Bettina Rheims, une photographe qui aime photographier les femmes.

- temps de lecture approximatif de 16 minutes 16 min - Modifié le 12/02/2019 par R.V.

Encore une année bien remplie pour Bettina Rheims. Deux grandes expositions en France, l’une au Musée du quai Branly, « Vous êtes finies, douces figures », l’autre au château de Cadillac, « Détenues », et une à Genève, à la galerie Xippas, « Bettina Rheims ». Côté livre, la maison d’édition Gallimard publie, dans sa prestigieuse collection Blanche, la toute dernière série « Détenues ».

Bettina Rheims, éd. Taschen
Bettina Rheims, éd. Taschen

Pourquoi une telle actualité ? Au-delà de sa maîtrise de la photographie de mode, de la double appartenance de son œuvre, d’une part à l’histoire générale de l’art (fille de Maurice Rheims, elle a baigné dans le milieu) et d’autre part à la veine de la photographie plasticienne (tirages couleur en grand format sous forme de tableau et recours à des protocoles), Bettina Rheims propose un discours sur les femmes, son sujet de prédilection, en phase avec les préoccupations de notre époque. Elle questionne très tôt les problématiques du genre, l’androgynie, le transsexualisme, la féminité. Les femmes, dont elle fait le portrait, sont fortes et belles, en dépit des épreuves du temps et de la vie, et se livrent à une exposition intime de leur corps, revendiquée, heureuse, ludique, décomplexée, et enfin libérée, loin des a priori de beaucoup d’hommes à leur égard.

Si Bettina Rheims apprécie les photos d’Helmut Newton, elle reconnaît surtout l’influence de Diane Arbus dans sa démarche. Elle rejoint son attrait pour les déclassés et les marginaux de la société. Diane Arbus, au prix d’un corps à corps intense avec son sujet, arrivait à la révélation crue de son être. Elle fixait son modèle à la manière d’un entomologiste, saisissant l’expression ultime d’un éclair de flash et conservant les moindres détails et nuances de la peau par l’emploi d’un appareil moyen format. Si le constat sur la vie proposé par Bettina Rheims est moins effrayant, s’inscrivant dans le cadre d’une relation plus glamour, il n’en reste pas moins vrai qu’elle pousse son modèle à livrer, avec son consentement et sa créativité, l’expression de son intimité la plus secrète.

Bettina Rheims a toujours voulu photographier les corps de femmes. A l’adolescence, c’est sa sœur Nathalie qu’elle sollicite, puis ce sont les strip-teaseuses, connues par l’intermédiaire d’une amie. Très tôt aussi, ce sont les marques sur les corps qui l’intéressent, les coutures, les cicatrices, les tatouages. Elle cherche la présence de la vie dans les corps, soumis aux aléas qui la mettent en péril. Cette quête est manifeste dans l’une de ses premières séries intitulée Animal, portraits d’animaux naturalisés, à propos de laquelle elle déclare « Je pouvais, avec un travail très fin sur la lumière, tenter de leur redonner un semblant de vie ». A l’occasion de cette série, Serge Bramly donne une explication fondamentale à cette volonté : « La mort fascine le photographe parce qu’elle est le moteur secret de son art. Un instantané – cette fraction de seconde pendant laquelle s’ouvre le diaphragme – symbolise à merveille la longueur de notre existence au sein de l’éternité. (…) Tout cliché, aussi joyeux soit-il, constitue un memento mori. »

 

Les expositions marquantes en 2018

 

Bettina  Rheims, Galerie Xippas à Genève, du 17 novembre au 12 janvier 2019.

Détenues, Château de Cadillac, à Cadillac-sur-Garonne, du 1er juin 2018 au 11 novembre 2018.

Vous êtes finies, douces figures, musée du quai Branly – Jacques Chirac, du 20 mars 2018 au 3 juin 2018.

 

Dans les collections de la bibliothèque municipale de Lyon

 

Détenues, éd. Gallimard

Détenues, de Bettina Rheims, Éd. Gallimard, 2018.

Sollicitée par Robert Badinter, Bettina Rheims se rend dans quatre prisons de femmes, fin 2014, à Lyon, Poitiers, Roanne et Rennes. Son but est d’ouvrir une fenêtre dans leur isolement, de les aider à retrouver l’estime de soi, conséquence d’une perte d’attention d’autrui.
Le dispositif photographique est dénué d’artifice. La femme prend place tout près d’un mur blanc, assise sur un tabouret, elle regarde de face. Le cadrage, en légère contre-plongée, laisse peu d’espace à la tête et s’arrête à la hauteur des mains, la lumière qui provient de la droite est douce et diffuse. Bien que neutre, à la manière d’un studio de photos d’identité, ce cadre permet paradoxalement de révéler une grande expressivité de la personne photographiée, soutenue et provoquée par sa relation attentionnée avec la photographe.
L’expression singulière et forte de chaque personne apparaît autant dans la pose, en réaction à l’inconfort du tabouret, que dans le regard très soutenu. L’histoire intime personnelle se manifeste fortement à l’image, de même qu’un sentiment partagé collectivement, mélange de fêlure et de tristesse résignée, voire de détresse.
Dans son entretien, Bettina Rheims parle de son implication dans le projet : « Quand je commence un travail, c’est aussi mes peurs à moi que je vais exorciser quelque part. La prison, ça a toujours été une de mes grandes peurs.

 

Bettina Rheims : exposition, Paris, Maison européenne de la photographie, 28 janvier – 27 mars 2016, Éd. Taschen, 2016.

Publié à l’occasion d’une exposition présentée à la Maison européenne de la photographie, cet ouvrage, de grand format, retrace 35 années de la carrière de Bettina Rheims, en plus de 500 photos, dont elle a elle-même assuré la sélection. Ce choix de photos est suivi d’un émouvant carnet intime, mêlant documents de son enfance, souvenirs avec ses proches, coulisses de certains travaux, planches-contacts de séquences photographiques, florilèges d’unes de magazines, de cartons d’invitation, de couvertures de livres.

 

Gender Studies, éd. Steidl

Gender studies, de Bettina Rheims, éd. Steidl, 2014.

Les photos répondent à un protocole : « J’avais placé une annonce sur Facebook encourageant les jeunes hommes et femmes qui se sentaient « différents » à contacter mon studio. Nous avons reçu des dizaines de réponses, venues du monde entier, par exemple des appels lointains voulant être entendus. Mon but était de leur montrer et de leur donner une voix – de les reconnaître. Ils sont venus au studio, s’exposant timidement et je les ai photographiés comme cela. » En complément du livre, un CD audio rassemble des bribes de déclarations échangées avec Bettina Rheims.  Pour ces modèles, le propos n’est plus de vouloir changer de sexe, mais de refuser de se déterminer pour un sexe préétabli, de construire leur propre apparence identitaire. Échappant à leurs pièces de vêtements en lambeaux créées par le styliste Jean Colonna, les corps effectuent leur mue douloureuse, marqués par des pansements, des tatouages, des rougeurs, des stries, des piercings.

 

Rose, c’est Paris, éd. BnF

Rose, c’est Paris, de Bettina Rheims et Serge Bramly, éd.Bibliothèque nationale de France, 2010.

Cette série est l’aboutissement d’une envie commune avec Serge Bramly d’effectuer un travail sur Paris, un Paris de rêve, autobiographique, mystérieux, plein de fantasmes, d’histoires et d’anecdotes, un Paris en noir et blanc. Dès le titre, on sait que l’ouvrage est un hommage à Marcel Duchamp, grand joueur d’échecs et amateur de jeux de mots. « Rose, c’est Paris » renvoie à « Rrose Sélavy », son personnage fictif féminin, mais aussi, par contagion surréaliste des mots, à « séparées », l’histoire d’une séparation entre deux sœurs, et à « c’est pareil », les deux sœurs étant jumelles. C’est à un Paris de l’entre-deux-guerres auquel se réfèrent les deux artistes, celui qui accueille le surréalisme et celui qui hante les romans-feuilletons mettant en scène le personnage de Fantomas. Les photographies se présentent sous la forme de tableaux, chacun accompagné d’un titre, faisant parfois référence à des chefs-d’œuvre de la peinture – L’Homme au casque d’or, de Rembrandt, La jeune fille qui pleure son oiseau mort, de Jean-Baptiste Greuze, La liberté guidant le peuple, de Delacroix, La Philosophie dans le boudoir, de Magritte – ou du cinéma, Belle de jour, de Buñuel. La qualité d’impression des photos sur papier légèrement crème contribue à l’évocation de l’atmosphère délicieusement surannée et érotique des scènes.

 

100 photos de Bettina Rheims pour la liberté de la presse, éd. Reporters sans frontières

100 photos de Bettina Rheims : pour la liberté de la presse, éd. Reporters sans frontières, 2008.

Dans sa collection 100 photos pour la liberté de la presse, Reporters sans frontières offre une sélection de photos en couleurs, prises entre 1991 et 2007, ayant pour thème les femmes dans le monde (Paris, Shanghaï, Los Angeles, New York). Jacques Attali a été chargé de la préface. Il souligne la portée politique de la démarche de Bettina Rheims qui aide à la prise de conscience par les femmes de leur féminité, de leur force, de leur droit à échapper à toute forme de servitude et à décider de leur place dans le monde à venir.

 

Héroïnes, éd. Schirmer-Mosel

Héroïnes, de Bettina Rheims, éd. Schirmer-Mosel, 2007.

Héroïnes se compose de 23 portraits de femmes, actrices, danseuses célèbres, tirés en très grand format, qui répondent à un même protocole : un décor identique, inspiré d’une photo de l’atelier de Giacometti, avec un gros caillou central comme piédestal, et l’indication suivante donnée au modèle : « c’est votre caillou, c’est tout ce qu’il vous reste au monde ». Cette série, version contemporaine du Radeau de la Méduse, où la beauté intérieure des modèles triomphe des accidents de la vie qui ont marqué la surface des corps, s’inscrit dans la lignée des séries précédentes et montre la continuité des bases du travail de l’artiste : une détermination à saisir l’intimité du modèle, une inspiration puisée dans l’histoire de la peinture, de la sculpture et du cinéma, une interrogation de la féminité et de la place de la femme de nos jours, une volonté de magnifier et de faire rayonner les corps écorchés par les aspérités du quotidien.

 

Oxymoriques : les photographies de Bettina Rheims, éd. Jannink

Oxymoriques : les photographies de Bettina Rheims, de Michel Onfray, éd. Jannink, 2005.

Le philosophe Michel Onfray analyse le travail de Bettina Rheims – et plus particulièrement les photos des séries I.N.R.I., Animal, Pourquoi m’as-tu-abandonnée ?, Shanghai – sous l’angle du style oxymorique, l’oxymore étant le rapprochement de deux termes contradictoires qui donne à la pensée un tour saisissant (ex. cette obscure clarté).

 

Bettina Rheims : rétrospective, éd. Schirmer-Mosel

Bettina Rheims : rétrospective, éd. Schirmer-Mosel, 2004.

Ouvrage rétrospectif, bilingue anglais-allemand, contenant 133 photographies issues de 12 séries, de Female Trouble à Shanghai, en passant par des séries moins connues, oubliées ou épuisées dans l’édition, comme Animal, Les Espionnes, Les Aveugles, Pourquoi m’as-tu abandonnée ? Le choix des photos est excellent et celles-ci sont toutes imprimées en pleine page. Les textes sont signés Serge Bramly, Jean-Christophe Ammann, Berndt Arell et Kim Levin.

 

Shanghai, éd. Robert Laffont

Shanghai, de Bettina Rheims et Serge Bramly, éd. Robert Laffont, 2003.

Publié en 2003, troisième ouvrage en collaboration étroite avec l’écrivain Serge Bramly. Il s’agit d’un carnet de voyage d’une durée de 5 mois dans cette ville afin de saisir les conditions de l’irruption de la modernité, sur fond de maoïsme et de culture ancestrale. Serge Bramly témoigne par le texte de quelques traits marquants de la civilisation chinoise, au gré des rencontres de femmes actuelles dont l’énergie captive Bettina Rheims.

 

Morceaux choisis, éd. Steidl

Morceaux choisis, de Bettina Rheims, éd. Steidl, 2002.

Ouvrage très particulier, aussi bien dans sa forme – un petit fascicule noir enchâssé dans un boîtier métallique rouge vif – que dans son fond. Convoquant quatre femmes décidées à se livrer pleinement à leurs désirs, Bettina Rheims choisit de montrer sans ambage leurs joutes amoureuses. Une fois encore, Bettina Rheims échappe aux poncifs de l’érotisme et de la pornographie formulés généralement par les hommes. On est loin de l’esthétisme chichiteux ou de l’exploitation libidineuse. S’inscrivant plutôt dans la tradition du blason en littérature, Bettina montre, en cadrages serrés, dans une lumière intense et uniforme, clinique et crue, les morceaux de corps possédés par le plaisir – depuis la chair, virant à l’incarnat, jusqu’aux contorsions tendues à l’extrême.

 

X’mas, éd. Léo Scheer

X’ mas, de Bettina Rheims et Serge Bramly, éd. Léo Scheer, 2000.

Portraits de 55 jeunes femmes de moins de 20 ans, issues d’agences de mannequins, encore inexpérimentées. Bettina Rheims les photographie d’une manière uniforme, de face, en plan américain ou en plan pied, afin de mieux se concentrer sur les différentes attitudes qu’elles adoptent, laissant transparaître leur espoir, leur joie, leur assurance ou leur crainte, dans leur proposition de séduction. Le livre se scinde en trois parties distinctes, selon le type de décor : un décor réel de chambres saturées d’objets en couleurs vives, puis, un décor d’images projetées, enfin, un décor de fond de studio entièrement blanc. Le livre commence et finit par cinq gros plans de parties du corps impliquées dans la séduction, mais ici réduites à des portions de chair, où figurent tatouages, rides, boutons, poils, plis et boursouflures.

 

I.N.R.I., éd. Albin Michel

I.N.R.I., de Bettina Rheims et Serge Bramly, éd. Albin Michel, 1998.

Serge Bramly et Bettina Rheims s’emparent des textes relatant les épisodes forts de l’histoire de Jésus, de l’Annonciation à l’Ascension, et de leurs représentations habituelles sous forme de peintures ou d’icônes sulpiciennes, pour proposer d’autres images en résonance avec notre temps, après l’apparition de la photographie, du cinéma et de l’imagerie publicitaire, comme si Jésus revenait aujourd’hui. Une tentative de réactualisation, de confrontation immédiate avec l’enseignement des Évangiles, en accord avec la parole du Christ « Je suis avec vous pour toujours, jusqu’à la fin du monde ».

 

Kim, éd. Gina Kehayoff

Kim, de Kim Harlow, Bettina Rheims, éd. Gina Kehayoff, 1994.

Petit ouvrage où Kim Harlow, artiste transsexuel, danseuse et meneuse de revue, raconte avec vérité l’état d’esprit avec lequel elle a changé de sexe, ses relations avec ses parents, ses difficultés pour avoir des relations sans ambiguïté avec les hommes, son identité de transsexuel, qui n’est pas complètement celle d’une femme. Rencontrée lors de la série Modern Lovers,  elle se lie d’amitié avec Bettina Rheims et accepte un retour en arrière – reprendre l’apparence d’un homme – le temps de quelques photos. Bettina Rheims cherche à savoir pourquoi certains hommes, en dépit des souffrances à endurer, veulent à tout prix devenir des femmes. Le déroulement des photos en noir et blanc commence par des poses d’exhibitions en tenue de scène, puis continue par des poses plus intimes prises dans une chambre d’hôtel, et enfin se termine par des portraits en homme rêveur. Entre-temps se placent sept photos où, devant un miroir le visage se défait, cheveux gras et mascara dégoulinant, regard halluciné. La dernière photo est une reprise du Désespéré de Gustave Courbet.

 

Chambre close, éd. Gina Kehayoff

Chambre close , de Bettina Rheims et Serge Bramly, éd. Gina Kehayoff, 1992.

Première œuvre à deux voix et en couleur. Suivant la trame narrative de la fiction écrite par Serge Bramly, Bettina Rheims  invite des femmes inconnues à s’exhiber dans de petites chambres d’hôtel, tapissées de papiers peints à gros motifs. Mises en confiance par le fait d’être photographiée par une femme, et prises dans un jeu de séduction, elles montrent crûment des parties d’anatomie qu’on ne saurait voir. « Mes photos sont impudiques parce que le regard des femmes est dénué de peur, de timidité. Ce sont des femmes qui regardent une autre femme. »

 

Modern Lovers, éd. Paris Audiovisuel

Modern Lovers, de Bettina Rheims, éd. Paris audiovisuel, 1990.

57 portraits en noir et blanc d’androgynes, pris en 1989 et 1990. Une série dont l’origine vient du trouble ressenti par Bettina Rheims, d’habitude attirée par un type de filles très féminines, à la vue d’une grande fille, Josie, à l’allure de garçon. « Mes modèles, je les choisissais avant tout jeunes et beaux, pour ne pas tomber dans le pathétique. Je voulais photographier des anges… Il y avait un moment, un seul, où ils devenaient homme et femme à la fois. J’avais juste le temps d’appuyer sur le bouton avant que cette impression ne disparaisse. (…) Les choses se passaient en une fraction de seconde. Et quand je fixais les modèles dans cette lumière plate, j’avais le sentiment d’épingler des papillons sur du liège. »

 

Female Trouble, éd. Schirmer-Mosel

Female Trouble, de Bettina Rheims, éd. Schirmer-Mosel, 1989.

Publié en 1989, avec une préface de Catherine Deneuve. Une centaine de clichés de célébrités féminines, actrices, chanteuses, mannequins : de Charlotte Rampling en 1979, à Catherine Deneuve au George V en 1988. Une quête constante de trouver la femme derrière le personnage public. Le texte de la préface décrit de l’intérieur le mode opératoire de Bettina Rheims, qui, dans un climat de confiance intime, aime le choc de la rencontre, « pousser une porte inconnue », révéler les corps.

 

Bettina Rheims, éd. Paris audiovisuel

Bettina Rheims, de Bettina Rheims, éd. Paris audiovisuel, 1987.

Exposition rétrospective présentée à l’Espace photographique de la Ville de Paris en 1987, où l’on assiste aux premiers pas de photographe de Bettina Rheims. On perçoit, dès le début, sa volonté de dévoiler les personnes au-delà de leur apparence de star. Aucune sophistication dans les portraits de Coppola en 1979, de Marguerite Duras en 1985 ou de Lio en 1986. Les corps nus ne sont pas sublimés, mais apparaissent avec tous leurs détails anatomiques de peau, de tonalité, de volume. Le livre se termine avec un choix de photos de la série Animal : les animaux, qui semblent poser pour la photographe, sont en réalité morts et naturalisés. Ces photos sont la preuve de la recherche primordiale de l’artiste visant à capter l’essence vitale de ses modèles.

 

 

 

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