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Bad boy Bubby

Rolf De Heer

Sur fond de rock'n'roll, suivez les incroyables tribulations de Bubby dans son parcours initiatique vers l'indépendance...

Qui est Bubby ?

Nicolas Hope interprète brillamment le rôle de Bubby, enfant coincé dans un corps d’adulte de 35 ans. Retenu captif et infantilisé par sa mère dans une cave semblable à une cellule de prison, Bubby a tout de l’être marginal. Il a toujours vécu dans la croyance que l’air du dehors était toxique, piteux mensonge édifié par sa mère qui illustre son propos par un masque à gaz dés qu’elle sort de la geôle. Il ne connaît pour ainsi dire rien du monde extérieur.
Ayant pour seuls compagnon : une mère abusive et un chat prisonnier, ce grand paumé se situe à la croisée de l’anti-héros et du héros tragique.

L’arrivée du père sera un bouleversement tant pour la mère que pour le fils. Car si Bubby campait jusqu’alors, aux yeux de la mère, plusieurs casquettes, « Pope », vient renverser la donne.
Le quotidien de Bubby bascule littéralement.
Un rééquilibrage familial s’opère bien que totalement tordu à la racine.
Bubby reprend le rôle du fils.
Bientôt rejeté par son père, puis par sa mère, Bubby s’enhardit et coupe le cordon ombilical une bonne fois pour toute en se libérant de l’emprise paternelle, puis maternelle …
Cruauté est de mise mais l’innocence l’emporte…
Oedipe s’émancipe quelqu’en soit le prix à payer…

Bubby devenu Pope, l’aventure commence…

Sorti des jupes de sa mère (cas de le dire), il endosse les habits de « Pope » et s’apprête à affronter le monde.
Suite à ce mouvement cathartique, il changera radicalement de vie et croisera sur sa route tout un tas de choses qui dessineront un parcours aussi tortueux que surprenant.
Bubby connaîtra bien des déboires (et pas qu’une seule fois…) notamment par rapport à son étrangeté et son innocence, mais il va aussi découvrir des trésors insoupçonnés à commencer par les pizzas, la camaraderie et puis la musique….

La rencontre avec la musique (présente toute au long du film sous différents registres (classique, musique traditionnelle écossaise ou rock type post-punk) constituera une véritable révélation : c’est sur scène qu’il trouvera sa place !
Invité sur scène par un groupe de rock, d’abord émerveillé, il se mettra alors à vociférer une cascade de vérités obscures qui lui confèreront l’image de prophète maudit aux yeux du public, doué d’un curieux magnétisme. Comme habité par une entité glaçante et rageuse, déployant un sombre charisme, il déblatéra un chapelet de sentences qui percuteront la foule de plein fouet. Ses performances scéniques ne seront d’ailleurs pas sans rappeler quelques prestations de Nick Cave avec les Birthday Party, qui possède également ce même type de don hypnotique.

«Le beau est toujours bizarre »

Si le film peut comporter quelques scènes de caractère subversif, le regard vierge et emprunt de naïveté que Bubby porte sur le monde est plus qu’étonnant.
Explosif, bouleversant et émouvant, il propose un tableau de la vie surréaliste, à la fois terrible et merveilleux, avec plein de couleurs qui s’entrecroisent bien que lugubre sous bien des aspects.
C’est un regard dépourvu de manichéisme, qui s’affranchit de la norme, méconnaissant les standards institués tant dans les canons esthétique de la beauté (l’amour) que la morale, adoptant pleinement le principe théorisé par Baudelaire : «Le beau est toujours bizarre »
Bubby suivra sa propre voie semée d’embûches. Avec lui, nous escaladerons un à un les obstacles qu’il surmontera courageusement.

À travers ce film, Rolf De Heer dresse là le portrait noir d’un enfant pur qui s’aventure sans repères dans une réalité pas toute rose.
Difficile de classer un tel film devenu culte !
Il a tout du conte purgatif si ce n’est qu’il déroge à la règle s’exemptant de morale et s’approche de près à la satyre sans en être complètement une (la vocation principale du film n’étant pas la critique) . Il ressemblerait davantage à un genre de road-movie ou le personnage principal fait son apprentissage du monde par le biais des rencontres qu’il fait en chemin…
Une expérience certes lugubre mais pleine de richesses à vivre sans plus tarder !
Impossible de rester de marbre !
Toutefois, peut-être déconseillé à des âmes trop sensibles sur quelques passages susceptibles de déranger…
À chacun d’élever son jugement sur la question…

Voir dans le catalogue de la BML

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