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Nude Animal Cigar

Paul Kooiker

C’est «la vie elle-même» qui alimente son œuvre. Ici, les nus féminins sont objetisés sous la bannière de la lettre « N », photographiés de manière très protocolaire; on confronte son oeil à un bestiaire éclectique « A » et aux étapes d’un cigare qui se consume « C ».  Les images sont rassemblées selon une alternance inexpliquée où chacune est marquée par son appartenance à une série spécifique au coeur d'une autre, constitutive du livre: "NAC (Nude Animal Cigar)". Celle-ci questionne sur une éventuelle allusion à des espèces animales peu conventionnelles...

Paul Kooiker affectionne la facture, l’ordonnancement, la rythmique, le travail collégial autour du livre. Il engrange les concepts, les médiums, les images (les siennes autant que celles qu’il récupère) dont il constitue des collections fictives, massives, communes car,  individuelles, elles ne l’intéressent pas.

Nude Animal Cigarlivre d’artiste, est consécutif à une installation au Musée de la photographie de La Haye (20 ans de pratique artistique, 200 œuvres photographiques). Sculpture, installation, photographie…l’artiste est boulimique d’images, de répétitions. Il s’évertue à déstabiliser, désorienter organiser l’inconfort, soigner l’incommodité de ses modèles mais aussi  de celui qui regarde, l’intrus, le voyeur sans le désordre attendu, bien au contraire, avec structuration et méthodologie.

L’artiste réfute toute allusion à Hans Bellmer, Cindy Sherman,  David Lynch, aux nus laiteux d’Irving Penn, aux postures de Bill Brandt …autant d’étrangetés dérangeantes, de discordances déroutantes. Si son travail évoque les canons esthétiques du 17e siècle, les  corps voluptueux de Rubens,Paul Kooiker rompt cependant avec la charge érotique des images, la tempère voire la gomme. Les visages sont toujours cachés, le corps livré tel un objet, un motif, une nature morte.

L’artiste polymorphe revendique être délibérément un « mauvais » photographe, un amateur sans qualité technique. «Cet élément de l’amateur qu’il contient est manifeste dans tout mon travail.» Il valorise le flou, organise l’usure, la surexposition, le vieillissement, la fatigue, l’épuisement de l’image, … des actions qui seraient consécutives à la manipulation ou fruit d’une collecte ciblée d’images déjà altérées, « un mal fait bien fait » dixit Combas.

Synapses : « le corps est comparable à une phrase qui vous inviterait à la désarticuler pour que se recomposent, à travers une série d’anagrammes sans fin, ses contenus véritables.” Hans Bellmer

Wabi-sabi : à l’usage des artistes, designers, poètes & philosophes de Leonard Koren

 

 

 

 

 

 

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