logo-article

Rêves américains – Tome 2 : la Grande Crise

Thomas Hellman

Voici le chapitre 2 du projet théâtral et musical de Thomas Hellman, consacré aux rêves américains. L’espoir exubérant de la ruée vers l’or fait place à une page ô combien plus sombre : c’est la grande crise de 1929 qui frappe de plein fouet un pays s'étourdissant de son boom économique.

Le rêve doré se transforme en cauchemar. Du jour au lendemain un krach boursier sème la panique dans les milieux financiers et la réaction en chaine contamine l’ensemble de la société américaine. Plus de confiance, plus d’investissement, plus de travail et partant plus grand-chose à se mettre sous la dent. Les suicides se comptent par milliers. C’est l’époque où les concierges des hôtels « demandent aux nouveaux clients si c’est pour dormir ou pour sauter ». Le miracle industriel et tayloriste de Ford a fait long feu, le chômage de masse s’installe. Les Etats-Unis sont chamboulés, défigurés, exsangues. Un malheur n’arrivant jamais seul les éléments s’en mêlent, des orages de poussière monstrueux s’abattent sur le pays et suffoquent les malheureuses populations. Hellman sait de quoi il parle : la branche américaine de sa propre famille a vécu l’épreuve dans sa chair. Sa mamie yankie – à qui il dédie affectueusement le cd – en restera durablement traumatisée, qui achètera désormais ses paquets de corn-flakes par dix, on sait jamais.

Comme dans le premier épisode le savoir-faire musical et le don de conteur de Thomas Hellman font merveille. Il sait alterner harmonieusement pièces parlées et chansons, séquences anglaises et françaises, reprises du répertoire traditionnel et compositions-souvenirs personnels. L’ensemble est puissamment évocateur et l’on a l’impression d’apercevoir les silhouettes faméliques des hobos sautant dans un train pour échapper à la misère. Se profilent également subtilement quelques ombres tutélaires d’archétypes étasuniens : Thoreau, écolo-décroissant avant l’heure, Steinbeck et les raisons de la colère.

L’intérêt de cet enregistrement est double : une approche historique documentée des années de débâcle et une réalisation musicale et théâtrale consistante qui fait sortir le répertoire country de ses banjos et fiddles ordinaires. On recommande, on en redemande, en escomptant, pourquoi pas, un troisième tome.

Ford :

Dust :

500 miles :

Voir dans le catalogue de la BML

Tags

Type :
Thème :

Partager

Poster un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *