Tout l’opéra baroque en 6 opéras baroques !

- Modifié le 20/12/2017 par Ralf

Il y a 30 ans tout juste, en 1987, on assistait à la redécouverte de l'opéra baroque grâce au travail de William Christie et de son ensemble les Arts florissants. Ils reprennent alors Atys de Lully et le public replonge avec bonheur aux origines de l'opéra. Depuis, le succès de l'opéra baroque ne se dément pas ! Et l'on redécouvre encore les œuvres d'un genre oublié pendant des siècles, qui a pourtant perduré 150 ans, depuis la création de l'opéra à la fin du 17ème siècle jusqu'au milieu du 18ème siècle.

L'Orfeo de Claudio Monteverdi - Photo d'Aleksandr Zykov (licence Creative Commons)

L’Orfeo / Monteverdi (1607)

A la fin de la Renaissance, en Italie, en même temps que l’on assiste aux débuts de la période baroque, une nouvelle façon de chanter émerge : c’est la monodie. Une voix, avec un texte clair, accompagné par un ou plusieurs instruments. D’un côté cela donne naissance à l’oratorio, pour répondre aux besoins de l’Eglise. Et de l’autre côté, on assiste à la création de l’opéra, soutenu par les princes, et développé par les intellectuels et humanistes de l’époque.

Ceux-ci prônent en effet le retour aux valeurs et à l’esthétique de l’Antiquité. Et ils inventent l’opéra en s’inspirant de la tragédie antique, dont on savait qu’elle était jouée en étant mêlée à des chœurs et de la danse.

En 1597, on assiste ainsi à la mise en scène du premier opéra connu avec La Dafne, de Jacopo Peri. Mais le premier chef-d’œuvre du genre, c’est bien L’Orfeo, de Claudio Monteverdi, créé en 1607 à Mantoue.

La version proposée ici à été mise en scène par Robert Wilson. Toute la scénographie est réinventée, car il en restait peu de traces, mais l’esthétique choisie, sobre et classique, se marie très bien avec la partition musicale.

Orlando furioso / Vivaldi (1727)

C’est du côté de Venise que l’opéra prend ensuite de l’ampleur. En 1637 s’ouvre le premier théâtre d’opéra ouvert au public, le Teatro San Cassiano. Plus de 400 opéras seront créés, dont les plus importants sont Didone, de Francesco Cavalli (1641) et l’Incoronazione di Poppea, de Claudio Monteverdi (1642). Avec celui-ci, les principes de l’opéra sont clairement énoncés et annoncent le mouvement de l’opéra seria, résolument dramatique, qui marque durablement tout l’opéra baroque.

Antonio Vivaldi, l’auteur des célèbre Quatre saisons, prend ensuite la tête de l’Ecole vénitienne. C’est alors que l’opéra italien commence à devenir un genre international. Il assure ainsi la production d’une cinquantaine d’opéras dans les capitales italiennes et étrangères, dont l’un des plus célèbres est Orlando furioso.

Atys / Lully (1676)

S’il connaît un immense succès à l’époque, l’opéra baroque tombera ensuite dans l’oubli, durant les périodes « classique » puis « romantique » aux 18ème et 19ème siècles. Les spectateurs réclament du nouveau et personne ne se soucie de la musique écrite auparavant. L’idée de répertoire est alors presque inexistante.

Après plusieurs tentatives de restaurer ce patrimoine au 20ème siècle, la date la plus marquante dans la redécouverte du répertoire baroque, notamment français, reste donc celle de 1987, lorsque le chef d’orchestre William Christie dirige des représentations d’Atys de Lully dans une mise en scène de Jean-Marie-Villégier.

Cette nouvelle interprétation d’une œuvre de 1676, avec des décors et des costumes entièrement repensés, séduisent la critique et le public. Et l’on assiste alors à l’exhumation de nombreuses œuvres de ce passé florissant pour l’opéra.

Les Indes galantes / Rameau (1735)

En France, comme on l’a vu précédemment, Jean-Baptiste Lully avait crée un nouveau genre : la tragédie lyrique. Influencée par la tragédie classique de Corneille et Racine, la tragédie lyrique s’inspire de la tragédie antique et emprunte ses sujets aux mythes anciens.

Au début du 18ème siècle apparaissent ensuite les opéra-ballet. Ce genre est plus purement musical et chorégraphique et propose des spectacles luxueux. Parmi les œuvres les plus importantes se trouve Les Indes galantes de Jean-Philippe Rameau.

Et c’est bien grâce à lui que l’opéra français acquiert ses lettres de noblesse. A noter qu’il écrit également des tragédies lyriques comme Hippolyte et Aricie (1733) ou des comédies-ballet telle Platée (1745).

Didon et Enée / Purcell (1689)

L’opéra conquiert aussi l’Angleterre. Il existe déjà le « masque », genre scénique autonome accompagné de musique, dès la première moitié du 17ème siècle. Mais comme en Allemagne, l’opéra se trouve sous influence italienne et française. Ceci donne naissance à Vénus et Adonis, de John Blow (1684) qui inspire à son tour largement Henry Purcell pour son Didon et Enée.

L’œuvre d’Henry Purcell, et c’est ce qui fait son originalité, est pleine d’humour. Mais Didon et Enée reste son seul véritable opéra. Et après sa disparition prématurée, l’Angleterre des Stuarts attire des compositeurs étrangers, dont le plus fameux reste Haendel.

Haendel incarne à lui seul tout l’esprit européen de l’opéra baroque. D’origine allemande, c’est lui qui va confirmer la prédominance de l’opéra italien en Angleterre, à travers Rinaldo (1711), Giulio Cesare (1724) ou Saul (1739 ; récemment adapté pour la scène), tout en surpassant les compositeurs italiens par son inventivité musicale et par la force de ses scènes dramatiques.

Deidamia / Haendel (1741)

Voici le dernier opéra de Haendel, qui est aussi le dernier opéra baroque !! Le genre ne fait plus recette et Haendel lui-même, après tant de succès, abandonne l’écriture d’opéras, en italien, pour se consacrer aux oratorios, en anglais…

A l’opposé d’un opéra seria, Deidamia appartient à une veine comique dont il est peu coutumier. Et le public boude le spectacle de Londres qui ne sera joué que deux fois !…

Si ce n’est pas l’opéra le plus célèbre ni le plus réussi de Haendel, cette version mise en scène par David Alden est cependant une réussite totale. Le metteur en scène américain accentue le penchant comique de cet opéra, grâce aux personnages, aux décors et à des situations absurdes. Et nous fait oublier que se jouent alors les dernières heures de l’opéra baroque…

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