il alors surprenant que des hommes éduqués et poussés par la société à ne pas demander d’aide, à cacher leur mal-être se suicident plus ? Cette injonction à la virilité se traduit par de plus grandes prises de risques de la part des hommes ainsi que par des comportements plus violents. Des comportements les poussant à se montrer agressif envers eux-mêmes mais également envers les femmes, notamment via le biais des violences sexistes et sexuelles. Cette masculinité toxique est source de douleur pour l’ensemble de la société. Il est donc primordial de venir s’y intéresser.

Meurtres, viols, assassinats, suicides, terrorismes sont des actes de violences commis par des hommes et quasi exclusivement par eux.  Pourtant, nous peinons encore à les analyser sous le prisme du genre, comme si la question était taboue ou interdite.

Le livre de Valérie Rey-Roberts, permet également de déconstruire un certain nombre d’idées préconçues. L’autrice met à mal des stéréotypes aussi bien sur la question de la réussite scolaire et professionnelle des hommes, que sur la « crise » de la masculinité, les rapports de « séduction » etc. On ne peut que saluer le travail de l’autrice qui met en lumière de manière claire et développée les mécanismes de violences qui vont de pairs avec le fait d’être un « homme » aujourd’hui et dont les femmes sont les principales victimes.

Dans la dernière partie de son livre l’autrice adresse directement des conseils aux hommes pour venir détruire cette masculinité toxique. On ne peut qu’espérer que le livre aura de nombreux lecteurs !

Voir dans le catalogue de la BML

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