« Notre ventre nous appartient » ?

- temps de lecture approximatif de 6 minutes 6 min - Modifié le 04/07/2016 par Bibliothèque municipale de Lyon

paroles.gif
paroles.gif
L’émancipation des femmes a marqué les cinquante dernières années. La lutte pour leurs droits (de vote, de travailler, à l’éducation, à l’intégrité et l’autonomie corporelle, …) a permis des avancées différentes selon les pays. Mais certaines revendications demeurent particulièrement sensibles, notamment celles touchant à la libre disposition de leur corps. L’avortement qui, au-delà d’un phénomène physiologique, se révèle un phénomène social, touchant la cellule familiale et la société dans leurs valeurs morales, soulève un débat du point de vue juridique, religieux et philosophique. Au Portugal, encore l’un des rares pays d’Europe, avec l’Irlande, Malte et la Pologne, à limiter fortement cette pratique, l’actuel succès du « oui » en faveur de sa dépénalisation (le Parlement doit légiférer sur un texte en adéquation avec les attentes de la population) marque un changement majeur et relance de plus belle le questionnement sur ce phénomène mondial.


histoire
Histoire de l’avortement : XIXe-XXe siècles, Jean-Yves LE NAOUR, Catherine VALENTI, Seuil, 2003.

Décrit l’histoire complexe de l’avortement et revient sur le mythe d’une pratique intemporelle et d’une répression constante de l’Antiquité à nos jours. Si les textes les plus anciens condamnent l’avortement, c’est plus l’atteinte à la puissance du père ou du mari que l’acte lui-même qui est visée. Et c’est au XIXe et XXe siècles que des ruptures majeures s’opèrent avec en point d’orgue une transformation des ressorts moraux fondant la répression.[actu]Le principe de la liberté de disposer de son corps ne trouve de réel retentissement que dans les dernières décennies du XXe siècle[actu] et contribue à la fondation d’un nouveau droit dans une nouvelle société.


paroles
Paroles d’avortées : quand l’avortement était clandestin, Xavière GAUTHIER ; préf. de Gilles PERRAULT, La Martinière, 2004.

Recueil par l’auteur de témoignages de femmes en prise avec les années noires de l’avortement clandestin pour rendre leur voix à celles que l’on nommait des « ogresses qui tuent leurs enfants » et traduire la réalité des drames vécus.

[actu]« Il suffit d’écouter les femmes … »[actu].

Y a qu’à pas baiser, réal. Carole ROUSSOPOULOS, 2005.

Film militant sur l’avortement, réalisé alors que cette pratique était encore illégale en France. Les femmes contestent les images que l’on fait d’elles et échangent leurs savoirs alors qu’à la télévision et dans la société, leur image se limite à celle de la ménagère ou de la femme-objet. Elles ne sont plus des patientes, mais des sujets informés des décisions à prendre sur leur santé, des êtres à part entière qui maîtrisent leur vie.

L’Avortement, réal. Bernard GEORGE, Cinétévé, La Cinquième, 1996.

Film retraçant l’histoire de la bataille pour la légalisation de l’avortement en France. Extraits des débats parlementaires qui s’ouvrent le 26 novembre 1974. Documents d’archives, commentaires de Simone Veil…, composent un portrait vivace de ce combat politique pour une redéfinition de la condition féminine.


veil
Les hommes aussi s’en souviennent : discours du 26 novembre 1974 ; suivi d’un entretien avec Annick Cojean, Simone VEIL, Stock, 2004.

Le discours de Simone Veil où elle présente son projet de loi sur l’interruption volontaire de grossesse. L’entretien qui suit permet de revenir sur le débat de l’époque et de mettre en relief l’évolution des mentalités.

Extraits du discours :

[actu]« Je voudrais tout d’abord vous faire partager une conviction de femme – je m’excuse de le faire devant cette Assemblée presque exclusivement composée d’hommes : aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement. Il suffit d’écouter les femmes »…

« nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les 300000 avortements qui, chaque année, mutilent les femmes de ce pays, qui bafouent les lois et qui humilient ou traumatisent celles qui y ont recours »…

« L’Histoire nous montre que les grands débats qui ont divisé un moment les Français apparaissent avec le recul du temps comme une étape nécessaire à la formation d’un nouveau consensus social, qui s’inscrit dans la tradition de tolérance et de mesure de notre pays ».[actu]


avorter
Avorter aujourd’hui : trente ans après la loi Veil, Olivia BENHAMOU, Mille et une nuits, 2005.

Un bilan trente ans après la loi Veil. Une véritable enquête au sein des plannings familiaux, des centres et services hospitaliers où l’IVG est pratiquée. Témoignages personnels et regards professionnels apportent un [actu]regard ancré dans la réalité quotidienne sur cet acte marqué par un décalage entre le texte juridique et son application[actu]. Toujours considéré comme une « facilité qu’on octroie à des femmes faibles et inconstantes », l’avortement demeure un tabou bien vivace.


diplo
L’atlas du Monde diplomatique ; dirigé par Alain GRESH, Jean RADVANYI, Philippe REKACEWICZ…, Armand Colin, 2006.

La partie Droits des femmes contient une [actu]carte mondiale de l’interruption volontaire de grossesse face à la loi[actu]. Avortement légal, avortement autorisé dans certains cas (viol, santé, difficultés socio-économiques) et avortement illégal y sont représentés sous forme de couleurs qui donnent ainsi une photographie actuelle du droit à l’IVG dans le monde.


86px-Symbol venus

Le Manifeste des 343

parfois nommé « Manifeste des 343 salopes » : pétition au fort retentissement parue dans le magazine français le Nouvel observateur du 5 avril 1971 et signée par 343 femmes affirmant avoir subi un avortement, et s’exposant ainsi à des poursuites pénales pouvant aller jusqu’à l’emprisonnement.

IVG : article de Wikipédia.

Contraception et interruption volontaire de grossesse : Dossier du Ministère de la Santé.

Questions de sexualité : Avortement :

Explications par le Mouvement Français Pour le Planning Familial sur la réglementation, les démarches à suivre,…

Avortement – Interruption de grossesse : pour le droit au libre choix :

L’Union suisse pour décriminaliser l’avortement (USPDA) donne, entre autres, accès à un Tableau des législations dans les pays du monde, aux

Dispositions législatives dans le monde (ONU, brève description en anglais) et aux Lois de tous les pays (texte des lois, français, espagnol, portugais ou anglais).

Partager cet article

Poster un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *