Lyon Roses 2015

- Modifié le 21/06/2016 par SBR Documentation régionale

La Convention mondiale des Sociétés nationales de roses a lieu tous les 3 ans. Après Osaka (Japon) en 2006, Vancouver (Canada) en 2009 et Sandton (Afrique du Sud) en 2012, c'est la France et plus particulièrement Lyon qui accueille la 17ème édition de cette Convention mondiale des sociétés de roses de la WFRS (World Federation of Rose Societies) du 27 mai au 1er juin 2015. Le Concours de roses nouvelles de Lyon et le Festival lyonnais des roses vont se dérouler simultanément.

Fresque des Roses Saint-Priest
Fresque des Roses Saint-Priest © Sylviane Blanchoz-Rhône, 2015

Sommaire

1. La Convention mondiale des sociétés de roses de la WFRS

La World Federation of Rose Societies (WFRS)

Les associations organisatrices de cet événement

  • La Société française des roses
  • Roses anciennes en France
  • La Société lyonnaise d’horticulture

2. Concours annuel et international de roses nouvelles de Lyon

3. Le Festival lyonnais des Roses

Parcours de fresques dans l’agglomération lyonnaise

  • Lyon : Monplaisir-la Plaine (2011)
  • Saint-Priest (2013)
  • Vénissieux (2014)
  • Champagne au Mont d’Or (2015)

4. Pourquoi Lyon est-elle devenue la capitale des roses ?

Des rosiéristes novateurs : Guillot, Pernet-Ducher, Meilland et bien d’autres !

  • La famille Guillot
  • Les familles Ducher, Pernet et Pernet-Ducher
  • La famille Meilland
  • et beaucoup d’autres encore !

Roseraies et jardins

  • La roseraie internationale du parc de la Tête d’Or
  • La roseraie historique du jardin botanique
  • La roseraie de concours
  • La nouvelle roseraie de Saint-Clair à Caluire et Cuire

5. Dernières parutions sur ce thème

1. La Convention mondiale des sociétés de roses de la WFRS

La World Federation of Rose Societies (WFRS)

Elle a été fondée en 1968 par la volonté de personnes persuadées que la rose, reine des fleurs pouvait fédérer. Les sociétés nationales de roses des 41 pays constituant cette fédération ont signé une charte commune. Pour la France, le représentant officiel est la Société française des roses.

En organisant depuis 1971 tous les trois ans une convention, cette fédération a pour but de permettre l’échange d’informations et de connaissances concernant la rose entre les sociétés nationales, d’établir des normes communes pour juger les nouvelles roses, d’aider à l’enregistrement des nouveaux noms de roses mais aussi d’accorder des prix internationaux :
Prix WFRS Rose Hall of Fame, Prix WFRS Old Rose Hall of Fame et le Prix WFRS Gardens of Excellence, décerné en 2006 à la roseraie internationale du parc de la Tête d’Or. Cette même année Robert Laperrière reçoit le « Rose World Award » couronnant le travail d’un homme mais aussi celui d’une famille de rosiéristes sur cinq générations.

Les associations organisatrices de cet événement

La Société française des roses

De nombreux et réputés rosiéristes lyonnais créent en 1896, la Société nationale de rosiéristes français, qui quelques mois plus tard, devient la Société française des rosiéristes.
Quatre de ses membres fondateurs (M. Pierre Guillot, Dubreuil, Laperrière et Pernet-Ducher) ont des descendants qui aujourd’hui encore continuent à créer et cultiver des rosiers.
A partir de 1946, elle devient la Société française des roses et montre le souhait de ne plus être perçue uniquement comme une association de professionnels mais aussi destinée à un public de passionnés. Association loi 1901, elle souhaite promouvoir la culture de la rose moderne en étudiant, classant les variétés de roses mais aussi en organisant annuellement des concours internationaux de roses nouvelles comme le Concours international de roses nouvelles de Lyon appréciant ainsi les nouveautés françaises et étrangères lui permettant de publier des listes répertoriant les variétés les plus méritantes. Elle anime et soutient diverses expositions de roses dans toute la France comme Altera Rosa (Avignon) ; Rose au jardin (Aix en Provence), et la Biennale de la rose parfumée à Nantes.

Publiant « Les roses », devenue à partir de 1908 Les amis des roses, revue actuellement bisannuelle, elle est la seule société nationale reconnue par la Fédération mondiale des sociétés de roses. Elle a participé récemment à la création, à Caluire et Cuire, de la première roseraie ayant pour thème les rosiers sauvages.

Roses anciennes en France

Cette association, créée en 1995, se veut un lieu d’échange et de dialogue ouvert aux amateurs, aux collectionneurs et aux professionnels du monde entier. Son but est de faire connaitre, de faire apprécier et de sauvegarder le patrimoine fragile des roses anciennes. Pour cela, elle propose des cours, des conférences, des conseils de taille, voyages, visites de jardins. Son bulletin bilingue propose annuellement un certain nombre d’articles destinés à approfondir la connaissance des roses anciennes.
Cette association organisa en Mai 1999 et pour la 1ère fois en France, la 8ème conférence internationale des roses anciennes à Lyon, puis en septembre 2005, une manifestation à Lacroix-Laval, intitulée « Roses anciennes lyonnaises, un patrimoine méconnu » à l’occasion du 10ème anniversaire de l’association. Elle participa à la création d’un jardin de roses en damiers valorisant les rosiéristes de la région Rhône-Alpes à l’exposition universelle de Shanghaï (2010) et plus régulièrement elle est présente aux grandes fêtes des plantes au printemps à Saint Priest (69, Rhône), à Courson (91, Essonne), aux Jardins d’Albertas à Bouc-Bel-Air (13, Bouches du Rhône).

La Société lyonnaise d’horticulture

Elle est l’héritière de la Société d’horticulture pratique du Rhône, créée en 1844 par des amateurs éclairés et des grands noms de l’horticulture. Lieu d’initiation et d’échange pour les passionnés de jardins et de plantes, la Société lyonnaise d’horticulture, association loi 1901 présente des cours d’art floral, de jardinage, de taille (arbustes, fruitiers, rosiers…) ainsi que des excursions à caractère horticole. Elle organisait, chaque année, une exposition avec concours de plantes, de fruits et de légumes qui attirait à Lyon de nombreux horticulteurs français et étrangers. La société publie depuis 1879 Lyon horticole qui, en plus des actualités régionales ou nationales, fait paraitre des articles sur les techniques horticoles, la botanique, la connaissance des plantes et les meilleures pratiques culturales respectueuses de l’environnement.

Ces trois associations ont créé en janvier 2012 « Congrès 2015 Lyon Roses » pour organiser et gérer cette convention. En plus de la Ville de Lyon, d’autres partenaires les ont rejoint notamment la DRAAF (Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt) ; la SNHF (Société nationale d’horticulture française) ; ainsi que diverses associations dédiées à la rose sur le territoire national et de nombreux acteurs professionnels de la filière des roses en France.

2. Concours annuel et international de roses nouvelles de Lyon

La Société française des roses et le Service des espaces verts de la Ville de Lyon organisent depuis 1931 un concours annuel et international de roses nouvelles. Cette année, il aura lieu le 29 mai 2015 et s’intégrera aux manifestations de la 17ème convention de la WFRS.

Pour pouvoir participer, les hybrideurs amateurs ou professionnels du monde entier doivent fournir 5 plants de rosiers par cultivar planté, ces derniers sont observés et notés régulièrement sur une période de deux ans par un jury permanent constitué de professionnels de l’horticulture et d’amateurs éclairés. Les critères d’appréciation sont la qualité de la végétation et sa résistance aux maladies, l’abondance de la floraison et la qualité des fleurs mais aussi l’émotion qu’elle dégage et son parfum. Depuis quelque temps, ce concours prend en compte la remontance et la résistance aux maladies, appréciées en automne du deuxième cycle de végétation. Afin que le jury soit impartial, les rosiers ne sont repérés que par leur numéro d’identification. Quelques exemples de prix décernés : grandes fleurs, fleurs groupées, rosiers paysagers, rosiers grimpants, rosiers miniatures, RR Remontance et Résistance sur rosiers du concours précédent…

C’est aussi lors de ce concours que sont décernés les titres de « Prestige de la Rose » et de « Rose du Siècle ». Les trophées obtenus sont la récompense d’un long parcours, (quelquefois jusqu’à 10 ans) entre les premiers semis, les tests de culture et la présentation au concours. Sur 10 000 essais d’hybridation, un seul aboutira à une réussite commerciale.

3. Le Festival lyonnais des roses

Le festival souhaite faire découvrir au public, les 30 et 31 mai, le rôle de Lyon et celui aujourd’hui de la région Rhône-Alpes dans l’histoire des roses depuis 1830. Le cœur du festival va se dérouler au parc de la Tête d’Or où la rose va être à l’honneur à travers diverses expositions, animations et ateliers. Mais la ville de Lyon entière va fêter la rose avec des expositions aux Musées Gadagne, au Musée de l’imprimerie et de la communication graphique, aux Archives municipales, avec des visites et conférences dans les bibliothèques et médiathèques de Lyon, au Musée des beaux-arts et au sein de l’Hôtel de Ville et des diverses mairies d’arrondissements. Les promeneurs profiteront eux aussi de cet événement car 16 000 rosiers ont été plantés en de nombreux lieux de Lyon dont une centaine de rosiers blancs place Bellecour, le jardin du Rosaire, la place Carnot, les rues Grôlée et Joannès-Masset, le quai Saint-Antoine vont quant-à eux fleurir à l’approche du congrès. Voici le programme des diverses manifestations et du Festival des roses.

Parcours de fresques dans l’agglomération lyonnaise

A l’occasion du Congrès mondial des roses 2015, un parcours de fresques parsemées dans l’agglomération lyonnaise a été élaboré sur d’anciens lieux symboliques. Toutes ces œuvres ont été conçues et réalisées par CitéCréation, leader mondial des murs peints.

Lyon : Monplaisir-la Plaine (2011)

C’est la première des fresques à l’initiative de « Roses anciennes en France ». Elle est située 108 avenue Paul Santy dans le 8ème arrondissement de Lyon et représente l’histoire des roses anciennes lyonnaises au XIXe siècle et de ses obtenteurs.

Quatre variétés emblématiques « Boule de neige » de F. Lacharme, « Mme Alfred Carrière » de J. Schwartz, « Marie van Houtte » de Cl. Ducher et « Mme Eugène Résal » de P. Guillot décorent la partie haute de la fresque.
La partie basse évoque l’histoire et le travail des rosiéristes avec un grand souci du détail.
Les 3 arches en bas de la fresque ont été conçues comme une bibliothèque historique. La première arche rend hommage aux botanistes lyonnais du XVIIIe siècle ayant contribué au développement de l’horticulture lyonnaise, aux rosiéristes lyonnais du XIXe siècle ainsi qu’à Joséphine de Beauharnais, ayant offert au jardin botanique de Lyon de nombreuses variétés de rosiers. Puis la seconde arche évoque l’âge d’or de la rose lyonnaise, grâce à la création de nouvelles variétés (hybrides remontants et hybrides de thé) et le début de plusieurs dynasties de rosiéristes. La troisième mentionne la première rose de couleur jaune apparue, au début du XXe siècle et ouvrant alors les portes de la modernité.
Des portraits de grands rosiéristes ornent cette peinture murale : Jean Baptiste Guillot Père et de François Lacharme, Joseph Schwartz ; Jean Baptiste Guillot Fils, Joseph Pernet-Ducher ; Joseph-Marin Laperrière.

Dorénavant les peintures illustrant la partie basse de cette fresque et racontant l’épopée des rosiéristes lyonnais depuis Joséphine de Beauharnais jusqu’à 1920 environ sont visibles sur les murs de la mairie du 8ème arrondissement. A cet emplacement et sur celui proche de la Maison de la danse, appelé Terre des roses, se trouvaient autrefois les roseraies de Pierre Guillot dans lesquelles en 1871 Joseph Schwartz créa sa première rose « la Reine Victoria ».
L’œuvre recomposée en numérique a été retravaillée. Imprimée en plusieurs parties sur des toiles géantes, elle est apposée sur le mur préparé. Une fois les retouches réalisées assurant ainsi une parfaite qualité à l’œuvre, une couche de vernis densifiera les couleurs tout en protégeant l’œuvre.

Saint-Priest (2013)

La fresque se trouve sur le pignon de l’immeuble situé à l’angle des rues Herriot et Maréchal au niveau de l’arrêt de tramway de l’esplanade des arts.

La culture de la rose était une activité importante sur la commune de Saint-Priest au siècle dernier. Des roseraies et pépinières s’étendaient alors entre la route d’Heyrieux et l’actuel théâtre Théo Argence.
D’une hauteur de 18 mètres, cette fresque œuvre de CitéCréation représente un champ de roses vu du ciel, strié de jaune, orange rouge et rose et met à l’honneur quatre roses anciennes. En bas de la fresque quatre toiles type « carnet de croquis » dépeignent l’histoire des roses et des plantes rares dans la ville en rendant hommage aux rosiéristes locaux. En bas des quatre cartouches on découvre les citations des différents partenaires ou personnalités : Ville de Saint-Priest, Anatole France, les sociétés Spie, Chazal, Végétal concept, Coiro TP et Serely.

Vénissieux (2014)

La Fresque des roses de Vénissieux est visible sur le pignon d’un bâtiment au 44 boulevard Ambroise-Croizat et sur le décroché du n°40 au niveau du carrefour avec la rue Paul Bert.

Ce projet est né de la volonté d’associations vénissianes comme Viniciacum (association de préservation du patrimoine de Vénissieux) et l’association des Roses anciennes en France de soutenir la candidature de Lyon à l’organisation du congrès mondial des roses en 2015.
Cette œuvre rappelle aux habitants de Vénissieux un pan de leur histoire en célébrant les rosiéristes vénissians. Elle évoque des pétales de la rose jaune « Soleil d’Or », du rosiériste Pernet-Ducher, se transformant en ibis, oiseau migrateur parcourant le monde. Une frise horizontale de 1,80 m de haut reprend, sur la partie basse, les motifs élaborés avec les associations locales. Pernet-Duchet, le plus connu des rosiéristes vénissians, surnommé le Magicien de Lyon, y tient une place d’honneur, treize petites vignettes mettent en valeur ses créations les plus connues ainsi que celles d’autres familles de rosiéristes locaux. Réalisée en atelier, cette fresque a ensuite été marouflée sur place.

Champagne au Mont d’Or (2015)

La rose « Champagne au Mont d’Or », ornera la Fresque des roses, en hommage aux rosiéristes champenois, plus particulièrement la dynastie Laperrière.

Située 36 avenue Lanessan, à l’angle de la rue Louis-Tourte, elle sera inaugurée au printemps 2015. Cette fresque très figurative possède un important travail de trompe l’œil grâce à une serre dont l’architecture rappelle celles du parc de la Tête d’Or. La partie basse de la fresque exigeant un gros travail de précision a d’abord été réalisée en atelier. Certains détails sont des clins d’œil aux partenaires (comme la montgolfière pour le Crédit Agricole)

4. Pourquoi Lyon est-elle devenue la capitale des Roses ?

En France, la culture des roses s’est imposée surtout à partir du 19e siècle. Un nombre très important de rosiéristes s’installent alors sur tout le territoire mais plus particulièrement dans le Bassin parisien, en Normandie et dans le Lyonnais. Une conjonction de facteurs a favorisé l’épanouissement de la reine des fleurs dans notre région.

C’est en partie grâce à Joséphine de Beauharnais que cette histoire a commencé au début du XIXe siècle. Dans son château de la Malmaison, elle s’adonne à la passion des fleurs et des roses en particulier. Très attachée à Lyon où elle a effectué plusieurs séjours, elle offre au Jardin botanique de Lyon, alors situé à la Croix-Rousse, plusieurs arbustes, des plantes rares et de nombreuses variétés de rosiers.
Il se trouve aussi que les conditions naturelles locales se prêtent bien à cette culture. Le rosier sauvage se plaît dans la région, servant de porte-greffe. Le sol fertile et le climat continental avec des hivers rigoureux et des étés chauds permettent d’obtenir des variétés originales et robustes.
De plus, Lyon possède depuis la Renaissance, une grande tradition botaniste. Symphorien Champier n’a-t-il pas publié sa « Rosa Gallica » à cette époque ? Enfin, en 1852, le rattachement à la ville de Lyon des communes de Vaise, la Croix-Rousse et la Guillotière favorisent l’implantation de nombreux maraîchers et rosiéristes, principalement sur la rive gauche du Rhône alors peu urbanisée. Progressivement, la culture de la rose va s’imposer dans la cité.
Capitale de la rose, Lyon a compté jusqu’à 120 rosiéristes donnant 60% de la production mondiale. Cette place prépondérante est dûe à l’apparition des roses modernes comme « Les Hybrides de Thé » et à la multiplication de ces rosiers par greffage effectué par une centaine d’obtenteurs lyonnais notamment Jean Baptiste Guillot, Ducher, Joseph Pernet-Ducher, Schwartz… Leurs créations vont atteindre une renommée mondiale. A partir de 1930, Charles Mallerin donne la possibilité de créer de nouvelles roses en leur offrant une très large palette de nouvelles couleurs, confortant ainsi leur suprématie.

Des rosiéristes novateurs : Guillot, Pernet-Ducher, Meilland et bien d’autres !

De 1860 à 1914 particulièrement, la Ville devient un haut lieu de la production et de la création de nouvelles variétés de roses. Les rosiéristes lyonnais se distinguent par la qualité et l’audace de leurs recherches ainsi que par les techniques innovantes qu’ils développent. Ils tirent parti de l’introduction de nouveaux rosiers, notamment de Chine pour créer par hybridation et par semis, des centaines de nouvelles variétés. Ils déploient une grande inventivité et beaucoup de ténacité, sachant qu’il faut en moyenne 6 à 8 ans pour créer une fleur nouvelle.
Parmi les précurseurs, Emile Plantier installé à la Guillotière crée en 1835 celle que l’on considère comme la première rose lyonnaise : « Eugénie Desgaches ». Il célèbre aussi son quartier avec « Reine de la Guillotière ». Son successeur, François Lacharme réalise de nombreuses obtentions comme « Madame Récamier » ou « Coquette de Lyon ». Jean Beluze est passé à la postérité avec « Souvenir de la Malmaison » en 1843, clin d’œil à l’impératrice Joséphine. Antoine Nérard à Vaise signe en 1846 un grand classique « le Géant des batailles ». Cette dernière fleur appartient au groupe des premiers hybrides remontants renommés pour leur résistance au froid et leur floraison prolongée. La réputation des rosiéristes lyonnais s’accroît avec leur maîtrise de ces nouvelles variétés. Mais ils vont atteindre une notoriété mondiale grâce au talent notamment de plusieurs dynasties de créateurs.

La famille Guillot

Elle compte 6 générations de rosiéristes. C’est une saga de plus de 2 siècles depuis l’arrivée de Guillot père qui s’installe à Lyon en 1827. Son établissement « Terre des Roses » se trouve à la Guillotière. Il réalise plusieurs fleurs célèbres comme « Lamartine », « Comtesse de Barbantane ». Son fils qui porte le même prénom, Jean-Baptiste, poursuit une brillante carrière d’obtenteur et de technicien : il invente en 1849 la greffe en écusson sur le collet de l’églantier qui va révolutionner la culture du rosier. Cette technique va être bien vite adoptée par la profession. En 1867, il crée la célèbre rose « la France » considérée comme la première des hybrides de thé. De couleur rose vif à l’extérieur et argentée à l’intérieur, cette fleur ouvre la voie aux roses modernes. Jean-Baptiste Guillot fils met aussi au point les premiers rosiers nains « polyanthas » avec ses roses « Pâquerette » et « Mignonnette ».
Toutes ces nouveautés valent à leur auteur une gloire mondiale et de nombreuses récompenses nationales et internationales. Son fils Pierre transfèrera l’entreprise familiale « Terre des Roses » au Bachut, à l’emplacement actuel de la Maison de la Danse. D’autres membres de cette famille continueront cette activité de création comme nous pouvons le voir dans l’ouvrage Deux siècles de roses : les créations Guillot de François Joyaux.

Les familles Ducher, Pernet et Pernet-Ducher

C’est une autre dynastie illustre née de l’union de 2 familles d’obtenteurs, les Ducher et les Pernet. Elle a donné l’un des plus grands noms de l’histoire de la rose. En 1845, Claude Ducher installé à la Guillotière crée près de 80 rosiers. Parmi ses obtentions les plus connus, voici « Gloire de Lyon », « Notre-Dame de Fourvière », « Monplaisir », « Marie van Houtte ». A sa mort, sa femme, la Veuve Ducher obtient aussi des merveilles comme « Mlle Cécile Brunner ». Non loin de là, travaille une autre famille de rosiéristes, les Pernet. Le père, Jean crée entre autres « Merveille de Lyon » qui rencontre un grand succès.

Son fils Joseph, après avoir épousé Marie Ducher, prend le nom de Pernet-Ducher et fonde la maison du même nom. Il va se révéler un artiste de génie. L’une de ses premières créations en 1890 est la rose « Mme Caroline Testout » dédiée à une couturière parisienne reconnue. De couleur rose, délicieusement parfumée, elle va faire le tour du monde. La ville de Portland (USA) l’achète en grande quantité pour décorer ses rues et ses jardins.
En 1898, la roseraie Pernet-Ducher s’installe route d’Heyrieux (aujourd’hui avenue Paul-Santy) avant de partir plus tard à Vénissieux. En même temps, Joseph présente sa nouvelle œuvre « Soleil d’or » qui connait un succès retentissant. Il s’agit en effet de la première rose la plus jaune jamais créée, obtenue après plus de 13 ans de recherche. Cette fleur donne naissance à une nouvelle variété, les Pernetiana qui occupent une grande place dans les catalogues à partir des années 1920. Il poursuit ses recherches et réalise en 1910 « Rayon d’or », « la plus jaune des jaunes » saluée en Angleterre par la National Rose Society.
Au cours de sa carrière, Joseph Pernet-Ducher reçoit de nombreux prix tant en France qu’à l’étranger comme la grande médaille d’or de l’Etat du Massachussets (USA).

Il reçoit 13 fois le grand prix du Concours international de Bagatelle.
Des spécialistes anglo-saxons lui décernent le titre de « magicien de Lyon ». Sa rose « Mme Edouard Herriot » reconnue internationalement est couronnée par la coupe d’or du « Daily Mail » à Londres en 1912 ainsi que par le prix de la Roseraie de l’Haÿ-les-Roses. La fin de sa vie est assombrie par la mort de ses 2 fils pendant la Première Guerre mondiale. Il leur dédie à chacun une rose.

La famille Meilland

Bien que se soit une dynastie plus récente, elle s’inscrit aussi dans l’histoire de la rose à Lyon. Antoine, le père, originaire de la Loire, vient travailler à Monplaisir au début du 20e siècle. Il s’installe à Tassin-la-Demi-Lune après la Première Guerre mondiale. Son fils Francis après un voyage en Amérique, réorganise l’entreprise, lance un catalogue en couleurs.

Il œuvre pour la cause des roses en travaillant à une protection juridique des variétés nouvellement créées. Son œuvre « Rouge Meilland » (1949) est la première à être brévetée en France et en Europe. Aujourd’hui, depuis la loi du 11 juin 1970, chaque rose nouvelle peut bénéficier d’un « certificat d’obtention végétale ».

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Parmi ses créations les plus prestigieuses, on distingue « Golden State » (1937) qui recueille de nombreuses récompenses comme le titre de « plus belle rose de France » décernée à Lyon. Un autre de ses grands succès est « Mme Antoine Meilland » universellement appréciée. Cette fleur a également été appelée « Peace » parce que son baptême le 29 avril 1945 a coïncidé avec la fin de la Deuxième Guerre mondiale. La famille Meilland a aussi créée les célèbres « Papa Meilland » et « Pierre de Ronsard ». En 1947, l’entreprise s’est délocalisée partiellement à Antibes. L’autre partie, les Etablissements Meilland-Richardier se consacrent à la production et à la vente.

et beaucoup d’autres encore !

A côté de ces grands noms, il faut citer, sans prétendre à l’exhaustivité : Alexandre Bernaix, auteur d’une cinquantaine de variétés, Joseph Bonnaire et sa rose « Souvenir de Victor Hugo » (1885), César-Antoine Chambard avec plus de 60 obtentions, Jean-Baptiste Croibier qui évoque l’actualité avec « Lindbergh » (1927), Francis Dubreuil célèbre pour « Perle d’or » (1884), Jean Liabaud et ses nombreuses réalisations. Et encore Antoine Levet surnommé « le père des roses » qui honore son quartier avec « Perfection de Monplaisir » (1871), Frédéric Damaizin qui crée « Ardoisée de Lyon » (1858). Sans oublier Joseph Schwartz, le créateur entre autres d’un grand classique « Mme Alfred Carrière » (1871) et de « Reine Victoria » (1872), la Veuve Schwartz, auteur de « Mme Ernest Calvat » (1888).

Plus de 4000 variétés ont été créées à Lyon traduisant ainsi un véritable savoir-faire reconnu dans le monde entier. Chaque année une quinzaine de variétés nouvelles est créée. Actuellement les roses contemporaines retiennent l’attention d’au moins 10 créateurs lyonnais (Pierre Reuter, Jean-Pierre Guillot et Dominique Massad, Jean-Jacques Gaujard, François Dorieux, Robert Lapierre, Fabien Ducher, Aveline Gaujard, Philippe et Richard Laperrière…

Roseraies et jardins

La rose est toujours bien présente à Lyon et dans les alentours : au jardin du Rosaire sur la colline de Fourvière, au square Pernet-Ducher à Vénissieux, à la roseraie du cimetière communautaire de Bron, aux jardins de Bionnay dans le Beaujolais…Mais des lieux remarquables perpétuent particulièrement l’héritage de l’âge d’or de la rose à Lyon.

La roseraie internationale du parc de la Tête d’Or

La Roseraie internationale, inaugurée le 19 juin 1964, regroupe sur 5 hectares plus de 35 000 rosiers et 350 variétés. Elle a obtenu en 2006 le titre de « Jardin d’excellence » attribué par la Fédération mondiale des sociétés de roses.

Située entre le lac et la Cité internationale, elle se présente comme un espace où les rosiers sont organisés en massifs et côtoient de nombreuses autres plantes. Terrasse, pergolas, bassins, rocailles et statue de la Naïade attribuée à André Tajana agrémentent le site. Elle a subi tout récemment quelques travaux de rénovation. Depuis 2005, le parc de la tête d’Or est passé en « zéro phyto », c’est-à-dire qu’aucun produit chimique n’est utilisé.

La roseraie historique du jardin botanique

La Roseraie historique est située dans l’enceinte du Jardin botanique du parc de la Tête d’Or, face à l’Orangerie. Elle rassemble près de 400 variétés et a pour origine l’ancien jardin des plantes transféré au Parc de la Tête d’Or en 1856. Aménagée en 1980 dans sa forme actuelle, elle se divise en 2 parties : l’une consacrée aux rosiers sauvages, l’autre réservée aux roses hybrides botaniques ou horticoles retraçant ainsi l’histoire de la rose ancienne et laissant une bonne place aux créateurs lyonnais. Le Jardin botanique s’efforce de retrouver ou de sauvegarder des variétés locales anciennes. Dans la perspective du Congrès mondial des roses, cette roseraie vient d’être remaniée et divisée en trois zones : les rosiers européens, les rosiers chinois et les modernes.

La roseraie de concours

La Roseraie de concours, appelée auparavant roseraie d’essais, est située au cœur du parc. Elle fut dessinée en 1931 par le paysagiste Philippe Lavenir.

Proposés au public avant la commercialisation, les rosiers sont exposés en un demi-cercle adossé à l’ancienne ferme du parc. Chaque année depuis cette époque, se tient ici au mois de juin, le Concours international de roses nouvelles de Lyon organisé par la Société française des roses. En même temps est désignée la « plus belle rose de France ».

La nouvelle roseraie de Saint-Clair à Caluire et Cuire

Créée en 2011, la roseraie botanique de Caluire et Cuire est située dans le parc des Berges du Rhône sur la rive droite. Gérée par le Services des espaces verts de cette ville, elle a deux ambitions : conserver le patrimoine botanique sauvage et faire évoluer les roses de jardin grâce à des croisements entre roses modernes et roses sauvages. La roseraie Saint-Clair présente plus de 100 formes sauvages de roses illustrant particulièrement bien la diversité géographique et génétique des roses. Comme les rosiers sauvages ne fleurissent qu’une fois à chaque printemps, la collection de la future roseraie a été agrémentée de rosiers hybrides ayant un caractère marqué de remontance. Quelques rosiers modernes et rustiques donneront de la couleur pendant l’été, les rosiers sauvages porteront des fleurs aux mois de mai-juin et des fruits colorés de septembre à novembre.

La passerelle de la Paix permet depuis le printemps 2014 de relier les 3 roseraies du parc de la Tête d’Or à celle de Caluire et Cuire en enjambant le Rhône.

D’autres roseraies affirment la vocation de Lyon et de sa région pour les roses :
– Le jardin de la Bonne maison créé par sa propriétaire, Odile Masquelier recèle une collection importante de roses anciennes (plus de 800 variétés) à La Mulatière, Rhône
– La roseraie patrimoniale du parc de Lacroix-Laval, Ville de Charbonnières, Rhône

5. Dernières parutions sur ce thème

  • Créateurs de roses. A la conquête des marchés (1820-1939) / Nathalie Ferrand : Pug (2015).

Pour la première fois, une étude scientifique, fondée sur la découverte de plusieurs fonds d’archives privées, s’intéresse au métier de rosiériste, à son évolution et à sa place au sein du monde horticole. L’ouvrage décrit également les trajectoires familiales à travers l’espace péri-urbain lyonnais, au fil de plusieurs générations qui passent du statut de jardinier à celui d’entrepreneur bourgeois. Un volet culturel expose les goûts et les modes en matière de roses et la naissance des premières roseraies qui encouragent la création et suscitent l’engouement de la clientèle.

Ce livre présente les différentes variétés de roses anciennes d’origines européennes et asiatiques. Il aborde les espèces, les sections, les obtenteurs, les dates, les variétés, ainsi que la question des mutations.

  • Guide de la rose à Lyon, dans le Rhône et en Rhône-Alpes / Pierrick Eberhard : ELAH (2015).

Pour découvrir la ville autrement, les chemins de la rose sont tout aussi essentiels que ceux de la soie, parce qu’ils parlent d’un Lyon que la plupart des Lyonnais ne peuvent pas connaître, secret et oublié, ce Lyon du XIXe siècle qui consacra la ville capitale mondiale de la rose dans un cercle très fermé bien qu’en relation avec tous les pays du monde !
Un guide pour découvrir l’histoire des roses à Lyon et explorer les roseraies et jardins de roses à Lyon et dans les environs.

Tous les conseils d’un expert pour bien tailler et soigner ses rosiers. Les bases : tailler ou pas, la bonne période, la bonne technique. La taille cas par cas : rosiers buissons, rampants, tiges, grimpants, anciens, botaniques, en pots. Tailles particulières : gourmands, vieux rosiers, haies, taille d’été. Plantation, soins, maladies.

La rose, considérée comme la plus belle des fleurs, serait-elle aussi la plus difficile à cultiver au jardin ? Pas du tout ! Pour peu qu’ils s’en tiennent à des recommandations de bon sens, tous les jardiniers peuvent la planter dans leur jardin ou sur leur terrasse, avec la promesse de beaucoup de plaisirs. Cet ouvrage où se mêlent pratique et plaisir permettra à tous les amateurs de réussir leurs roses.

Pour en savoir plus :

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