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Les ondes magnétiques

David Lescot

Historique, documentée et polyphonique, cette pièce haute en couleur et drôle, est le concentré d'une époque : celle du début des années 1980, de l’avènement de la gauche au pouvoir en France jusqu’au tournant de la rigueur en 1983. C'est l'histoire d’un rêve et d'une déception !

Le 9 novembre 1981, la loi autorise les radios locales à émettre sur la bande FM. C’est la fin du monopole de l’État instauré à la Libération, la fin du brouillage systématique des radios pirates par la TDF : la Télé-Diffusion Française… et le début des radios libres.

Cette libération des ondes provoque l’explosion du nombre de nouvelles stations. La bande FM est totalement engorgée. Les radios se brouillent alors les unes avec les autres. Puis, certaines d’entre-elles ont l’autorisation d’avoir recours à la publicité pour vivre : c’est le nouveaux contrôle des fréquences par la « radio fric », sur la « radio libre ».

David Lescot nous plonge dans l’effervescence de cette époque. On y trouve la rapidité avec laquelle les changements se firent dès 1981, ainsi que l’énergie de chacun, développée à agir, à débattre et à se contredire. Il rafraîchit la mémoire de ce qui était alors déjà né. Il offre une fresque originale, un beau panoramique historique du début des années 1980 à ceux qui n’ont pas connu cette courte mais intense période socialiste.

L’auteur

Né en 1971, David Lescot est dramaturge, musicien et metteur en scène. Son écriture comme son travail scénique mêlent au théâtre des formes non–dramatiques, en particulier la musique, la danse et la matière documentaire.

On lui doit un recueil des témoignages de Paul Felenbok et Wlodka Blit-Robertson qui raconte la vie dans le ghetto de Varsovie. Ce recueil, « Ceux qui restent » a été publié en 2014. On lui doit également un récit qui a représenté deux ans d’enquête sur les glaciers qui fondent, « Les glaciers grondants », publié en 2015.

En 2009, il obtient le « Molière de la révélation théâtrale masculine » pour son spectacle « La commission centrale de l’enfance« .

EXTRAIT

Radio Vox, décembre 1981.

Chant lyrique baroque sur lit de sons synthétiques

PREMIÈRE VOIX ÉTHÉRÉE. Mais les socialistes ils font une politique socialiste ?

DEUXIÈME VOIX ÉTHÉRÉE. Ils font vraiment une politique de gauche ?

TROISIÈME VOIX ÉTHÉRÉE. Bien sûr. Pourquoi ?

PREMIÈRE VOIX ÉTHÉRÉE. Pardon. On a du mal à y croire.

DEUXIÈME VOIX ÉTHÉRÉE. On a perdu l’habitude.

QUATRIÈME VOIX ÉTHÉRÉE. L’habitude de quoi ? On n’a jamais connu ça.

DEUXIÈME VOIX ÉTHÉRÉE. De notre vivant.

TROISIÈME VOIX ÉTHÉRÉE. C’est vrai.

PREMIÈRE VOIX ÉTHÉRÉE. Le bonheur c’est comme tout. Il faut un temps d’adaptation.

DEUXIÈME VOIX ÉTHÉRÉE. Rien que pour y croire déjà.

TROISIÈME VOIX ÉTHÉRÉE. Ah non, pas de scepticisme. pas maintenant. Quand le bonheur arrive il faut savoir le reconnaître et y croire. Sinon à quoi ça sert d’espérer ?

QUATRIÈME VOIX ÉTHÉRÉE. C’est des réflexes.

DEUXIÈME VOIX ÉTHÉRÉE. C’est à force de se battre pour rien.

PREMIÈRE VOIX ÉTHÉRÉE. On devient méfiant.

TROISIÈME VOIX ÉTHÉRÉE. C’est normal. Mais bon : une politique de gauche, c’est facile à reconnaître.

PREMIÈRE VOIX ÉTHÉRÉE. Ça ressemble à quoi ?

DEUXIÈME VOIX ÉTHÉRÉE. On connaît pas, nous. […]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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