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La laque en Asie: de la technique à l’art

Patrimoine immatériel

L’incision méthodique d’un laquier avec une approche plastique de land art, un vieux sage à l’œil taquin (trésor vivant) qui dispense les fondements spirituels de son art. Le décor est posé : la laque est précieuse, rare et requiert toutes les attentions et précisions.

Le clin d’oeil à Alice de Woody Allen n’est pas feint…Le vieil homme nous rappelle qu’un bol n’est pas qu’un bol, c’est aussi l’espace qui l’entoure et qu’il y a toujours quelque chose derrière ce qui n’est pas visible: le gen bouddhiste (sono mata gen : le fond après le fond) ! Il y a donc du spirituel dans l’objet…laqué.

Cette histoire a une dimension plus qu’artisanale : pureté du geste précis sur lequel se calque la respiration , une transparence à la limite de la matérialité des bols en bois de wajima, les plus fins du Japon (classés au patrimoine immatériel du pays) et la traque permanente de la poussière, intru majeur, ennemi absolu du laqueur.

On parcourt l’histoire, l’archéologie du matériau en Chine au Japon au Viet Nam : on en découvre la plus ancienne forme (9000 ans) : une laque recouvrant un tissu recouvrant un corps avant inhumation tel un vêtement sépulcral, ses propriétés conservatrices, la quasi magie du matériau …les exemples artistiques sont multiples et recourent à des pratiques fort diverses : ponçage, dorure à l’or fin …

Comme le dit le vieux sage : Onishi Nagatoshi, la laque vieillit comme les hommes et rappelle « ce qui ne change pas est ennuyeux« .

L’ Œil de Momoko oscille entre le documentaire classique informatif et des plans qui rappellent son travail de plasticienne.

On retrouve ce qu’elle dénonce : les usages excessifs et outranciers, le recours au synthétique, le délitement d’un savoir faire qui se veut aussi un savoir être.

Voir dans le catalogue de la BML

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