Lyon ou les charmes de l’urbanisme transitoire

Une politique d'occupation temporaire des friches

- temps de lecture approximatif de 17 minutes 17 min - Modifié le 08/11/2019 par Gone en Bib

En 2019, la Biennale d’art contemporain de Lyon quitte la Sucrière pour investir les anciennes usines Fagor-Brandt. D’autres exemples d’occupation temporaire de friches fleurissent dans l’agglomération depuis quelques mois : Halles du Faubourg, Halles Debourg dans le 7e arrondissement, Fort Saint-Laurent à la Croix-Rousse… Qu’il s’agisse de propriétés publiques ou privées, l’exploitation des délaissés urbains dans un cadre délimité en termes d’usages et de durée d’occupation est révélatrice d’une véritable ambition métropolitaine. Un moyen de dynamiser le territoire et de valoriser des friches industrielles, espaces dormant dans l’attente d’une réaffectation durable, tout en gardant une certaine maîtrise sur ce qui s’y déroule.

Entrée de la Friche RVI (Renault-Véhicules-Industriels)
Entrée de la Friche RVI (Renault-Véhicules-Industriels) S. Blanchoz-Rhône, 2-2011 - Photographes en Rhône-Alpes

Fagor-Brandt : de l’électroménager à l’art contemporain

La Biennale d’art contemporain de Lyon aime les sites industriels.

Sa première édition en 1991 prend place entre autres à la Halle Tony Garnier, avant d’investir la Sucrière en 2003 pour huit éditions. Elle a ponctuellement occupé Les Subsistances (2001), l’entrepôt Bichat (2009), l’usine Tase (2011). L’ancienne usine de sucres de la Confluence, rénovée en 2011, est aujourd’hui bien établie comme lieu d’exposition et d’organisation d’évènements sous la houlette de GL Events, société d’évènementiel copropriétaire du lieu, qui gère également le Centre de congrès de Lyon, Eurexpo et le Matmut stadium.

En 2109, La biennale quitte donc la Sucrière pour établir ses quartiers dans l’ancienne usine Fagor-Brandt, l’une des principales friches industrielles du quartier de Gerland.

A lire : GL Events à la Sucrière : quelle place pour la culture ? , par Fabien Fournier, Lyoncapitale.fr, 11 juillet 2011

Biennale d’art contemporain 2019 aux usines Fagor-Brandt – G. Bisson, 2019

Fagor-Brandt : vie et mort d’un site industriel

Occupé à partir de 1945 par la société du Confort Rationnel par l’électricité, ce site de 110 000 m2 s’est spécialisé dans la construction d’appareils électro-ménagers, plus particulièrement de machines à laver. Dans les années 1980 il emploie jusqu’à 2000 personnes  et absorbe le site de l’ancienne usine chimique de Gerland. Victime de la délocalisation d’une partie de son activité, l’usine connue sous le nom Fagor-Brandt est reprise par SITL en 2011 puis Cenntro Motors en 2014. Mais la reconversion vers des activités de construction de véhicules électriques n’a pas empêché la liquidation de l’entreprise en octobre 2015.

A lire :

Usine de produits chimiques dite société chimique de Gerland et Usine de matériel électroménager dite Confort rationnel par l’électricité, puis Société Générale d’appareillage électrique actuellement la CIAPEM – Fagor-Brandt , dossier réalisé en 2000, Inventaire général du patrimoine culturel Auvergne-Rhône-Alpes : historique, plans et photographies

Usine Fagor-Brandt de Gerland : l’audacieux pari de Pierre Millet, Le Progrès, 11 avril 2011

A Lyon, adieu aux usines ?, Loan Nguyen, L’Humanité, 6 mars 2014

Lyon 7e : les ex Fagor-Brandt descendent dans la rue, par Steven Belfils, Lyoncapitale.fr, 20 juillet 2015

Lyon : Pourquoi Cenntro Motors (ex Brandt) a été un fiasco industriel, Caroline Girardon, 20 minutes Lyon, 22 février 2016

Plus d’articles sur Europresse (presse nationale et locale, Progrès depuis 1997) et sur la base Dossiers de presse Rhône-Alpes (références d’articles entre 1994 et 2014)

Biennale d’art contemporain 2019 aux usines Fagor-Brandt – G. Bisson, 2019

Sur les 110 000 m² du site initial, 29 000 m² de bâtiments ont été conservés. La parcelle nord des anciennes usines a été démolie. Rachetée par Le fonds Ginkgo 2, fonds d’investissement spécialisé dans la réhabilitation de friches industrielles polluées, elle fait l’objet d’un plan urbain partenarial (le PUP Ginkgo) qui prévoit la construction de logements, des immeubles tertiaires et un programme d’équipements publics. Le PUP Ginkgo devrait pouvoir entrer en phase opérationnelle suite à l’approbation du nouveau Plan local d’urbanisme et de l’habitat (PLU-H) en mai 2019. Un exemple parmi d’autres à Gerland, quartier en pleine mutation qui voit disparaître les unes après les autres ses friches industrielles.

En route vers un nouveau projet urbain pour dynamiser le 7e, Le Progrès, 29 juin 2017

Ginkgo2 amplifie la réhabilitation de friches industrielles en milieu urbain, Vincent Charbonnier, l’Usine nouvelle, 17 mai 2016

Friche industrielle : un fonds investit à Gerland, Karen Latour, Acteurs de l’économie/La Tribune Auvergne-Rhône-Alpes (article consultable dans son intégralité sur Europresse)

Quand les friches industrielles deviennent un vrai business, Karen Latour, Acteurs de l’économie/La Tribune Auvergne-Rhône-Alpes, 2 juin 2016 (article consultable dans son intégralité sur Europresse)

Dossier de presse Gerland : visite de rentrée (fichier pdf), 30 août 2016, grandlyon.com

Biennale d’art contemporain 2019 aux usines Fagor-Brandt – G. Bisson, 2019

Vers un nouvel équipement culturel lyonnais ?

Propriété de la Métropole de Lyon, les 29000 m² de l’usine Fagor-Brandt ayant échappé à la démolition s’orientent pour quelques années au moins vers un usage artistique et culturel.

La Biennale n’est pas la première à prendre possession des lieux. Les habitués des Nuits sonores ont eu l’occasion dès le printemps 2017 de s’enivrer de musique électro dans les grands halls de l’ancienne usine. Il faut dire que l’association Arty Farty est une habituée des friches : salins du midi, usine d’ampoules, halle Girard…

A Lyon, l’association Arty Farty s’empare de l’espace urbain, Juliette Bénabent, Télérama, 10 novembre 2016

L’événement marquant en 2019 est l’utilisation du site comme nouveau lieu phare de la Biennale. Ses vastes dimensions ont permis aux artistes de créer des oeuvres in situ, mais représentent également un défi en terme de scénarisation pour les commissaires de l’exposition. Le résultat est à découvrir entre 18 septembre 2019 et le 5 janvier 2020.

Cette utilisation préfigure-t-elle une utilisation pérenne du lieu comme infrastructure culturelle ? La Biennale 2021 est d’ores et déjà prévue dans les lieux, et l’endroit a été aménagé pour être viable en toute saison. Pour Myriam Picot, maire du 7e arrondissement, « L’idée serait d’en faire un lieu pérenne pouvant accueillir en même temps plusieurs événements temporaire » (1). Sont envisagés des tournages de téléfilms, des résidences d’artistes ou des expositions. Mais dans un entretien avec Sébastien Broquet, publié dans le Petit Bulletin le 8 octobre 2019, David Kimelfeld, président de la Métropole, précise : « On ne dit pas que ce sera un lieu culturel pérenne, mais que l’on s’inscrit vraiment dans l’urbanisme transitoire. L’usine Fagor-Brandt est un lieu où dans ce cadre, il faut que l’on développe des projets, sans doute avec une identité culturelle forte (…) Je souhaite que l’on y héberge les bureaux des biennales dans les prochaines semaines. Derrière, un certain nombre de projets dans le cadre de la Biennale de la Danse pourraient se développer sur ce site. Pour la suite, on en est à construire autour de l’urbanisme transitoire : je ne sais pas si c’est pour cinq ou dix ans. Comme tout urbanisme transitoire, soit ça préfigure de nouveaux usages, soit ça occupe un lieu en attente d’une utilisation complètement différente. (…) » (2)

(1) Lyon : Les anciennes usines Fagor Brandt veulent devenir le nouveau culturel « in » de la ville, Caroline Girardon, 20 minutes.fr, 30 septembre 2019

(2) La Métropole se lance dans l’urbanisme transitoire, Sébastien Broquet, Petit Bulletin, 8 octobre 2019

Usines Fagor-Brandt : un équipement culturel sur culture.lyon.fr

Halle Debourg Festival Peinture Fraîche – 9 Mai 2019 – copyright Claire Margaron

La Métropole de Lyon prône l’urbanisme transitoire

Le cas Fagor-Brandt, loin d’être isolé, témoigne d’une véritable volonté politique de la Métropole : David Kimelfeld déclare ainsi « Nous voulons développer une politique d’urbanisme transitoire pour revitaliser les lieux oubliés et ainsi créer de nouveaux espaces de vie qui mêleraient à la fois des logements, des start-up, des événements festifs et culturels »(3).  La ligne directrice est de « proposer une offre d’accueil alternative soutenant nos politiques publiques : la culture, l’économie, l’entrepreneuriat, l’économie circulaire. Le second point, c’est de se dire que ces lieux peuvent participer à des innovations et des développements de projets de ville. Multi-identités ! » (2). La Métropole est accompagnée dans cette démarche par l’agence d’urbanisme de l’aire métropolitaine lyonnaise, Urba-Lyon.

Une quinzaine de lieux ont été identifiés comme propices par la Métropole. Certains lui appartiennent, comme la halle Debourg, Solyem ou la ZAC (Zone d’aménagement concerté) La Saulaie à Oullins. D’autres dépendent d’acteurs privés, pour lesquels la Métropole envisage de jouer un rôle d’ensemblier, comme la halle Sernam à Jean Macé, appartenant à la SNCF. Une convention temporaire lie les occupants et les propriétaires, posant un cadre juridique clair à cette occupation.

Si la Métropole est susceptible d’investir dans des travaux d’aménagements, comme dans les halles Fagor-Brandt, le but n’est pas de créer des lieux subventionnés. Chacun devra trouver son équilibre financier. Afin de faciliter la mise en place et le suivi des projets, la collectivité souhaite se faire accompagner par des professionnels de l’occupation temporaire.  La société Intermède a ainsi accompagné le projet d’urbanisme transitoire des Halles du Faubourg lancé en 2018, tandis que la coopérative parisienne Plateau urbain a servi de plateforme pour la mise à disposition des espaces du U de la tour panoramique de la Duchère. La Métropole de Lyon a lancé en juillet 2019 un marché public pour Assistance à maitrise d’ouvrage pour la mise en oeuvre de projets pilotes d’occupation temporaire / d’urbanisme transitoire dans la métropole de lyon.

Si l’art et plus largement la culture sont très présents dans les projets en cours, c’est loin d’être le seul axe de développement envisagé. Les orientations sont influencées par l’ancrage du lieu dans le quartier, son inscription éventuelle dans un projet d’urbanisme plus vaste comme une opération de renouvellement urbain, et bien sûr le ou les porteurs du projet. Ainsi à Villeurbanne, dans l’attente de la réalisation du projet de solidarité urbaine L’Autre soie, le CCO organise une occupation temporaire du bâtiment patrimonial prévoyant « hébergement d’urgence, évènements culturels et structures de l’économie sociale et solidaire« . Des orientations fidèles au projet définitif.

Si l’occupation temporaire d’un site peut être l’occasion de tester certaines activités avant de les pérenniser, elle peut tout simplement se clore pour laisser place à un projet d’aménagement sans rapport. Les Halles du Faubourg devront ainsi céder la place à un programme de logements, bureaux et activités.

Multiforme, adaptable, le modèle d’occupation temporaire prôné par la Métropole présente donc un bénéfice certain pour la collectivité comme pour les propriétaires des bâtiments, grâce à une valorisation de leur image, une dynamisation du secteur, une mise en sécurité des bâtiments et une certaine maîtrise de ce qui s’y déroule. Un modèle déjà largement testé en France, comme à Saint-Etienne avec la Cartonnerie ou à Paris avec les Grands voisins.

(2) La Métropole se lance dans l’urbanisme transitoire, Sébastien Broquet, Petit Bulletin, 8 octobre 2019

(3) Métropole de Lyon: l’urbanisme transitoire trouve sa place , Emmanuelle N’Haux, Le Moniteur.fr, 04 octobre 2019

Le pari de l’urbanisme temporaire, Nouveau Lyon, n°35, novembre 2019

L’urbanisme transitoire : quelques références : note rapide à l’occasion de l’Echange professionnel L’urbanisme transitoire à la hauteur de nouvelles attentes, Mardi 18 septembre 2018 à l’Agence d’urbanisme de l’aire métropolitaine lyonnaise, Urba-Lyon, octobre 2018

Territoire métropolitain – Urbanisme transitoire – Individualisation partielle d’autorisation de programme, Grand Lyon la Métropole. Extrait du registre des délibérations du Conseil, 30 septembre 2019. Délibération n° 2019-3819

Les friches, vernis sur la rouille ? Antoine Calvino, Le Monde diplomatique, avril 2018

Occupation de lancienne usine RVI par-un collectif d’artistes -Marcos Quinones 29-04-2004. Photographes en Rhône-Alpes

L’urbanisme transitoire à l’épreuve des lieux

Petit tour d’horizon de cas d’occupation temporaire sur le territoire métropolitain, et des réalités qu’ils recouvrent.

Les précurseurs : un temporaire qui rêve de pérennité ?

Si le modèle souhaité par la Métropole de Lyon en 2019 est celui d’une temporalité éphémère et assumée, dans les faits, l’occupation temporaire est parfois avant-tout une contrainte subie par des artistes et des collectifs qui rêvent, eux, d’un lieu à l’existence pérenne. D’où l’intérêt, pour la Métropole, de prendre les devants en proposant un cadre prédéfini, évitant ainsi les négociations inconfortables lorsqu’il s’agit de libérer les bâtiments pour des opérations d’urbanisme.

Collectif Friche Autogérée RVI (Renault Véhicules Industriels) – S Blanchoz-Rhône, 2011

De la friche RVI à la friche Lamartine

Parmi les exemples d’occupation temporaire dédiés à l’art présents sur le territoire lyonnais, il serait dommage de ne pas mentionner la friche Lamartine, héritière de la friche RVI. Aux origines : en 2002, le festival Jardin des possibles organisé par Acte public permet à des artistes d’investir pendant deux semaines une partie de l’ancien site de Renault Véhicule Industriel, rue Feuillat, propriété du Grand Lyon. L’évènement débouche sur une installation durable de plusieurs artistes dans les lieux, entre squat et friche artistique. Les différents collectifs présents se fédèrent en association en 2003, afin de signer une convention d’occupation temporaire avec la Ville de Lyon. La fin de cette convention donne lieu à un refus d’évacuer de la part des artistes qui demandent une solution de relogement.

Occupation de lancienne usine RVI par-un collectif d’artistes -Marcos Quinones 29-04-2004. Photographes en Rhône-Alpes

Ce sera chose faite en 2010 avec l’installation du collectif au sein de la friche Lamartine, elle-même promise à la démolition. Le collectif déménage donc de nouveau pendant l’été 2019 au sein de 3 sites lyonnais : l’usine Ronfard (Lyon 3), la Villa Pionchon (Lyon 3) et le site Tissot (Lyon 9), tout en gardant son identité « Friche Lamartine ». Un challenge pour l’association qui doit en même temps s’adapter aux nouvelles contraintes réglementaires imposées par la ville, qui a pris en main les travaux d’aménagement des nouveaux lieux. Moins d’autonomie donc, et un nouvel équilibre à trouver avec la tutelle. Une adaptation nécessaire pour pouvoir s’inscrire dans la durée…

La Friche RVI, lieu plusieurs fois précurseur, L’Influx, 24 février 2011

CFA RVI, Collectif friche autogérée, 2004 (pdf)

L’Actu fait le point. Friche culturelle RVI : crise de l’atelier pour les artistes, Agence d’urbanisme pour le développement de l’agglomération lyonnaise, octobre 2010

Site web de la Friche Lamartine, voir notamment les témoignages dans la rubrique Relogement

Le Grnd Zero, l’underground et les pouvoirs publics

Collectif dédié à l’organisation de concerts, le Grnd Zéro est également confronté aux problématiques d’occupations temporaires. Tout débute en 2004 par un squat rue Clément Marot, avant d’obtenir d’une convention d’occupation temporaire au 40 rue Pré-Gaudry, dans un bâtiment appartenant au Grand Lyon. Avec l’annonce de la démolition du bâtiment situé sur une Zone d’Aménagement Concerté, le collectif entame une négociation avec la Ville de Lyon et le Grand Lyon dans le but d’obtenir un bâtiment pérenne. C’est finalement un bâtiment désaffecté au 60 avenue de Bohelm appartenant au Grand Lyon qui accueille les activités du groupe, à nouveau par le biais d’une convention d’occupation temporaire. Une épée de Damoclès pour le collectif qui vient d’ouvrir officiellement sa salle de concert en 2019 après plusieurs années de travaux.

Grrrnd Zero sur Rebellyon.info (articles parus entre 2005 et 2014)

Grnd Zero, propos recueillis par Hazam, Le Zebre.info, 1 avril 2014

Grrrnd Zero 9 ans, tremplin en amiante et parachute doré (manifeste GZ 2013), site web du Grnd Zero, 10 septembre 2013

La nouvelle vague

Halles du Faubourg

10 impasse des chalets, Lyon 7e

L’initiative des Halles du Faubourg est née de la rencontre entre la Taverne Gutenberg, le promoteur Duval et le bailleur social Vilogia. La première a déjà expérimenté une opération d’occupation temporaire dans petit immeuble voué à la démolition au 5 rue de l’Epée, entre 2015 et 2018, accueillant expositions et résidences d’artistes. Les seconds, propriétaires d’anciens entrepôts industriels à proximité de la route de Vienne, ont accepté de mettre les lieux à disposition en attendant d’y construire un programme immobilier.

La Taverne Gutenberg est accompagnée de trois autres porteurs de projet : Les Ateliers la Mouche, une association qui s’intéresse au patrimoine industriel lyonnais et s’est penché sur le cas du dépôt ferroviaire de Lyon-Mouche (un futur lieu pour une opération d’urbanisme transitoire ?), la société Intermède, qui accompagne les propriétaires dans le déploiement d’usages temporaires dans les bâtiments vacants, et l’École Urbaine de Lyon (EUL), un programme créé en 2017 qui rassemble 27 unités de recherche au sein de l’Université de Lyon.

Entre mars 2018 et août 2020, le site accueille des résidences d’artistes, des séminaires, ateliers, expositions sur la base d’appels à projets et se prête à l’expérimentation comme lieu de travail, d’évènementiel et lieu de vie.

Site web des Halles du Faubourg

Les Halles du Faubourg 2018-2020 : dossier de présentation, 2019 (pdf)

La Taverne Gutemberg, Inside Lyon

La Tavergne Gutemberg déménage et laisse la place au Cartel, Caroline Sicard, Tribune de Lyon, 26 janvier 2019

Fort Superposition

Bastion Saint-Laurent, Place Bellevue, Croix-Rousse

Après avoir hébergé le foyer Notre-Dame des sans-abri, le fort Saint-Laurent qui appartenait il y a peu au Ministère de la Défense a été cédé à des investisseurs privés. En attendant la validation du projet de reconversion en boutique et hôtel de luxe, les nouveaux propriétaires ont confié l’animation du lieu à l’association lyonnaise Superposition, spécialisée dans la promotion des cultures urbaines, pour une durée d’un an. Ouvert à partir de l’été 2019, le lieu accueille lui aussi des résidences d’artistes et propose une terrasse ouverte au public.

Superposition fête ses trois ans, 20 mars 2019 : historique de l’association

Croix-Rousse : le Fort Saint-Laurent, bientôt un hôtel de luxe ? , Lyon Capitale, 27 décembre 2017

Le fort Saint-Laurent transformé en residence artistique temporaire, Guillaume Garcia, Lyon Bondy blog, 19 juillet 2019

Les 10 projets qui vont changer la Croix-Rousse, Tribune de Lyon, n°719, 19 septembre 2019

U de la tour panoramique

La Duchère

Construite à la fin des années 60 sur des plans de François-Régis Cottin, la tour panoramique de la Duchère fait partie des bâtiments labellisés Patrimoine du XXe siècle. Si la tour a fait l’objet d’une rénovation en 2011, son socle en forme de U qui abrite des bâtiments tertiaires est toujours en attente. Le groupe SERL, propriétaire, a mandaté la coopérative d’urbanisme transitoire parisienne Plateau urbain pour y organiser la mise à disposition d’espaces vacants pour des acteurs culturels, associatifs, et de l’économie sociale et solidaire, pour une durée de 18 mois (novembre 2018-avril 2020). L’opération se fait en lien avec la Métropole de Lyon, la Ville de Lyon et la Mission La Duchère Lyon.

Occupation temporaire du U de la tour panoramique, GVP Lyon Duchère

Urbanisme transitoire à La Duchère (Lyon 9) : un appel à candidatures lancé pour réinvestir un immeuble de bureaux !

À La Duchère, des mètres carrés à moins de 7 euros par mois, Audrey Henrion, Le Journal des entreprises, 25 juillet 2019 (consultable à la bibliothèque municipale de Lyon)

L’autre soie

Villeurbanne

L’autre soie est un grand projet de solidarité urbaine où s’entremêlent habitat, culture et économie sociale et solidaire. Derrière cette initiative se trouve le CCO La Rayonne , laboratoire d’innovation sociale et culturelle, et le GIE Est Habitat, groupement au carrefour du logement et de l’hébergement. Sur près de 23 500 m2 de surface de plancher, il prévoit, à l’horizon 2025, la rénovation du bâtiment remarquable et l’ouverture d’un parc arboré classé de 1,5 hectare au cœur de la Soie.

En attendant la réalisation du projet, le CCO La Rayonne et le GIE Est Habitat lancent en octobre 2018 une occupation temporaire du bâtiment patrimonial qui durera 2 ans, associant hébergement d’urgence, évènements culturels et structures de l’économie sociale et solidaire.

Acte 2. Ouverture de l’Occupation temporaire de l’Autre Soie, dossier de presse (pdf), 30 janvier 2019

La cimenterie éphémère

Albigny-sur-Saône

Le site de l’ancienne cimenterie d’Albigny, racheté par trois investisseurs privés, attend sa reconversion à l’horizon 2022 grâce à une occupation temporaire privilégiant les évènements festifs et culturels en plein air. A terme, Ma Cimenterie gérée par la société d’évènementiel Lab Event Factory comportera une brasserie, un espace co-working, une résidence d’artistes, des salles d’exposition, de séminaires, un bar-bibliothèque et des commerces.

Cimenterie d’Albigny-sur-Saône dite la Société des Ciments Portland de Couzon actuellement Société des Placages du sud-est, dossier de l’Inventaire général du patrimoine culturel Auvergne-Rhône-Alpes

La Cimenterie d’Albigny. Nouveau phare festif et gourmand du Val de Saône, Lyon people, 15 juin 2018

« Ma Cimenterie », tout pour devenir le nouveau spot branché des berges de Saône, Le Progrès, 15 février 2019

Dans les tuyaux

Halle Debourg

45 rue Debourg, Lyon 7e

Parmi les lieux repérés par la Métropole pour des projets d’occupation temporaire, la Halle Debourg (à ne pas confondre avec la Halle du Faubourg !), a déjà fait l’objet d’utilisations ponctuelles : pièce de théâtre Les Naufragés en 2018, festival Peinture fraiche en 2019, défilé ESMOD… Si le projet n’est pas encore défini avec précision, il prendra certainement une orientation street art, sans exclure d’autres usages.

Attention Peinture fraiche sur Lyon, L’Influx, 27 mai 2019

Halle Debourg sur Facebook

Halle Sernam

Jean Macé

Propriété de la SNCF, la Halle Sernam, construite entre 1946 et 1949, n’est plus utilisée depuis 2005. Illuminé lors de la fête des Lumières en 2018, le bâtiment devrait accueillir un espace culturel, social et économique à l’horizon 2020-2021. Il fait partie des lieux identifiés par la Métropole comme propices à une opération d’occupation temporaire.

Halle Sernam : un bâtiment remarquable, site de la mairie du 7e

“Mobilité” illuminera la halle Sernam-Jean-Macé, Le Progrès, 08 décembre 2018 (article consultable dans son intégralité sur Europresse)

Solyem

25 rue Aristide Briand, Saint-Priest

Les entreprises se sont succédées sur ce site industriel entre les années 1920 et 2018, date à laquelle Solyem quitte le centre-ville. La Métropole, propriétaire du site, envisage d’y développer une identité forte autour de l’activité artisanale.

25 rue Aristide-Briand : clap de fin après un siècle de présence industrielle, Le Progrès, Est Lyonnais, 27 février 2018

La Métropole souhaite également lancer des occupations temporaire de la caserne Blandan (Lyon 3e), de la place Grandclément à Villeurbanne, de la ZAC La Saulaie à Oullins, de la ZAC Carnot Parmentier à Saint-Fons, sans oublier les sites privés de Nexans (Lyon 7e), propriété de Bouygues ou encore le Technicentre SNCF d’Oullins. Une liste qui continuera certainement à s’allonger dans les mois à venir.

Lecture complémentaire :

Industries en héritage : Auvergne-Rhône-Alpes / Service régional de l’inventaire général du patrimoine culturel, éd. Lieux Dits, 2019

Lyon et son patrimoine industriel, un paradoxe patrimonial, L’archéologie industrielle en France ; n°54, Juin 2009

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