À redécouvrir

RAPHAEL MINFRAY Z’EBRA SEPTET "Eclice" (2003)

- temps de lecture approximatif de 2 minutes 2 min - Modifié le 01/07/2016 par Alfons Col

Lorsque on débute sa carrière discographique par un éloge (dans les notes de pochette) de l'un des plus brillants trompettistes européens, Paolo Fresu, y a-t-il quelque chose à rajouter ?

 « Eclice » unique album du Z’ebra septet, monté par le trompettiste Raphaël Minfray, est sorti en 2003 et on sent à l’écoute que le parrainage du célèbre jazzman italien n’est pas qu’une politesse du maître envers son élève. Il nous fait découvrir déjà toute la palette musicale de l’instrumentiste, compositeur et arrangeur qui par la suite formera ou dirigera des big bands dans toute la région (Lyon Jazz Orchestra, Dim Dam Domb ou Neuville Jazz Orchestra).
Mais revenons au septet, formation atypique et plutôt rare dans cette configuration puisqu’elle ne comporte aucun instrument harmonique, elle s’articule autour d’un trio trompette, contrebasse, batterie auquel s’adjoint un quartet de saxophones autrement connu sous le nom d’Heavy Fingers.

L’album s’ouvre sur le titre « Les baliseurs » qui marque les limites (s’il en est) de l’œuvre, entre invocation des monstres du passé (Armstrong, Bechet) et modernité. On retrouve dans tout l’album ce jeu du chat et de la souris : hommage au classicisme (big band, New Orleans et bop) et musique du présent, résolument vivante s’entremêlent.
Ainsi « Orient Exprès » s’aventurant vers des musiques orientalisantes où l’amplitude d’une trompette, de fines percussions sont subitement secouées par un chaos free. Image de l’Orient toujours entre finesse et turbulence ? La force de l’album réside aussi dans cette liberté communiée : Raphaël Minfray a écrit une partition dans laquelle chacun peut s’exprimer à son tour, chaque instrumentiste ayant un ou plusieurs solos.

« Sienne », hommage à la ville où Raphaël rencontra son mentor Paolo, se caractérise par un swing de chambre dans lequel chacun des souffleurs a le droit de s’exprimer en solo sans pour autant perdre la trame festive du morceau. De même le morceau « Eclice » éclipse les cuivres, donnant le champ libre à une section rythmique parfaite.
Le final « Alf s zik » pièce nomade de plus de 9 minutes (scindé par un solo de batterie) nous fait traverser tous les ambiances dévoilées dans cet album et montre toute l’intelligence d’un vrai chef d’orchestre.

L’aventure du Z’ebra project n’a malheureusement pas perduré, la formation a joué en live cette partition quelques années parfois en septet, le plus souvent en trio ou quartet puis chacun a suivi son propre chemin. Raphaël Minfray, toujours à la direction de quelques big bands a aussi rejoint l’équipe Abigoba du claviériste Jean Luc Briançon. Patrick Maradan, contrebassiste dorénavant incontournable de la scène jazz régionale a monté son propre quartet. Quant aux 4 saxophonistes d’Heavy Fingers (Arnaud Jourdy, Maxime Curtelin, Jacques Ponthus et Manuel Fillat), ils perpétuent encore l’esprit d’Eclice à travers les compositions du sopraniste Arnaud Jourdy.

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