À redécouvrir

Feu Thérèse – Ça Va Cogner (2007)

- temps de lecture approximatif de 2 minutes 2 min - Modifié le 01/07/2016 par La COGIP

Voilà un disque surprenant. Aujourd'hui aussi bien qu'à l'époque de sa parution. Fruit d'une collaboration éphémère, Ça Va Cogner recèle une richesse singulière et une inventivité éminemment libre.

Surprise d’emblée avec le nom énigmatique du projet, l’illustration et ce titre rentre-dedans en forme d’avertissement. A quoi s’attendre ? Surprise encore puisque le morceau d’ouverture, enlevé et chanté, place lui aussi le disque dans un décalage assez frappant. Essentiellement instrumentales, les productions du label de Montréal Constellation fondent depuis l’aube des années 2000 des textures sonores identifiables et archétypales d’un post-rock symphonique et choral qui prend le haut du pavé pendant plusieurs années grâce à Godspeed You Black Emperor !, A Silver Mt. Zion, Do Make Say Think ou HRSTA par exemple.

Feu Thérèse est donc un quatuor montréalais constitué autour du guitariste Jonathan Parant, orphelin de son précédent projet Fly Pan Am (quatre albums de 1999 à 2004 – et deux albums en solo). Designer sonore, Stephen De Oliveira signe ici tous les textes et les chante, en français. Peintre et illustrateur, Luc Paradis tient la batterie ; le bassiste est Alexandre St-Onge un artiste performer. Le groupe est formé en 2005 et un premier disque sans titre sort chez Constellation dès l’année suivante. Les quatre musiciens mettent fin au projet dès la parution de Ça Va Cogner.

Ce second disque explore davantage, oscillant presque continuellement entre divers genres, de la synth-pop au kraut, du psyché au prog-rock, il multiplie les tags et devient de manière évidente difficilement comparable à tel autre album. A plusieurs reprises les arpèges du “synthétiseuriste” évoque les délires cosmiques mâtinés de disco des projets électroniques de quelques combos européens à la toute fin des années 70. On pense parfois à Air ; ailleurs à une version ralentie de Trans Am.

Complexe sans être inabordable, le disque est d’une absolue fluidité. Et ses aspects expérimentaux n’excluent en rien la douceur et un certain confort. Son fort pouvoir d’évocation, la poésie qui s’en dégage procède des inspirations variées qui l’habitent.

Fixe et explosante, une beauté pas si convulsive qui mêle des textes d’une délicate étrangeté à des arpèges synthétiques en apesanteur et des nappes de guitares tous azimuts.

Inclassable, rare et sophistiqué.

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