logo-article

Tiens ferme ta couronne

Yannick Haenel

Prix Médicis 2017, figurant dans la dernière sélection du prix Goncourt, le nouveau roman de Yannick Haenel est sans nul doute l'un des incontournables de la rentrée littéraire : à lire absolument !

Jean a bientôt cinquante ans. Il a écrit un scénario un peu fou sur l’auteur de Moby Dick : The Great Melville. Personne ne veut de son scénario, à Jean, mais lui pense que si quelqu’un doit le réaliser, ça doit être Micheal Cimino, et personne d’autre : Le dernier GRAND réalisateur de cinéma pour raconter la vie du dernier GRAND auteur de fiction.

Jean a peu de besoins dans la vie : son lit, sa télé écran plat pour regarder des films –surtout Apocalypse Now de Francis Ford Coppola qu’en cet été 2015, il regarde quotidiennement- et pour s’alimenter : quelques repas au fast food le plus proche, porte de la Bastille, et surtout, beaucoup de cigarettes, avec beaucoup –beaucoup !- de vodka.

Jean ne cherche pas la consécration dans la réussite sociale : ce qu’il veut, lui, c’est rencontrer des gens aux têtes « mystiquement alvéolées », et trouver dans les livres, dans les films, des petits instants de vérité, infimes mais suffisants, qui passeraient devant lui comme des « daims blancs effarouchés ».

A la recherche de tout ça, accompagné du dalmatien de son voisin, Jean rencontre des personnages tous plus étranges et comiques les uns que les autres –de Mme Figo (sa concierge), à Isabelle Huppert- et dans cette quête, peut-être que Jean se perd un peu.

Peut-être que la recherche n’est que fuite, finalement, jusqu’à se retrouver.

Passant du comique au tragique, Yannick Haenel nous livre là un roman un peu hors norme, un peu foutraque, où la vie et ses aléas se mêlent à d’autres instances plus grandes, plus belles : La littérature, le cinéma… et la possibilité de croire en son étoile, même quand on est un peu loser et que notre plus grand désir, c’est de croiser un daim blanc au coin de chaque rue, chaque boulevard de Paris.

Tiens ferme ta couronne fait suite aux Renards Pâles, roman publié chez Gallimard en 2013, où Jean, quarante-deux ans à l’époque, raconte cette période de sa vie où, sans appartement, il décide de vivre dans une voiture et fait la rencontre d’un groupe d’immigrés anarchistes, Les Renards pâles, dont il va rallier la cause.

Si ces deux romans de Yannick Haenel se font écho, pas besoin d’avoir lu le premier pour apprécier le second à sa juste valeur. Mais une chose est sûre, vous serez irrémédiablement conquis par la rébellion douce qui émane des deux œuvres, et qui font de Yannick Haenel, un des auteurs français un peu hors norme, et très certainement à suivre de notre époque.

Yannick Haenel par Renaud Monfourny, photographe des Inrockuptibles

Voir dans le catalogue de la BML

Tags

Type :

Partager

Poster un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *