Mortel immortel

Extreme tourism, Thomas Mailaender

Adrénaline et gloriole sportives pour tête brulée et trompe la mort arty

- temps de lecture approximatif de 2 minutes 2 min - Modifié le 06/02/2021 par Dalli

Illusion de l’expérience héroïque, risques sans préjudice, sensations sans pratique : Le jeu de la mise en scène rend possible de s’adonner au volcano bording, en fait à toutes formes de glisse et grill sur volcan sans déboire. Il s'agit d'assouvir ses passions artistico-athlétiques par « procuration photographique » et de cuire sa pizza et ses œufs sur un mode aussi écologique qu'adventice.

© Thomas Mailaender, Extreme tourism; RVB Books

 Indolore

Thomas Mailaender a ainsi scénarisé des « souvenirs » brulants, riants, fleuris, dans le studio hawaïen du photographe Steve Young . Avec son système de «Volcano Fantasy Photo Business» ce dernier crée des images personnelles improbables que l’artiste a ordonnancées dans un album souvenir, ici livre d’artiste d’exploits indolores et surtout, sans effort : Extreme tourism !

© Thomas Mailaender, Extreme tourism; RVB Books

 

L’amour du risque

L’artiste s’adonne au degré 0 du sport au dessous du zéro absolu en quête d’une postérité d’opérette. S’il taquine ainsi les penchants et excès sociétaux pour le business de l’exploit, la marchandisation de l’extrême, le dark tourisme , il se moque d’une société qui porte aux nues les victoires et exploits joués,  hautement narcissiques, une société du JE, de l’autôlatrie. L’existence par l’image annoncerait une réelle disette existentielle ou une invention artistique no limit en roi arty répondant à la « tyrannie d’un monde déréalisé, où tout se transforme en images »  Roland Barthes

die & retry 

Nietzsche  rappelait ce « travers de l’homme moderne enclin à faire n’importe quoi plutôt que rien »

A l’ère de la mise en situation excessive, des selfies  mortels ,le voyage ne cesse d’innover : émotions primaires, surpassement… Tel un jeu vidéo, c’est l’éternité offerte avec le risque de trépasser  et de retenter l’expérience  à l’infini sans affect. L’artiste actionne ainsi le mécanisme d’une rejouabilité intégrée et addictive.  La photographie elle, capte la vie ou son semblant assurant l’immortalité au vrai comme au faux.

Synapses :

Desproges : Le sportif commun 

Le dernier voyage comme conversion et  métamorphose du héros en roi bienheureux

RVB books

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